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L'Edito

Projet social

Par Nadia SALAH| Edition N°:5693 Le 07/02/2020 | Partager
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Au moins une fois par semaine, le ministre de l’Enseignement, etc. rencontre les dirigeants des universités. Saaïd Amzazi, lui-même enseignant du supérieur, veut les faire adhérer à son projet de réforme.

Les motifs sont variés: « il y a 15 ou 17 ans qu’on n’a pas fait de réforme»; les étudiants doivent apprendre à bien se tenir; ils doivent savoir le français.  Pas la peine de se cacher derrière son petit doigt: il faut du français pour améliorer ses chances sur le marché du travail et c’est mieux s’il y a l’anglais en plus.

Le monde est comme ça, le Maroc est comme ça. Il est scandaleux de faire payer des disputes des politiciens aux enfants. Amzazi a raison sur ce point.

En revanche, difficile de concevoir que l’effort doive porter sur une année de fac en plus. Nous avons plus de 300.000 jeunes en première année. Les «soft skills» ne s’enseignent pas devant des amphis de 200 à 500 étudiants.

C’est se moquer du monde que de dire qu’on fera des petits groupes: où trouvera-t-on les 12-13.000 profs de français (une année suffira-t-elle?) et autant de coachs? Plus les spécialités comme l’expression corporelle, l’art de la conviction…

Il y a autre chose. Sur 100 petits qui rentrent au primaire, 9 ou 10 arrivent au supérieur. C’est très peu. Faut-il vraiment priver 90% jeunes des «soft skills» alors qu’on parle de promotion sociale, d’égalité des chances? Alors que le secondaire est taillé pour ces formations?

Ce n’est pas fini. De ce supérieur, la moitié sortira sans diplôme, souvent dès la première des trois années.  Les choses vont-elles réellement s’améliorer si on a une année de plus à faire? Avec encore moins de profs impliqués dans leur mission qu’il y en a aujourd’hui?

Ce ne sont pas des questions anodines: elles dépassent le cadre universitaire et scolaire. Ne faut-il pas mettre le projet sur le bureau de la Commission Benmoussa? En effet, il figera pour longtemps les barrières sociales et économiques.

 

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