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Formation par apprentissage: Le défi de la compétence

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:4997 Le 06/04/2017 | Partager
Industrie, IT, automobile... les filières porteuses
21.000 apprentis à former d’ici cinq ans
Comment inciter les entreprises à s’ouvrir plus aux stagiaires ?
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Les 21 accords signés mardi dernier à Rabat, portant sur la formation par apprentissage, s’inscrivent dans le cadre de la stratégie nationale de la formation professionnelle 2021 (Ph. L’Economiste)

Douze conventions de partenariat pour la formation par apprentissage ont été signées mardi dernier par le ministre sortant de l’Education nationale, Rachid Benmokhtar.  Ces alliances nouées entre les Académies régionales de l’éducation et de la formation (Aref) et les Délégations régionales de la formation professionnelle visent essentiellement la préparation des jeunes aux métiers porteurs, à savoir ceux de l’industrie, de l’automobile, des technologies de l’information et de la communication. Mais aussi la formation des éducatrices du préscolaire.

Ces formations seront mises en place dans les centres d’apprentissage chapeautés par les Aref dans différentes régions du pays. Ainsi, d’ici cinq ans, 21.000 apprentis auront bénéficié de ces formations. Ces accords profiteront également à 1.000 jeunes issus d’autres pays africains. Ce partenariat se veut inclusif et à cet effet, le ministère de tutelle a procédé à la signature de 9 autres conventions qui viseront la formation par alternance de 8.000 jeunes relevant de fondations, associations et entreprises. Deux de ces engagements seront dédiés à 500 personnes en situation de handicap.

«Le coût moyen de la formation par apprenti s’élève à 3.000 DH par an, soit une enveloppe budgétaire globale de 88 millions de DH pour l’ensemble des conventions signées», relève la tutelle. «Afin de renforcer le modèle de formation par apprentissage et attirer les stagiaires, il faudrait sensibiliser les jeunes collégiens et lycéens en essayant de changer leurs visions négatives des formations professionnelles», souligne Abdesslam Benahra, président de la Fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (FMEP). 

Ce type d’apprentissage repose sur le principe de l’alternance entre enseignement théorique en centre de formation et travail dans des entreprises privées ou publiques, ce qui permet aux jeunes de mettre en œuvre les savoirs acquis et gagner rapidement en expérience professionnelle. A l’instar d’autres pays comme la France, où les entreprises sont obligées d’avoir un quota d’apprentis et où l’Etat apporte son soutien aux structures qui les accueillent en leur accordant des primes, le Maroc devrait songer à réglementer le secteur en instaurant des mesures concrètes.

Ce qui inciterait les entreprises à accueillir ces jeunes et à faciliter leur insertion dans le marché de l’emploi. Pour l’heure, leur intégration dans le monde de l’entreprise reste, pour le moins, difficile. Peu qualifiés, ils peinent à trouver des postes stables et enchaînent les petits boulots précaires. Certains finissent même par sombrer dans l’inactivité, pour devenir des NEET, c’est-à-dire, ni à l’école, ni en formation, ni en emploi (voir édition N° 4990 du 28 mars 2017). Actuellement, ils sont 2,7 millions de 15-29 ans à vivre cette situation.

Un portail national pour la découverte des métiers  

Le ministère de l’Education nationale vient également de lancer un portail national pour la découverte des métiers. Il est destiné aux élèves à partir de la 5e année du primaire. Pour commencer, 26 métiers de la formation professionnelle y seront mis en relief. Il s’agit des professions  dans les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie, de la pêche maritime, de l’aéronautique, de l’agroalimentaire, de l’offshoring, de l’automobile ou encore de l’artisanat. Cet outil pédagogique sera mis à la disposition des formateurs et conseillers d’orientation, afin de mieux accompagner les élèves dans leur choix de formation. Le ministère entend par cette action valoriser les métiers d’avenir et lutter contre l’abandon scolaire.

 

 

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