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Analyse

Gouvernance et leadership: Attention, le chômage des jeunes pousse à l’extrémisme

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4999 Le 10/04/2017 | Partager
Le cycle de croissance n’a pas réellement créé d'emplois
L’Afrique comptera 452 millions de moins de 25 ans
L’employabilité, le défi du continent

La jeunesse africaine et son employabilité restent le défi du continent africain sans lequel son développement ne saurait s’accomplir. Près de 60% de la population du continent a moins de 25 ans et en 2050, l’Afrique comptera 452 millions de jeunes de moins de 25 ans, soit plus de 60% du total de la population européenne en 2015. Le dernier rapport de la fondation Mo Ibrahim «un point de bascule pour l’Afrique» met en garde les pays du continent quant aux conséquences induites par la non-employabilité des jeunes.

Si le cycle des matières premières a alimenté la croissance du PIB dans de nombreux pays africains, il n’a pratiquement pas créé d’emplois nouveaux et le taux de chômage est toujours aussi élevé. «Les attentes de ces jeunes deviendront frustration et colère s'ils ne trouvent pas d'emploi et n'ont pas voix au chapitre», met en garde Mo Ibrahim, président de la fondation. Ce désenchantement à l’égard du modèle démocratique et le manque d’opportunités économiques peuvent créer un «mélange toxique» qui ne peut que conforter l’attrait à l’émigration et de l’extrémisme violent, estiment les experts de la fondation.

Ces deux phénomènes se nourrissent du vide laissé par l’échec des Etats, de la corruption, de la pauvreté et du chômage. D’autant plus que les organisations comme Daech, Aqmi, Ansar Dine ou encore Boko haram, des organisations rodées au crime et qui se nourrissent du trafic des êtres humains et de la drogue, profitent du désarroi de ces jeunes qui se sentent exclus et leur offrent un sentiment «d’appartenance sans doute plus attrayant que l’idéologie elle-même», indique le rapport. Les intervenants au panel dédié à la question, ont tenu d’abord à faire la distinction entre émigration et extrémisme. Le nombre de migrants coptés par les organisations terroristes est infime, rappellent-ils.

Longtemps émetteur, le Maroc est devenu un réceptacle de migrants après avoir été un pays de transit, indique Youssef El Amrani, chargé de mission au cabinet royal, rappelant les deux vagues de régularisation menées par le Maroc. Cette partie de la jeunesse fuit justement l’instabilité économique et politique. Une autre partie est appâtée par les moyens mis en place par les organisations terroristes. Comment contenir le phénomène et gérer ce moment pour éviter un basculement irrémédiable? Youssef El Amrani, chargé de mission au cabinet royal estime qu’il faut adopter une approche réaliste et globale pour combattre ce phénomène universel en recourant aux médias et réseaux sociaux ainsi qu’à la sensibilisation de la société civile.

«Le Maroc a opté pour une approche qui comprend la déconstruction du discours djihadiste grâce à une politique avant-gardiste impulsée par le Souverain, non seulement pour déconstruire ledit discours, mais aussi à travers la proposition d'alternatives modernistes telles que la formation des imams. Pour l’émir de l’état de Kano au Nigeria, Lamido Sanusi, il faudra aussi réfléchir aux conséquences des aventures désastreuses menées sur plusieurs pays du continent. «Ce sont les USA qui ont mis la Libye en feu. Ce sont les puissances étrangères qui ont étouffé dans l’œuf la montée des frères musulmans en Egypte, qui n’ont pourtant pas de sang sur les mains et ce, sans penser à la relève».

 

 

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