Economie

Leasing: Vers l’émergence d’un marché africain

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5020 Le 10/05/2017 | Partager
Il s’agit de l’une des recommandations des premières assises africaines
L’échange d’expérience et d’expertise entre les acteurs est primordial
L’activité recèle un potentiel important

Harmonisation des législations, organiser le secteur, mise en place d’organes de maîtrise des risques… Telles sont les principales recommandations des premières assises africaines du leasing qui se sont tenues les 8 et 9 mai à Casablanca à l’initiative de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) en partenariat avec SFI.

Les acteurs de cette industrie qui représente près de 5 milliards de DH d’encours (fin 2016), soit 5% du PIB se sont également engagés pour renforcer la coopération et le réseautage. D’ailleurs, les assises ont été la parfaite occasion d’identifier les préalables et les initiatives possibles pour poser les premiers jalons d’un marché africain de leasing, comme le précise Abdallah Benhamida, président de l’APSF. Il a aussi été question d’échange d’expérience.

Justement l’expérience du Maroc est un exemple à cet égard puisque la Banque centrale a engagé de nombreuses réformes pour développer le crédit bail. A commencer par le cadre légal qui a fortement été élargi. Aujourd’hui, les sociétés de financement peuvent être considérées quasiment comme des banques puisqu’elles sont soumises aux mêmes règles prudentielles.

Et depuis 2006, ces établissements ont été autorisés à collecter des fonds du public à condition que leur terme ne soit pas inférieur à un an. A cela s’ajoute, l’obligation de se doter d’une gouvernance saine avec la mise en place de structure organisationnelle avec des comités de gouvernance spécifiques. Ces avancées ont favorisé la diversification de nouveaux produits avec les locations de fonds de commerce, le lease-back et le financement de l’immobilier.

Cela s’est également accompagné par des avantages fiscaux. Sans oublier, l’appui de la Caisse centrale de garantie à travers une offre de garantie propre au crédit-bail pour faciliter son accès aux TPME. C’est justement là où le bât blesse. «L’activité du leasing ne s’est pas imposée en tant qu’instrument de financement alternatif au TPME», constate Abderrahim Bouazza, DG de Bank Al-Maghrib.

Il illustre son propos par un chiffre: à peine 27% des crédits d’investissement accordés aux entreprises sont du leasing. Pire ce financement se place derrière l’autofinancement dans les structures de ressources financières des entreprises. Or, le crédit-bail recèle un important potentiel que ce soit dans le secteur agricole ou dans les énergies renouvelables à travers toutes les nouvelles opportunités d’investissement qu’ils ouvrent. Le potentiel est encore plus considérable sur le plan continental en matière de financement des entreprises. D’où l’importance de renforcer les modèles de partenariats interafricains et pousser les acteurs du leasing du continent à échanger les expertises et nouer des liens de partenariats.

Naissance de la FAL

La mise en place d’une fédération africaine du leasing (FAL) fait aussi partie des recommandations de ces premières assises du leasing. Capitalisant sur les expériences réussies en Afrique du Nord et de l’Est notamment, elle a, en effet, été créée hier, elle aura notamment pour mission d’œuvrer pour l’émergence d’un marché africain du leasing.

 

 

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