Evénement

Le Maroc pénètre l’Afrique anglo-saxonne

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4880 Le 20/10/2016 | Partager
Les portes de trois pays seront désormais franchies
Le Roi conduit une forte délégation d’officiels et d’hommes d’affaires
afrique_anglophone_080.jpg

Le Rwanda, la Tanzanie et l’Ethiopie réalisent des taux de croissance à la fois élevés et soutenus sur plusieurs années. Ils ont en commun des plans d’investissements couvrant l’infrastructure, l’agro-industrie, le tourisme et l’agriculture. Seul bémol, l’instabilité qui caractérise leur environnement immédiat

Le Maroc met le cap sur l’Afrique anglo-saxonne. Et c’est par la porte de l’Afrique de l’Est que le Royaume veut initier des relations de coopération multiforme. La visite officielle, entamée depuis mardi dernier par SM le Roi Mohammed VI, verse dans ce sens. Le périple royal, le premier du genre,  mènera le Souverain au Rwanda, en Tanzanie et en Ethiopie, avec à clé la signature d’accords politiques et de conventions de partenariat entre les hommes d’affaires marocains et leurs homologues de ces trois pays. Le Souverain est, en effet, accompagné de plusieurs ministres et chefs d’entreprise de divers secteurs. C’est aussi un moment fort de l’action diplomatique du Maroc dans cette région. En témoigne la récente nomination de nouveaux ambassadeurs dans plusieurs pays de la région: Rwanda, Tanzanie et Ouganda, Ethiopie, Djibouti, Kenya et le Mozambique. De plus, la visite du Souverain intervient quelques mois seulement après le message royal adressé au 27e Sommet de l’Union africaine, tenu en juillet dernier, justement dans la capitale rwandaise, Kigali.
Au chapitre des relations d’affaires, une première rencontre a été tenue hier mercredi à Rwanda. L’accent a été mis sur l’opportunité de multiplier les contacts entre les communautés d’affaires marocaine et rwandaise. Pour le président du Conseil de développement du Rwanda, Francis Gatare, «la visite  royale ouvrira à coup sûr des perspectives extrêmement positives pour les deux pays».
De son côté, Miriyem Bensaleh-Chaqroun, présidente de la CGEM, estime que «la rencontre entre les secteurs privés rwandais et marocains traduit la volonté des dirigeants des deux pays de mettre en place un partenariat solide et novateur». Car, il s’agit, selon la présidente du patronat, «d’un nouveau modèle de diplomatie économique». Et des secteurs de partenariat sont déjà identifiés et seront encadrés par des conventions. Pour le moment, les conventions préparées devront couvrir la logistique, l’immobilier, l’agroalimentaire et l’industrie pharmaceutique. Mais le secteur privé rwandais veut aller au-delà. Déjà un appel a été lancé aux opérateurs marocains à s’investir dans des secteurs porteurs comme le tourisme, le textile, l’agriculture et la finance. Des secteurs où le Maroc a développé des expériences réussies. Pour Abderrahmane Belbachir, DG de Bank of Africa-Rwanda, filiale de la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE), d’importantes opportunités sont offertes aux entrepreneurs marocains au Rwanda. Ce petit pays de 11 millions d’habitants occupe une place de choix dans la région de l’Afrique de l’Est. Avec un taux de croissance de près de 7% en moyenne sur les deux dernières années, il s’érige en véritable modèle économique en plein essor. Des progrès sont ainsi réalisés dans différents secteurs, notamment les services, les infrastructures, l’agriculture et les nouvelles technologies de l’information.
De plus, ce pays joue un rôle stratégique dans la région. Reste à ouvrir une ligne aérienne directe avec ce pays. Un projet qui sera probablement sur la table des négociations.

Tanzanie et Ethiopie: Croissance soutenue

Le périple royal se poursuivrait par l’Ethiopie et la Tanzanie. Dans ce dernier pays, la croissance s’est établie en moyenne à 7% sur les 3 dernières années. Elle est tirée, selon Coface, par les projets d’infrastructure et les investissements dans le BTP. Néanmoins, la chute des cours du pétrole observée en 2015 et l’absence de rebond prévu pour 2016 pourraient conduire les compagnies étrangères à reporter leurs décisions d’investissement. Les services (commerce, télécommunications, intermédiation financière) devraient rester dynamiques. En revanche, les performances du secteur agricole sont plus incertaines compte tenu des conséquences attendues de la sécheresse sur les récoltes. En Ethiopie, l’activité économique est restée nourrie en 2015 (année fiscale se terminant le 7 juillet). Elle est tirée principalement par la demande intérieure. En revanche, les exportations de biens et services se sont contractées sous l’effet de la baisse des prix des oléagineux, de l’or et du recul des recettes touristiques, tandis que les importations ont progressé fortement. Le secteur manufacturier, la construction et l’agriculture ont affiché un dynamisme certain alors que l’activité dans le secteur des services, dont la contribution à la croissance reste la plus importante, a ralenti.
La sécheresse a affecté la production agricole en début d’année fiscale 2016, mais la croissance devrait continuer à bénéficier de la mise en œuvre d’un important programme d’investissements publics, qui se poursuit dans le cadre du 2e plan pour la croissance et la transformation de l’Ethiopie.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc