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Economie

Logistique: Le dernier kilomètre, le maillon perdu de la chaîne

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4978 Le 10/03/2017 | Partager
Ce dernier tronçon concentre 30% des coûts de transport
Un casse-tête logistique, largement informel
Les livraisons manquent d’organisation avec des camions qui partent à «la pêche»
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Le port Tanger Med a réussi à régler le problème de la connectivité mondiale de l’économie marocaine, mais il reste à résoudre l’équation de la logistique urbaine, encore largement informelle dans le pays (Ph. TMSA)

La logistique du dernier kilomètre ou logistique urbaine est un concept à la mode. Les structures logistiques traditionnelles comme celles régissant le transport maritime international avec conteneurs et bateaux de grande taille n’ont que peu évolué à part une course vers le gigantisme. Par contre, celles du «Last Mile» commencent à être mises en cause à une vitesse exponentielle. «Le Last Mile est un véritable casse-tête»: logistique mais aussi financier, selon Patrick Remords, chef de la Supply Chain Consulting chez Jones Lang Lasalle qui intervenait lors de la deuxième édition des Tanger Logistics Days, organisée par l’agence spéciale Tanger Med.

En effet, ce dernier tronçon concentre près de 30% des coûts. Pour des entreprises comme Ali Baba qui ont inventé la journée des célibataires, les niches doivent être énormes. En 2016, cette journée s’est traduite par près de 600 millions de colis, distribués par  2,5 millions de livreurs à travers 130 pays et engrangé un chiffre d’affaires de près de 17,8 milliards de dollars, soit près de 180 milliards de DH, l’équivalent de 3 fois les recettes du secteur automobile.
Au Maroc, s’inspirer d’un tel exemple est pratiquement impensable, non seulement en termes de taille mais aussi en efficience. «Un camion de livraison perd en moyenne dans la journée 90 minutes pour se garer à Casablanca»,  explique Younes Tazi, directeur général de l’Agence marocaine pour le développement de la logistique (AMDL). Dans  des villes comme Tanger, c’est encore pire car ce sont 2h30 en moyenne.

Toujours dans la journée, un camion effectue environ dix arrêts et à chaque fois ce sont près de 9 minutes perdues pour trouver une place ou se garer.
Au Maroc, ce sont les pratiques des entreprises qui en général expliquent ces bizarreries. Le nombre de livraisons atteint bon an mal an les 200 millions. «Mais une bonne partie de ces dernières ne sont pas organisées», explique Tazi, car le principe de précommande est pratiquement inexistant. La plupart des camions «partent à la pêche des commandes».

Une autre bizarrerie marocaine a aussi été évoquée:  95% du stockage commercial s’effectue en milieu urbain, ce qui va à l’encontre totale des pratiques actuelles de distribution qui veulent que le stockage s’effectue loin des centres urbains. Ce qui explique la prolifération des gros camions dans les noyaux urbains. Ces derniers n’étant pas du tout préparés pour ce type de circulation.
Et cette situation n’est pas prête de trouver une issue. La logistique urbaine étant encore contrôlée dans le pays par des acteurs informels avec une vision à court terme.

Malgré tout, des opérateurs arrivent à s’en sortir. Décathlon, qui vient d’installer un hub logistique dans la zone logistique du port Tanger Med,  assure pouvoir de ce point servir ses magasins marocains en moins de 24 heures. Ayant des aspirations africaines, il dessert aussi les principaux pays depuis le Nord du Maroc. Mais les délais s’allongent dans ce cas et ce sont 35 jours qu’il faut pour atteindre Johannesburg.

Un événement qui passe à la vitesse supérieure

Les Tanger Logistics Day se placent comme l’événement de référence en matière de logistique au Nord. Après une première édition réussie en 2016, le pari a aussi été gagné cette année encore avec pour thème la logistique du dernier kilomètre, une épine dans le pied de beaucoup de responsables logistiques. Cette deuxième édition a compté avec la participation de plus de 300 personnes du monde de la logistique, du transport et de l’entreprise. L’événement compte passer à la vitesse supérieure et organiser deux éditions par an. La troisième devrait avoir  lieu au mois d’octobre et aura pour thème la digitalisation.

 

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