Habillage_leco
Finances-Banques

BCP réévalue ses ambitions dans les services titres

Par Franck FAGNON | Edition N°:5000 Le 11/04/2017 | Partager
Toute l’activité sera consolidée au sein de Mediafinance
Plus de 220 milliards de DH d’actifs sous conservation
Une offre prête pour les banques participatives
omar_el_mghari_idrissi_000.jpg

Ingénieur de l’Ecole des Mines de Rabat, Omar El Mghari Idrissi, 18 ans d’expérience au sein du groupe BCP, présidera le directoire de Mediafinance. L’essor de CFC et la réforme du marché des capitaux devraient être porteurs pour l’activité (Ph. Khalifa)

En repositionnant Mediafinance sur les services titres, BCP anticipe les mouvements à venir sur la place financière casablancaise avec l’essor de Casablanca Finance City et la réforme du marché des capitaux. Une équipe d’une quarantaine de personnes dirigée par Omar El Mghari Idrissi aura pour mission de développer cette activité. Contrairement à d’autres acteurs du marché, BCP a décidé de domicilier l’activité dans une filiale spécialisée à l’image des grands groupes bancaires internationaux. Mediafinance vise un produit net bancaire de 150 millions de DH d’ici 2020.  

- L’Economiste: Qu’est-ce qui justifie ce réaménagement au sein de la Banque de financement et d’investissement?
- Omar El Mghari Idrissi:
Dans le cadre de son plan «Elan 2020», le groupe BCP a entrepris un certain nombre de chantiers stratégiques, parmi lesquels figure la création d’une Securities Services Bank. Le choix de Mediafinance pour porter cette offre se justifiait par son business-model qui répond parfaitement aux pré-requis, notamment en termes d’agrément et de positionnement clientèle. Ce modèle de banque spécialisée dans les services titres répond également à une attente du marché qui devient de plus en plus exigeant.

- Quel est le contenu de l’offre?
- La banque a structuré une offre autour de six gammes de produits, qui vont du local et global custody aux services aux fonds et aux émetteurs ainsi que des solutions digitales et de reporting évolué. Le catalogue intègre également une offre d’externalisation qui cible les teneurs de compte. Nous couvrons, ainsi, l’ensemble des besoins du client.
Il aura en face de lui une sorte de guichet unique. Nous misons aussi sur les synergies avec les autres entités du groupe pour construire des offres complémentaires en termes d’Investor Services. Pour exemple, nous avons développé, avec Upline Corporate Finance, une offre de valorisation des participations non cotées. Par ailleurs, nous gardons notre statut d’intermédiaire en valeurs du Trésor parce qu’il s’inscrit totalement dans l’offre market services que nous proposons. La salle des marchés de Mediafinance va s’orienter vers des produits complémentaires aux services sur titres pour accompagner et répondre aux besoins de nos clients institutionnels et corporate, en particulier sur la gestion de la liquidité et du collatéral.

- Quelles opportunités ouvre Casablanca Finance City?
- Casablanca Finance City va contribuer à attirer davantage d’investisseurs. Au-delà des opérateurs locaux, le développement de CFC pourrait amener des homologues étrangers à s’intéresser au marché marocain. La clientèle d’une place financière à vocation internationale a l’habitude de travailler avec des exigences très élevées en matière de services titres. En investissant dans la place financière de Casablanca, les opérateurs vont rechercher la qualité de service et l’offre auxquelles ils sont habitués sur leurs marchés d’origine. Il y aura systématiquement un alignement vers le haut qui va s’opérer. Une variable qui conforte le choix de créer une Securities Services Bank.
Par ailleurs, le marché marocain des capitaux est en pleine évolution. De nouvelles classes d’actifs vont se développer. Les Organismes de placement collectif en Immobilier (OPCI), par exemple, recèlent beaucoup de potentiel. En tant que Securities Services Bank, nous avons déjà préparé une offre de dépositaire pour les sociétés de gestion d’actifs OPCI. Il en est de même pour les sukuk. Avec le lancement des banques participatives, les sukuk seront, en effet, parmi les classes d’actifs privilégiées pour cette catégorie de banques. Notre offre de dépositaire pour ces structures est également prête. Nous avons anticipé l’évolution du marché pour pouvoir nous associer aux premières opérations.

- Vous êtes sur une activité très gourmande en investissement. Quel est le programme sur l’horizon du business plan?
- Nous avons construit un business plan sur la période 2016-2020 pour accompagner la transformation et le développement de Mediafinance. Une partie des investissements a été réalisée en 2016 afin de préparer le lancement de la Securities Services Bank et la mise sur le marché de notre offre.
D’autres sont prévus sur la durée du business plan. C’est une activité qui nécessite d’investir continuellement sur les plateformes technologiques, les process, le capital humain et les compétences, la certification, les dispositifs de contrôle interne et de management des risques… Et puis nous sommes dans un secteur où la réglementation évolue rapidement. Tout cela a un coût significatif. Nous devons donc être capables d’assurer des investissements constants pour soutenir la réalisation de tous ces chantiers. La banque a fait le choix dès le départ de se démarquer de façon continue. D’ailleurs, une bonne partie de nos investissements sera orientée vers la conception et la mise en œuvre de produits innovants à forte valeur ajoutée. Et le digital nous ouvre un vaste champ d’opportunités.
Propos recueillis par
Franck FAGNON

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc