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    L'Edito

    Passif mental

    Par Nadia SALAH| Edition N°:5675 Le 14/01/2020 | Partager
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    Apparemment, l’Algérie sort doucement de sa crise socio-politique. Elle récupère son organisation. Il y a des changements de niveaux, notamment la présidence par rapport à l’armée. Cette dernière a un peu pâli après la mort du général Gaïd Salah.

    Mais si elle a pâli, c’est aussi parce que l’hommage a joint l’homme et les armées, mobilisé les valeurs (Protection, courage, nationalisme…). Plusieurs milliers de personnes se sont déplacées pour participer à cet hommage.

    Avec une maladresse désarmante, qui marque en même temps une passion forte: le char portant sa dépouille a été décoré de fleurs rouges et blanches formant deux gros yeux. Les attaques contre le «système» se sont pratiquement tues.

    L’étoile pâlie des hauts militaires ne le restera pas longtemps. Les mots choisis par les Algériens eux-mêmes démontrent l’attachement à l’ANL.

    Vu du Maroc, avec l’évolution politique du Royaume, on ne comprend pas très bien de quelle protection notre grand voisin peut avoir besoin. Pourtant il faut se pencher sur ce réflexe.

    En Algérie, il y a deux rentes, qui fondent le système. La plus connue est la rente des hydrocarbures. Elle n’est plus suffisante par rapport aux besoins, d’où l’insistance des manifestants à accuser «le système» de détournements. Les choses sont évidemment un peu plus compliquées dans la vie réelle.

    L’autre rente est plus subtile mais sans doute plus forte. Il s’agit de l’héritage de la guerre d’indépendance. Même si les photos étaient prises à Oujda, il fallait y figurer pour avoir sa part de pouvoir et d’honneur. Soixante ans après, c’est rare. Pourtant, l’idéologie reste bien entretenue. Elle arrive à déformer le paysage mental, au point que nos voisins se voient entourés d’armées menaçantes: le Maroc à l’ouest, la France au Mali et maintenant les Turcs à l’est.

    Alourdie par ce passif mental, Alger aura longtemps du mal à se vivre comme une nation normale.

     

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