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L'Edito

Transparence

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5394 Le 16/11/2018 | Partager
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Les rendez-vous électoraux permettent au citoyen de comprendre en quoi sa voix est importante. Ceux de la Cour des comptes lui rappellent sur quoi il s’engage financièrement en tant que contribuable.

Au-delà de l’incapa­cité à se discipliner comptablement, le dernier rapport montre bien qu’il faudra s’attaquer à un autre sujet col­latéral, non de moindre envergure, celui de l’existence des partis bidon ainsi que les micropartis. Les hiz­bicules, si bien nommés par la vox populi, prolifèrent sans grande uti­lité pour la vie publique. Ils confir­ment bien que le système politique est malade s’il ne donne comme rai­son d’exister, à certaines formations, que celle de toucher des subventions publiques.

A côté du lot de fausses notes, il y a tout de même quelques bonnes nouvelles. Les grosses écu­ries tels le PJD et le PAM sont les moins critiquables et font preuve d’exemplarité. C’est rassurant si la tendance est rapportée au déficit de crédibilité de l’exercice politique, de ses représentants, au déclin de plu­sieurs formations historiques, à leur incapacité à se renouveler et aux relents d’inquiétude qu’elles conti­nuent de nourrir.

Maintenant, il faut savoir raison garder. L’exercice de transparence qu’induit le contrôle par la Cour des comptes peut être d’une portée limi­tée pour évaluer l’étendue des patri­moines réels, les circuits tortueux de leurs financements. Pour reprendre par analogie l’image de l’ivrogne qui cherche ses clefs sous un lampadaire, les enquêtes ne ciblent jusque-là que les zones éclairées.

Or, et c’est un se­cret de Polichinelle, le train de vie de certaines formations politiques s’ap­puie sur les financements indirects que rabattent les bases aux différents échelons locaux. Des ressources re­vigorées par les prérogatives que leur confèrent les leviers de la décentra­lisation. Pour l’heure, la révolution de transparence se fait donc toujours attendre.

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