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L'Edito

Raté

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5385 Le 02/11/2018 | Partager
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La gestion hasardeuse des grands dossiers de Casablanca fissure chaque jour la confiance dans la démocratie représentative.

Le show offert sur la question du ramassage d’ordures et la décharge de Médiouna est affligeant à cet égard. Ni la mairie, ni la région, et une fois n’est pas coutume, ni les SDL, ne sont arrivées à s’engager sur un calendrier de réforme clair.

Encore un de ces dossiers qui tire  une ville incapable de mettre de l’ordre dans ses déchets,  plus du côté de Calcutta que de Barcelone. Sus aux délégataires privés, chassés les uns après les autres, mais quid de la période transitoire qui s’en est suivie et qui s’est avérée in fine une grande ère d’incertitudes et de spéculations.

Avec une métropole menacée à tout moment de crouler sous les déchets et des citoyens exaspérés qui n’hésitent plus à le faire savoir comme en témoigne la dernière opération commando, à la Femen,  de manifestants en colère qui ont fait intrusion à la dernière réunion du Conseil  de la ville.

Pour la plupart des métropoles urbaines, le traitement des déchets fait pourtant partie des grandes priorités au même titre que l’aménagement, l’habitat, les infrastructures de transports. Et pour la capitale économique, le sujet ne manque d’intérêt ni du point de vue de son coût pour la collectivité (une facture de près de 1 milliard de DH, soit deuxième poste de dépenses pour la ville après la masse salariale) ni de son intérêt économique avec une production de 1,5 million de tonnes/an.

Au point de se demander si cette dernière perspective, celle du potentiel de monétisation des ordures casablancaises, ne serait pas à l’origine du blocage, alimenté par un jeu de rivalités et luttes de pouvoir où chacun voudrait croquer sa part.

On le sait, le modèle qui contribuerait à réconcilier les citoyens avec leurs élus n’existe toujours pas. Dommage donc pour ce énième rendez-vous, raté tant sur le front de la gestion que de l’innovation politique.

 

 

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