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Régions

Fès: Pari réussi pour le festival de diplomatie culinaire

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5015 Le 03/05/2017 | Partager
Gastronomie, débats, musiques… la clé du succès
L’événement en passe de devenir patrimoine mondial de l’Unesco
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Faouzi Skali, initiateur du festival de la diplomatie culinaire, remerciant les chefs étoilés qui ont réussi le parallélisme entre les cultures et la gastronomie méditerranéenne. On reconnaît Christian Tetedoie, Stefania Barzini, et Najat Kaanache (Ph YSA)

Le rideau est tombé sur la deuxième édition du festival de Fès de la diplomatie culinaire, qui a eu pour thème «Diplomatie culinaire dans le monde méditerranéen: Les recettes de Ziryâb». Organisé par l’agence d’ingénierie culturelle «Parchemins concepts», ce festival a connu un franc succès. Il a tiré sa révérence avec un déjeuner champêtre à Sefrou. Quatre jours durant (du 27 au 30 avril), l’événement a mis l’accent sur la diplomatie en tant qu’élément central de la gastronomie.

Ceci, en s’inspirant des «recettes de Ziryâb» qui représentent des descriptions de «l’art de la table». Pour Francesco Pisano, directeur pour les affaires culturelles de l’ONU à Genève, «la diplomatie culturelle est depuis toujours une pratique importante entre Etats et peuples du monde». L’art culinaire en fait partie depuis toujours.

«Dans notre époque marquée par les conflits et les crises migratoires, la diplomatie culinaire revient avec des attaches importantes vers la paix, le bien-être et les droits», explique le responsable de l’invité de marque. En effet, ce festival a célébré pour la deuxième fois le pouvoir de la cuisine de rassembler les hommes et les femmes, échanger, goûter et partager les traditions culinaires.

Les organisateurs se sont appuyés sur des chefs de renom comme Christian Tetedoie, étoilé Michelin, élu meilleur ouvrier de France et président de l’association des grands chefs de France, et Stefania Barzini, chef et journaliste italienne de grande renommée. L’événement a connu également la participation de Fernando Pérez Fernández, un des meilleurs chefs de Huelva, élue capitale de la gastronomie espagnole pour 2017, et Najat Kaanache, grande chef internationale, dont la cuisine a été présentée par le New York Times et le Wall Street Journal.

Pour Faouzi Skali, président de Parchemins concepts, ces chefs ont été amenés à travailler ensemble pour à la fois présenter leurs propres gastronomies, mais aussi de réaliser des créations communes. Ainsi, les festivaliers ont goûté au métissage de la cuisine méditerranéenne, d’Espagne, France, Italie, et Maroc (berbère et hébraïque). Ils ont suivi également le périple conté par la création artistique «la quête de Ziryâb» et des intermèdes musicaux. Chaque soir, c’est une tradition du Maroc qui a rencontré un autre pays pour créer des repas «diplomatiques».

«La gastronomie marocaine a tout intérêt à développer ce concept. C’est pour cela notamment que nous avons pour objectif d’inscrire ce festival au patrimoine mondial de l’Unesco», confie Oussama Skali, directeur du festival. Partage, tolérance, mélange et interaction des traditions sont le gage d’une nouvelle harmonie. «Ces traditions fondatrices, arabo-andalouse, juive ou amazighe, fortes de leur ouverture sur le monde, ont façonné le rayonnement spirituel que cette ville a conservé jusqu’à nos jours», estime François-Xavier Tilliette, consul général de France à Fès.

«A l’heure où l’obscurantisme tente à nouveau de déployer son ombre sinistre et mortifère dans bien des régions du monde, ce festival était l’occasion de multiplier les échanges humains et culturels, à la fois dans le respect de la diversité des traditions et l’ouverture à des valeurs communes, qui sont celles de la vie», conclut le Consul.

Les synthèses du festival diffusées en ligne

Après deux éditions réussies, les organisateurs ont rédigé les synthèses des différentes interventions des chefs et invités du festival. Le livre de la manifestation retrace également le parcours et les expériences des chefs, notamment lorsqu’ils réalisent chaque matin leur marché, dans la médina de Fès. L’idée est de montrer les différences culturelles qu’ils remarquent, avec leurs pays d’origine. «Toutes ces synthèses seront publiées sur notre site www.diplomatieculinaire.org qui est un site avec lequel nous voulons faire vivre la diplomatie culinaire tout au long de l’année», annonce Oussama Skali. Et de poursuivre: «Nous organisons par exemple des débats en ligne, des témoignages de personnalités et beaucoup d’autres activités qui permettent de faire évoluer ce concept de diplomatie culinaire». A terme, ces créateurs envisagent d’en faire un «beau livre» qui allie les dimensions culturelles et esthétiques à la dimension culinaire.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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