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Politique

Sahara: Guterres veut relancer les négociations

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5001 Le 12/04/2017 | Partager
Il opte pour une nouvelle approche basée sur le réalisme et le compromis
Le rapport du SG de l’ONU charge le Polisario et met l’Algérie face à ses responsabilités
Appel à procéder au recensement des populations à Tindouf
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Antonio Guterres s’est montré ferme face aux manœuvres des adversaires du Maroc. S’il a salué la réaction positive du Maroc suite à son appel au retrait de Guergarate, il s’est dit «profondément préoccupé par la présence du Polisario dans cette zone». Il a appelé les membres du Conseil de sécurité à l’exhorter à effectuer «un retrait total et inconditionnel» (Ph. Bziouat)

«Le conflit au Sahara doit être résolu le plus tôt possible, afin de permettre à la région de confronter les menaces sécuritaires, les défis économiques dans une logique de coopération». Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a d’emblée donné le ton. Le contenu de son premier rapport sur le Sahara, dont un premier draft a été distribué aux membres du Conseil de sécurité, lundi dernier, traduit la nouvelle orientation, qui tranche avec la «méthode Ban Ki-moon». Guterres veut «relancer le processus de négociations sur la base de réalisme et de compromis, avec une nouvelle dynamique et un nouvel esprit».

L’idée est de préparer un round de discussions directes entre les parties, en vue de «parvenir à une solution politique mutuellement acceptable». Les rencontres de Manhasset sont suspendues depuis quelques années. Le Polisario campant sur ses positions, à cause de son incapacité à mettre sur la table des propositions concrètes, contrairement au Maroc. Ce rapport semble conforter le Maroc, qui a multiplié les signaux de sa volonté d’aboutir à un accord dans le cadre des mécanismes onusiens.

Dans ce document, qui sera soumis à l’approbation des membres du Conseil de sécurité, le SG de l’ONU appelle à en finir avec le statu quo favorisé par l’entêtement des adversaires du Maroc. Pour lui, il est important que «les parties fassent preuve de volonté politique pour passer à une nouvelle phase de négociations». Or, face au dynamisme du Maroc, qui a mis sur la table la proposition d’autonomie, le Polisario et son soutien algérien continuent de s’accrocher à des solutions irréalistes. D’autant que le nouveau programme de développement des provinces du Sud a été déjà lancé sur le terrain, comme le rapporte Guterres dans ce document.

Il a aussi mis en avant la volonté du Maroc d’en faire un hub régional intégré, assurant un axe de coopération économique entre le Maroc et les pays subsahariens. Le nouveau SG de l’ONU a aussi chargé le Polisario. Au moment où Rabat a réagi positivement à son appel de se retirer de Guergarate, les éléments armés des séparatistes ont poursuivi leurs provocations dans cette zone. Le rapport précise que des éléments de la Minurso sont témoins des dégâts causés aux véhicules marocains par des éléments séparatistes. Guterres a manifesté sa «profonde préoccupation face à la présence d’éléments du Polisario dans cette zone».

Surtout que cette situation «risque de conduire à une rupture du cessez-le feu». D’où son appel ferme aux membres du Conseil de sécurité d’exhorter le Polisario à effectuer un «retrait total et inconditionnel» de Guergarate. L’Algérie a été aussi mise face à ses responsabilités. Avec la Mauritanie, le voisin de l’Est «peut apporter une contribution importante au processus de résolution de ce dossier». D’autant que «pour le Maroc, cette affaire est un conflit régional avec l’Algérie». Le rapport du nouveau secrétaire général de l’ONU a également insisté sur l’importance du respect des droits de l’homme dans les camps de Tindouf.

Le renforcement de la protection des droits humains devrait se faire à travers la consolidation des interactions avec les agences des Nations unies. La question des aides humanitaires insuffisantes pour les populations dans les camps a été aussi pointée dans ce document. Guterres a insisté sur l’importance de procéder à un recensement des habitants des camps de Tindouf. Une requête faite par le Maroc, mais aussi par le Conseil de sécurité, à plusieurs reprises. Elle reste encore en suspens face à l’entêtement de la direction du Polisario et de l’Algérie, qui abrite ces camps.

Retour de la Minurso

Comme chaque année, le secrétaire général de l’ONU a appelé les membres du Conseil de sécurité à valider le prolongement de la mission de la Minurso de 12 mois supplémentaires. Les relations semblent se diriger vers plus d’apaisement, suite à la décision du Maroc d’accepter le retour des éléments de la Minurso au Sahara. Ce qui lui permettra de «retrouver sa pleine fonctionnalité», selon ce document. La tension avait monté, l’année dernière, suite à la protestation du Maroc face aux agissements de certains fonctionnaires de la mission onusienne, ayant enfreint leur devoir de réserve. Pour Rabat, ce retour doit se faire dans le respect des principes de neutralité et de non-ingérence, conformément au mandat qui régit le fonctionnement de la Minurso.

 

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