International

La croissance américaine s’accélère

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4924 Le 26/12/2016 | Partager
Le PIB a crû de 3,5% au troisième trimestre
Un regain d’optimisme chez les entreprises
Le marché de l’emploi reste dynamique
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 L’économie américaine a crû plus vite que prévu au troisième trimestre. Révisé à la hausse à 3,5% en rythme annuel, il s’agit du résultat le plus élevé depuis 2014

La relance est bel et bien là. Après un début d’année poussif, l’économie américaine a confirmé son rétablissement au troisième trimestre à quelques semaines de l’entrée en fonction du président élu Donald Trump (20 janvier). De juillet à septembre, le produit intérieur brut (PIB) américain a crû de 3,5%, ce qui marque une nette embellie par rapport au deuxième trimestre (+1,4%), selon des estimations du ministère du Commerce américain. La croissance a été soutenue par un bond des exportations de 10%. Les ventes de marchandises américaines à l’étranger ont notamment flambé de 14,4%. Dans le même temps, les importations, qui pèsent sur le PIB, n’ont progressé que de 2,2%.
A peine élu, Donald Trump a tenu à rassurer les milieux économiques sur ses orientations. Les marchés boursiers américains se comportent bien et la tendance s’est largement résumée ces dernières semaines à un renforcement du dollar. Plusieurs indicateurs récents reflètent un regain d’optimisme des entreprises, encouragées par la volonté du futur président de sabrer l’impôt sur les bénéfices. «L’approche plus conciliante du président-élu, limitant le protectionnisme, nourrit les espoirs d’un plan de relance plus favorable sur les marchés. C’est pour l’instant notre vue», souligne David Page, économiste senior (Etats-Unis et Royaume-Uni) au sein de l’équipe Recherche et stratégie d’investissement à AXA IM (1).
«La relance budgétaire devrait compenser le ralentissement attendu de la consommation et prolonger le cycle économique. Nous n’anticipons pas d’impact important sur la croissance à long terme», dit-il. Les prévisions ont été relevées de 1,6% en 2016 à 2,1% en 2017 et 1,9% en 2018. Pour l’expert, «Donald Trump a également fait allusion à la dérégulation financière, notamment afin de stimuler le crédit, ce qui accroît le risque haussier». Globalement, la croissance continue et la hausse de l’inflation (à 1,8% en 2017 et 2,5% en 2018, contre 1,3% en 2016) devraient donner lieu au resserrement de la politique monétaire de la Fed, «mais avec prudence compte tenu du durcissement des conditions financières». A la mi-décembre, la banque centrale a décidé de relever de nouveau ses taux directeurs d’un quart de point au vu de l’amélioration de la conjoncture. La présidente de la Fed, Janet Yellen, avait alors présenté cette hausse (la deuxième seulement depuis la crise financière de 2008) comme un «vote de confiance» dans l’économie américaine. La consommation des ménages a continué de jouer son rôle traditionnel de moteur de la croissance. Elle a progressé de 3% entre juillet et septembre même si elle a ralenti sa course par rapport aux 4,3% recensés au deuxième trimestre. Les achats de biens durables comme les automobiles ont eu le vent en poupe (+11,6%) contrairement aux marchandises plus éphémères comme les vêtements ou l’alimentation. Ce dynamisme revient à la bonne santé du marché de l’emploi et à un taux de chômage (4,6%) au plus bas depuis neuf ans. Autre point positif, l’investissement des entreprises qui était dans le rouge pendant de longs mois notamment dans le secteur minier et pétrolier a poursuivi son lent rétablissement. Il a progressé de 1,4%, notamment dans les structures (locaux professionnels...) qui ont bondi de 12%, après avoir reculé de 2,1% au trimestre précédent. En revanche, le marché de l’immobilier résidentiel a, lui, continué d’évoluer négativement mais a ralenti sa chute (-4,1% contre -7,7% au trimestre précédent). L’Etat fédéral a lui aussi soutenu l’activité américaine en augmentant ses dépenses de 2,4% après deux trimestres consécutifs dans le rouge. Il pourrait être davantage mis à contribution si le président Trump s’engage comme promis dans un vaste plan de relance dans les infrastructures.

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(1) Note économique «Perspectives 2017 pour les Etats-Unis-Ce que les événements des semaines passées impliquent»

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