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Culture

Théâtre: En classe avec Robert Castle

Par Amine Boushaba | Edition N°:5010 Le 25/04/2017 | Partager
Un stage d’acting, pour une quinzaine de comédiens à l’Uzine
Une méthode basée sur des exercices de mémoire sensorielle
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Robert Castle, co-fondateur de l’International Theatre New York et professeur d’art dramatique américain a développé une technique d’acting basée sur la mémoire sensorielle (Ph. l’Uzine)

Ils étaient une petite quinzaine en conclave, pendant 10 jours, à l’Uzine, le centre culturel de la fondation Houria et  Abdelaziz Tazi à Casablanca, autour de Robert Castle, le metteur en scène, comédien, et professeur d’art dramatique américain. «Il y a eu des larmes, des rires, une multitude d’émotions, mais aussi beaucoup, beaucoup de travail» témoigne, des étoiles dans les yeux,  Amira-Géhanne Khalfallah, auteur de pièces de théâtre et stagiaire à l’occasion.

Un stage qui a permis aux acteurs, mais également aux réalisateurs ou auteurs présents, de faire une immersion dans l’univers de l’un des professeurs les plus réputés et demandés au niveau international. Robert Castle a été en effet,  professeur émérite de la Lee Strasberg Institute à New York pendant 15 ans, (Actors Studio Method), Il y a développé sa technique qu’il transmet à présent à travers le monde.

Une «caisse à outils» indispensable à tout comédien, que ce soit au théâtre ou au cinéma. Il est également co-fondateur de l’International Theatre New York, compagnie internationale rassemblant des comédiens du monde entier. Comédien de renom, il a régulièrement travaillé avec des acteurs comme Sean Penn, Michelle Pfeiffer, Jane Fonda… Connue pour son exigence, sa méthode est essentiellement basée sur le «développement organique du personnage et son univers par l’imagination, la mémoire sensorielle et l’intelligence intrinsèque du corps» selon le descriptif.

En d’autres termes, les comédiens sont invités à recréer des émotions qu’ils ont vécues et de les adapter aux circonstances dramatiques d’un rôle. La méthode permet au comédien d’imprimer sa propre personnalité à un rôle donné, ce qui fera sa force et lui donnera une présence unique sans jamais jouer une émotion «type» ou avoir une réaction «cliché». «La particularité du travail de Robert Castle, c’est qu’il travaille sur la construction de personnages complexes et profonds.

Il était très intéressant pour moi, auteur, de vivre justement cette expérience de l’autre côté, j’avais besoin de ressentir avec mon corps toutes ces émotions, qu’en temps normal, j’imagine pour les personnages de mes pièces de théâtre. Robert Castle ne nous demande pas de jouer des émotions, il nous emmène par un long processus à les ressentir puis à les transmettre, et en cela son enseignement est exceptionnel» précise-t-elle.

En effet, chaque stagiaire, quel que soit son niveau, a pu bénéficier, d’un suivi particulier et personnalisé de la part du professeur, (d’où l’exigence de Robert Castle d’un nombre réduit de participants), comme nous avons pu le constater lors de notre visite de la résidence. Les débriefings sont très pointus, les remarques encourageantes, mais  l’exigence reste la même  et le travail est effectué en répétitions jusqu’à l’obtention du résultat: prêter aux personnages incarnés des émotions vraies!

Une méthode qui inspire d’autres réalisateurs comme Mohamed Achaour. Présent en «auditeur libre», Achaour, dont le deuxième long métrage «Lhajjates» est attendu dans les salles à la rentrée, regrette de n’avoir pas pu s’inscrire à temps pour bénéficier de l’ensemble du stage. «Il faut avoir l’humilité de se dire qu’on a toujours besoin d’apprendre d’autrui, ailleurs les plus grands acteurs ou même réalisateurs n’hésitent pas à faire appel à des coachs pour se perfectionner.

En revoyant aujourd’hui ces comédiens jouer sur scène, je me suis replongé dans mes débuts au théâtre et ça m’a donné envie de remonter sur les planches. Car il ne faut pas l’oublier, l’origine et la source de notre métier reste le théâtre!». Située à Aïn Sebaâ, à Casablanca, l’Uzine est l’un des espaces culturels les plus bouillonnants de la ville.

Street art, théâtre, cinéma, photographie, musique, littérature, rien n’échappe à l’appétit vorace des programmateurs du centre. Entre le jardin, la cafétéria, la salle d’exposition, les studios d’enregistrement… il n’est pas rare de croiser les Hoba Hoba Spirit en répétition, Hindi Zahra en résidence, le street-artiste ED Oner en train d’orner de fresques les murs de l’Uzine ou encore des jeunes du quartier venus assister à un concert de Hip Hop.

 

 

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