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L'Edito

Viabilité

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5401 Le 29/11/2018 | Partager
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Cash-flow... un mot valise qui a fait des petits dans la terminologie comptable et qui continue de charrier heurs et malheurs des entreprises. Il prend dans le contexte marocain les allures de perspectives funestes, celles d’une mortalité économique particulièrement préoccupante.

La sempiternelle rengaine des impayés renforce l’incertitude autour des initiatives entrepreneuriales et retarde un peu plus les échéances de reprise. L’on peut gloser sur les responsabilités de l’Etat dans cette crise. Mais force est de constater que c’est le public qui joue aujourd’hui l’exemplarité avec des délais qui semblent se normaliser et des crédits de TVA qui commencent à être rétrocédés.

Le niveau institutionnel a eu la main moins heureuse pour ce qui est de discipliner les mœurs du crédit interentreprises. Les réformes (lois 32-10 et 49-15) ont immanquablement fait pschitt. Comme pour les sujets complexes, il n’existe pas de réponses toutes faites et définitives. La mise en place d’un dispositif réglementaire punitif, en s’inspirant de modèles importés, serait un pas hasardeux à franchir.

L’observation comparative de certains marchés fait même ressortir des effets paradoxaux où l’amélioration du rythme de remboursement est inversement proportionnelle à l’intensité des sanctions. Une fois ces réserves formulées, rien n’interdit de regarder sous le capot et tenter d’identifier des facteurs de vulnérabilité.

Par exemple, la fragilité des structures de nombreuses entreprises marocaines, les PME particulièrement, est légendaire. Leurs sous-capitalisations les empêchent de se financer autrement que par leurs fournisseurs, et elles paraissent peu séduisantes et risquées aux yeux des banquiers.

Dans plusieurs situations, les difficultés de trésorerie cachent en réalité des problèmes existentiels et profonds, ceux de la viabilité tout court. La crise des impayés ne serait alors qu’une autre facette de la crise de compétitivité.

 

 

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