Competences & rh

Généralisation du préscolaire: L’anarchie prendra-t-elle fin?

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:4930 Le 03/01/2017 | Partager
Le ministère s’attaque enfin à la réforme du secteur
Une carte de toutes les écoles sera élaborée avec les collectivités et les ONG
Un budget de plus de 5 milliards de DH serait nécessaire
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Entre budget de fonctionnement, d’aménagement et le coût de formation du staff, plus de 5 milliards de DH seraient nécessaires pour réformer le secteur du préscolaire. Ceci sans tenir compte des coûts de construction de nouvelles classes ou d’écoles dédiées

Longtemps négligé, le ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle a enfin décidé de s’attaquer au chantier du préscolaire. Pour ce faire, un projet pour l’amélioration de l’enseignement de la petite enfance a été mis en place dans le cadre de la stratégie 2015-2030. Le département de Rachid Benmokhtar prévoit d’accélérer la cadence pour sa mise en œuvre. L’enseignement ne sera plus obligatoire uniquement à partir du primaire, mais bien depuis le préscolaire. Dans le secteur, c’est l’anarchie depuis bien des années. Plusieurs tutelles, d’institutions, de contenus, une multitude d’approches et de langues d’enseignement, mais jamais assez d’écoles et de centres pour accueillir tous les enfants non préscolarisés (850.000). La mise à niveau de la scolarisation des 4-6 ans conditionne tout le parcours scolaire selon de nombreuses études. Il s’agit donc d’une priorité! Le ministère s’est d’abord attaqué à l’élaboration d’un référentiel national premier du genre. Il dressera bientôt une carte de toute l’offre préscolaire, en partenariat avec les différentes parties prenantes, à savoir: les ONG et fondations, les collectivités locales et autres acteurs majeurs dans le secteur. «Une attention particulière sera accordée au milieu rural et périurbain», souligne le ministère.
Jusqu’à présent, jamais le secteur n’a bénéficié d’un budget propre. «Nous comptons près de 1 million d’enfants à préscolariser. Chaque enfant coûte environ 4.000 DH par an. Cela veut dire qu’il faut chercher 4 milliards de DH par an», explique Aziz Kaichouh, directeur général de la fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement (FMPS). «Le budget d’aménagement et de formation des éducateurs, quant à lui, peut aller jusqu’à 2 milliards de DH», poursuit-il. Pour pallier ce déficit, le ministère prévoit de nouer des partenariats avec les collectivités territoriales ainsi que les différents acteurs économiques et sociaux.
La FMPS sera également l’un des acteurs majeurs pour la réalisation de la nouvelle feuille de route. Opérateur de référence pour le préscolaire depuis plusieurs années, son réseau dispose de 31 écoles dans le royaume. «Nous sommes présents sur 28 villes et disposons de 245 classes», précise le DG de la fondation. Actuellement, la FMPS préscolarise 5.500 enfants par an. Elle a aussi formé 536 éducateurs.

 

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