Evénement

Visite royale : Rabat brise l’axe Alger-Pretoria

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4911 Le 05/12/2016 | Partager
Et lance avec le Nigeria le mégaprojet du gazoduc Afrique-Europe
Plusieurs conventions et accords signés

Le Maroc force les portes de l’Organisation de l’unité africaine. Tous les pays visités lors de ce périple royal ont soutenu l’initiative de Rabat. La Tanzanie, l’Ethiopie et Madagascar l’ont clairement affirmé dans des déclarations communes. Avec le ralliement du Nigéria, c’est l’axe Alger-Pretoria via Abuja qui saute en éclats. «le gouvernement nigérian s’est félicité de la décision du Maroc de regagner son siège au sein de l’UA», avait souligné le ministre nigérian des Affaires étrangères Goeffrey Onyeama dans une déclaration à l’agence MAP. Ajoutant que «Le Maroc est un pays important et qu’il n’est pas dans l’intérêt de l’Union africaine que le Royaume reste en-dehors de l’organisation continentale». Ceci se reflète au niveau du développement économique et de sa contribution dans le développement du continent, est-il également souligné. Ce qui se traduit par les nombreux projets structurants lancés lors de la visite royale. Des projets en lien avec la sécurité alimentaire, l’énergie, la santé, la formation et même les infrastructures de base.   
En somme, soulignent de nombreux observateurs, la stratégie marocaine répond à une vision fondée sur une logique gagnant-gagnant. Et la stratégie marocaine remonte au début des années 2000. Depuis cette date, le Royaume a signé plus de 500 accords de coopération avec les pays d’Afrique subsaharienne qui absorbe actuellement plus de 60% des IDE marocains.
Mais le mégaprojet le plus structurant, tient au lancement conjoint par le Maroc et le Nigeria du gazoduc Afrique-Europe. En mettant à contribution les ressources gazières de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et celles du Nigeria, le pipeline constitue une pièce maîtresse d’intégration économique de la région. Une intégration qui sera fondée sur des complémentarités, des synergies durables et des approches inclusives.    
Le gazoduc Nigeria-Maroc, qui sera conçu avec la participation de toutes les parties prenantes, devrait s’étendre sur 4.000 km. Au départ, le financement sera assuré par deux fonds souverains marocain et nigérian. Il vise également l’accélération de projets d’électrification dans toute la région. Sans oublier aussi l’émergence de pôles industriels intégrés, notamment l’agroalimentaire, le tourisme et la production d’engrais. D’ailleurs le Maroc est à l’origine du lancement de plusieurs unités de production des fertilisants en Afrique de l’Ouest et tout récemment à l’Est du continent.      
Pour assurer le succès qui se doit à ce projet, les deux chefs d’Etat  ont convenu de mettre en place un organe de coordination bilatéral chargé du suivi.
Pourtant, les négociations autour du projet n’ont été entamées qu’à la mi-novembre 2016, à l’occasion de la tenue du sommet africain sur le climat, à Marrakech. Pour certains observateurs, le Roi Mohammed VI a ainsi «damé le pion à l’Algérie qui avait démarré en 2002 des négociations avec le gouvernement nigérian sur un projet similaire à travers le Sahel. En revanche, l’actuel projet devrait emprunter la côte ouest-africaine en passant par Dakar.
A noter que le potentiel gazier du Nigeria qui est également  un important producteur de brut, est immense. Le pays est placé premier au niveau africain et 7e  pour les réserves mondiales prouvées.
Seul bémol pour le moment, le delta du Niger (sud), d'où provient le gaz, est le théâtre de violences perpétrées par des groupes armés. Ce qui a fait chuter la production de gaz et de pétrole cette année.

Bol «d’air frais»

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Bonne nouvelle pour le Nigeria en cette fin 2016. Le dernier accord obtenu au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), est une bouffée d'oxygène pour le géant d'Afrique de l'Ouest, frappé par une crise d'une rare intensité. D'autant que le pays est exempté de toute limitation de sa production, compte tenu des troubles sécuritaires qui perturbent depuis des mois l'activité de son secteur pétrolier. Surtout, que les autres activités ne compensent pas la baisse de la production pétrolière.
La construction, traditionnellement dynamique au Nigéria est freinée par le report du programme de dépenses d’investissement public. L’activité manufacturière pourrait en outre être ralentie par un approvisionnement erratique en électricité ainsi que les dispositions du contrôle des changes limitant l’importation.
En outre, l’absence de cadre juridique (les négociations entre exécutif et législatif en vue de l’adoption du Petroleum Industry Bill attendue depuis 2008 sont suspendues) n’encourage pas les investissements dans ce secteur. D’une manière générale, l’investissement, déjà affecté par l’insécurité et l’encadrement des prix, risque d’être découragé par une demande interne peu porteuse et un taux directeur de la banque centrale (CBN) passé de 12 à 14% en juillet 2016. Avec une production pétrolière en valeur ayant diminué d’un tiers, la contribution des exportations nettes à la croissance devrait être légèrement négative. La consommation privée devrait rester freinée par le niveau élevé de l’inflation (15% en 2016). Au final, la croissance 2016 devrait être négative, une première depuis 1984.

 

 

 

 

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