Société

Math Days: Les mathématiques au cœur de l’innovation

Par Reda BENOMAR | Edition N°:5032 Le 26/05/2017 | Partager
Mathématiciens, auteurs, universitaires,... des intervenants de renom ont animé les Math Days
Rapprocher les startups et les jeunes du monde des algorithmes et des chiffres

Les mathématiques comme incubateurs d’innovation, d’invention et de création, tel est le message des Math Days, qui ont été organisés les 23 et 24 mai 2017 au Technopark de Casablanca. L’événement a ainsi été l’occasion d’un échange de savoir, d’idées et d’expériences entre un parterre composé d’institutionnels, d’entreprises, de startups, de représentants de la société civile, d’ingénieurs et d’étudiants.

Durant deux jours, des orateurs de talent, des experts dans leurs domaines respectifs, rompus à l’abstraction qui fait parler l’imaginaire, ont proposé à la réflexion et aux débats des thématiques de haute teneur scientifique, autour de deux pans de réflexion et d’analyse: des Master Class, qui ont développé des thèmes scientifiques et techniques, des conférences, qui ont interpellé le champ du savoir (scientifique et technique).

Les Master Class s’articulaient  autour de 4 sujets phares: Robotique, Intelligence artificielle, Histoire des mathématiques arabe et Big Data au sein de la finance. Celle autour de l’intelligence artificielle, animée par Jean-Paul Delahaye mathématicien et logicien, professeur au Laboratoire d’informatique fondamentale de Lille à l’université des sciences et technologies de Lille, a particulièrement passionné l’auditoire. Explorant tous les domaines applicatifs de cette science, des réseaux de neurones aux voitures intelligentes.

«Les réseaux de neurones artificiels s’inspirent du fonctionnement du cerveau et du système nerveux. C’est une modélisation mathématique et algorithmique qui simule au plus près des connaissances actuelles ces unités de calcul que nous avons par milliards en chacun de nous», explique Delahaye. Il y a deux algorithmes, principalement, pour «faire apprendre» à un réseau de neurones artificiels.

Le premier est la méthode simple et se nomme la descente de gradient. L’autre, un peu plus efficace généralement, se nomme algorithme de Widrow-Hoff, du nom des deux scientifiques qui ont élaboré cette technique. La séance a aussi connu un débat animé autour de la fiabilité du test de Turing. Ce dernier est une proposition de test d’intelligence artificielle fondé sur la faculté d’une machine à imiter la conversation humaine.

L’objectif était de savoir si celle-ci était fiable. Malgré les avis partagés, le débat fut animé. A la fin de sa Master Class, Delahaye a enchaîné sur une conférence autour des cryptomonnaies. Fin connaisseur de l’éco-système, (il possède lui-même un capital en bitcoin), il a présenté a son auditoire une introduction à la blockchain et aux cryptomonnaies.

Puis ce fut au tour de Daniel Justens, mathématicien, docteur en gestion, ancien professeur de statistique et de mathématique appliquée à la finance à la haute école Francisco Ferrer d’animer sa Master Class autour de l’actuariat et de la finance stochastique. Grand fan de BD aussi, c’est à lui que l’on doit, entre autres, l’ouvrage de référence, La Mathématique du Chat, recueil alliant la BD et les mathématiques. Lors de sa conférence «Le Big Data en assurance/Mathématiques du chat», le scientifique a proposé une explication des fondements des mathématiques modernes selon la logique et les syllogismes du Chat de Geluck.

Un autre auteur de renom était présent en la personne d’Ahmed Djebbar, mathématicien et chercheur en histoire des sciences au sein du laboratoire Paul Painlevé (CNRS). Fin connaisseur des mathématiques de l’Occident musulman (Espagne musulmane et Maghreb), son objectif a été d’expliquer à son auditoire la naissance de l’algèbre entre le 9e et le 15e siècle.

Au-delà du champ scientifique qui anime la maîtrise du savoir mathématique, les Math Days ont une finalité sous-jacente. Celle d’introduire, et d’enraciner autant que possible, la dynamique économique et financière dans ce qu’elle a de plus interactif, la Startup.

«Il est aujourd’hui évident que ce modèle d’entreprise est à la base de la dynamique économique de sociétés en développement ou émergentes comme le Maroc. Dans cette dynamique, la Startup n’est pas seulement une unité productive, plus et mieux, elle est au cœur de l’employabilité/création de la richesse», explique Omar Guennoun, porte-parole des Math Days.

Prod’Air fait son give back

PROD’AIR est un bureau d’ingénierie fondé en 2004. L’entreprise, qui a débuté en tant que start-up, propose des solutions en Smart metering (Comptage numérique communiquant, solution de relève et télérelève), en Géodata management (SIG réseaux), en Track and Trace (Reconnaissance et localisation des réseaux de distribution) et en Green Tech (Eclairage public et efficacité énergétique). N’oubliant pas son background, l’entreprise a tenu à organiser les Math Days afin de permettre à de jeunes entrepreneurs de peaufiner leur approche de l’innovation.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc