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Politique

Santé: Comment enrayer le déclin?

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5016 Le 04/05/2017 | Partager
Une sortie «politiquement correct» de Louardi
Le ministre promet d’améliorer les conditions d’accueil et de prise de rendez-vous
En revanche, il ne s’engage ni sur un agenda ni sur le comment
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Corruption , mauvaise gestion, sous-équipement... la santé publique continue de cristalliser les critiques. De nouveau aux commandes d’un secteur où les attentes sont fortes, Louardi arrivera-t-il à rectifier le tir? (Ph. Bziouat)

El Houssain Louardi est un ministre connu d’habitude pour son franc-parler. C’est en tout cas l’impression qu’il a donné avec Benkirane I, un peu moins avec Benkirane II. Avec El Othmani, les choses semblent avoir empiré. Au menu de sa sortie, un peu ratée hier à Rabat, beaucoup de généralités et grandes lignes.

Bref, de quoi rester sur sa faim alors que les priorités ne manquent pas. La santé est pourtant l’un des cocotiers qui ont le plus besoin d’être secoués. Pour ne prendre que les dernières affaires, le cas de la petite Idya, décédée dans des conditions controversées après une prise en charge dans une structure de soin publique a scandalisé l’opinion publique (voir encadré).

Plus récemment, il y a eu les «bombes» lancées par les mémorandums de la Banque mondiale et de la Cour des comptes (cf www.leconomiste.com), lesquelles ont consigné officiellement des maux endémiques qui rongent la santé publique au Maroc: mal gouvernance et corruption.

Globalement, Louardi s’engage à «réduire les inégalités entre les villes et les campagnes, la poursuite des politiques initiées lors du mandat précédent et l’amélioration du système de gouvernance de l’assistance médicale». Le ministre a promis de s’impliquer, durant ce mandat, à «améliorer progressivement, les conditions d’accueil dans les hôpitaux, la gestion des rendez-vous, la généralisation de la prise en charge médicale…», sans toutefois préciser comment il va y parvenir.

Louardi promet également d’accélérer le renforcement des équipements des centres hospitaliers au niveau national. «Chaque hôpital provincial sera doté d’un scanner et chaque centre régional sera équipé d’une IRM», a-t-il annoncé. Le déficit en ressources humaines est également pointé par la Cour des comptes et la Banque mondiale. Le ministre est conscient de ce problème, dont la résolution est décisive pour l’amélioration de la prise en charge médicale.

Actuellement, 14 hôpitaux sont prêts et équipés, mais ne sont pas encore opérationnels à cause du manque de ressources humaines, selon Louardi. Il a annoncé qu’il a sollicité le chef du gouvernement pour programmer une réunion dédiée à l’examen de cette problématique des RH. Parmi les pistes à exploiter, le rétablissement du service médical obligatoire pour les lauréats des facultés de médecine.

Une mesure qui avait suscité une levée de bouclier de la part des médecins stagiaires durant le mandat précédent. Plusieurs marches de protestation avaient été organisées l’année dernière. La tension risque de monter une nouvelle fois après cette annonce. Louardi prévoit d’instaurer une nouvelle version du service obligatoire, qui sera le résultat d’un débat autour de cette question, qui a déjà fait ses preuves dans différents pays.

Il semble également opter pour l’apaisement avec les syndicats du secteur, qu’il devra rencontrer demain vendredi. Il a aussi proposé la mise en place d’une commission pour statuer sur les revendications des infirmiers, «qui subissent des discriminations, à cause de leur intégration à l’échelle 10, avec un bac+3, au moment où les autres fonctionnaires ayant le même diplôme sont classés à l’échelle 11».

Le déficit de couverture médicale devrait aussi être résorbé par l’accélération de l’adoption du projet de loi, déposé au Parlement à la fin de la législature précédente. Il a été adopté par les Conseillers en commission et en séance plénière et par les députés en commission. Le processus a été suspendu à la dernière étape. «Aujourd’hui, nous allons reprendre tout le processus», a-t-il dit. Il a aussi promis d’accélérer l’adoption du 1er projet de loi sur la santé générale au Maroc.

Pour remédier aux dysfonctionnements de la Cour des comptes, le ministre de la Santé a prévu des rencontres avec les dirigeants des établissements concernés, «afin d’identifier des mesures correctives». Une réunion avec les responsables de 4 hôpitaux devait être tenue hier après-midi au siège du département de la Santé.

Décès de la petite Idya: Louardi rejette toute responsabilité

Le décès de la petite Idya n’est pas lié à une absence d’équipements médicaux dans sa région. C’est ce qu’a annoncé El Houssain Louardi. S’il a reconnu que Tinghir, la ville la plus proche du lieu de résidence de cet enfant, ne dispose pas d’un scanner, il a précisé qu’elle a été prise en charge au niveau de l’hôpital d’Errachidia. «Elle a passé 2 examens par scanners, suite à une fracture à la base du crâne. Le premier permettait de vérifier l’état du cerveau suite au traumatisme crânien, et le second portait sur le corps entier». Il a indiqué que lors des deux examens, elle ne présentait ni les symptômes d’une hémorragie ni d’un œdème au niveau du cerveau». La petite a été par la suite transférée à Fès, où elle a rendu l’âme, suite à un gonflement des poumons. Une enquête menée par l’inspecteur général du ministère s’est soldée par des mesures disciplinaires à l’encontre d’un médecin.

 

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