International

Une victoire étriquée du «oui» en Turquie

Par Reda BENOMAR | Edition N°:5005 Le 18/04/2017 | Partager
Un référendum qui divise encore un peu plus le pays d’Erdogan
L’opposition juge son déroulement inéquitable
turquie_refrendum_005.jpg

Recep Tayyip Erdogan faisait face lundi 17 avril 2017 à une contestation croissante de l’opposition, au lendemain d’un référendum constitutionnel sur l’extension de ses pouvoirs. Loin du plébiscite espéré par le président turc, qui a pourtant engagé toutes ses forces dans la bataille, la réforme constitutionnelle a été approuvée à une courte majorité de 51,4%. A noter que le “non” l’a emporté dans les trois premières villes du pays, Istanbul, Ankara et Izmir.

La campagne pour le référendum a été marquée par une large domination du camp du «oui» dans l’espace public et les médias, pour la plupart acquis au président Erdogan. La campagne s’est déroulée dans des conditions inéquitables, a déclaré une mission commune d’observateurs de l’OSCE et du Conseil de l’Europe.

Au lendemain du référendum, la chancelière allemande Angela Merkel a exhorté Erdogan à un «dialogue respectueux» afin  d’apaiser une société turque au bord de l’implosion après une campagne électorale virulente. En dépit des critiques, le parti au pouvoir (AKP) a d’ores et déjà annoncé qu’il proposerait fin avril au président turc de retrouver sa place dans ses rangs, premier volet de la réforme constitutionnelle élargissant les prérogatives présidentielles. Au terme de la réforme, le président deviendra l’unique détenteur du pouvoir exécutif, aura une main sur les pouvoirs judiciaire et législatif, et pourra émettre des décrets.

Les deux principaux partis d’opposition, le CHP (social-démocrate) et le HDP (prokurde), ont dénoncé des «manipulations» pendant le scrutin et annoncé leur intention de demander le recomptage des voix. En cause, la décision prise par le Haut-Conseil électoral (YSK), peu après le début du dépouillement des voix, de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales. L’opposition y a vu une manœuvre rendant possible des fraudes.

Avec la victoire du oui, les marchés espèrent un retour à la stabilité et la fin d’un cycle électoral quasi continu depuis un an et demi. La Bourse d’Istanbul a ouvert en hausse lundi et la livre turque a gagné près de 2% face au dollar dans la matinée. Les derniers mois ont également été marqués par une dégradation des relations entre la Turquie et l’Union européenne, Erdogan accusant certains pays de «pratiques nazies» après l’annulation de meetings pour le “oui”.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc