Régions

Tanger: La mairie approuve son budget in extremis

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4930 Le 03/01/2017 | Partager
Un budget d’austérité pour 2017
L’objectif, prévoir les dépenses imprévues comme en 2016
La réforme de l’imposition, la solution pour rétablir l’équilibre
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La mairie continue à fonctionner mais sous le risque d’une saisie de ses comptes pour l’indemnisation des expropriations (Ph Adam)

Parcours rocambolesque pour le budget 2017 de la mairie de Tanger. Les élus ont réussi à voter à la majorité des présents la deuxième mouture du texte et ce à quelques jours de la fin du délai légal. Ce budget intervient dans une conjoncture difficile pour la ville alors qu’elle est dans une phase d’investissements sans précédent avec le programme Tanger-Métropole. Ce budget est présenté par Mohamed Bachir Abdellaoui, le maire PJD de la ville comme un budget de transition avec un montant des recettes devant atteindre les 600 millions de dirhams, en hausse de près de 18% par rapport au budget 2016. Mais au niveau des dépenses, les rubriques ont été passées au peigne fin afin de pouvoir passer le contrôle de la Wilaya de Tanger. Cette dernière avait déjà refusé une première mouture le 19 décembre dernier. Elle reprochait à la mairie d’avoir budgétisé des recettes qu’elle ne pourrait atteindre et surtout, le faible montant des prévisions pour les indemnisations en cas d’expropriation. Ces dernières avaient été fixées dans une première estimation à 20 millions de DH, elles ont été portées dans la mouture finale à 60 millions de DH. «Pour y arriver, nous avons dû faire quelques arbitrages au niveau des dépenses non prioritaires», assure Mohamed Amahjour, vice-président de la mairie. C’est en particulier les bourses destinées à certaines associations et à certaines organisations internationales qui devront attendre le prochain exercice, note encore une fois Amahjour. Mais l’essentiel a été maintenu, notent en chœur les responsables communaux. En parallèle, afin de pouvoir répondre aux exigences de la wilaya, la mairie réfléchit à la possibilité de transférer certaines responsabilités aux quatre arrondissements qui forment la ville, pour des raisons de proximité mais aussi pour pouvoir dégager des rubriques budgétaires supplémentaires.
Pour Amahjour, le retour à la normale devrait avoir lieu en 2018, le temps que la mairie puisse adopter une nouvelle grille tarifaire d’imposition pour ses taxes et impôts.
En effet, une partie des problèmes budgétaires de la mairie vient de la faiblesse des recettes de la ville. «Nous disposons d’un des barèmes les plus bas du pays» note avec amertume Amahjour qui rappelle que ces derniers n’ont pas bougé depuis une douzaine d’années. Pour une ville de la taille de Tanger, elles devraient atteindre au moins le double des recettes actuelles. En outre, ce dernier se plaint de la faiblesse de la part perçue par la ville en matière de TVA, inférieure à celle de villes de taille comparable. Et Amahjour de promettre que si la nouvelle imposition est approuvée, elle pourra permettre d’assainir de manière confortable les comptes de la ville.

Les indemnisations des expropriations, la bête noire de la mairie

300 millions de dirhams, tel est le montant ponctionné sur les comptes de la ville de Tanger en 2016. Il correspond à des indemnisations pour des expropriations déclarées d’utilité publique lors des dernières décennies, indique Mohamed Amahjour.
Rien ne permet d’expliquer, selon lui, pourquoi cette ‘malédiction’ s’est abattue sur la ville de Tanger en 2016, ‘un fait unique’ dans l’histoire de la ville et du Maroc. Petit rappel des faits, les conseils élus font appel à des expropriations d’utilité publique dans le cadre des travaux ou de l’extension de la ville, surtout dans le cas de la préparation des plans de développement. La ville de Tanger prévoyait depuis plusieurs années un montant forfaitaire de 20 millions de DH, un montant qui a largement été dépassé cette année, mettant en péril les paiements de la ville et l’équilibre de ses comptes. Avec l’accélération des procédures judiciaires, de vieilles affaires ont pu être jugées et exécutées en moins de 4 mois pour certaines. Et les sommes sont directement prélevées sur les comptes de la mairie, sans avertissement.
Et selon plusieurs responsables, cette situation devrait perdurer en 2017, d’autres affaires sont actuellement en cours de traitement devant la justice.

De notre correspondant,
Ali ABJIOU

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