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L'Edito

Déliquescence sociale

Par Nadia SALAH| Edition N°:5104 Le 12/09/2017 | Partager
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Les «cent jours» d’El Othmani, on attendait le style plus que des résultats. Après l’immense déception économique et sociale du mandat Benkirane, c’est le mode de décision et l’application au redressement qui compteront le plus. L’équipe gouvernementale actuelle ressemblant à la précédente, il faudrait que son chef, lui, soit capable d’engendrer un retour de confiance.

En effet, une image résume à elle toute seule la déliquescence sociale et économique: au lieu de donner aux commerçants les outils et la volonté de la modernité, la politique de l’équipe Benkirane et de ses élus municipaux a installé, dans les rues,  le trafic ambulant, sauvage, sans sécurité ni traçabilité. Moins visible, le reste de l’économie, trop souvent, a été à l’avenant.

Hélas, les évaluations vont toutes dans le même sens. Jusqu’en 2008-09, l’économie marocaine et avec elle, sa situation sociale, avaient remarquablement progressé.  Si bien progressé qu’on manquait de diplômés! Le tout, soulignons-le, avec une bonne tenue des finances publiques.

Puis les choses se sont dégradées sous le mandat  Abbas El Fassi. A partir de 2012, elles sont devenues catastrophiques (voir L’Economiste du 11 septembre 2017), se répercutant d’une manière inédite sur la situation sociale: la durée du chômage des diplômés s’est allongée; les déficits budgétaires sont chaque année plus graves; des doutes sur la qualité des comptes publics ont germé; la stagnation du tourisme  s’est ajoutée aux négligences enveloppant le commerce extérieur, l’industrie et l’enseignement. Autrement dit, des négligences qui ont porté en même temps sur le court, sur le moyen et sur le long terme.

Le résultat a été exactement ce qu’on pouvait attendre de cette gestion. Quelque 2,4 millions de jeunes Marocains ont été déclassés, rejetés, quand leurs aînés, dix ans plus tôt, n’étaient pas assez nombreux pour soutenir la croissance du pays!

 

 

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