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L'Edito

Corruption

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5115 Le 28/09/2017 | Partager
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Aussi discutable soit leur méthodologie, les rapports du WEF comptent dans la hiérarchie mondiale des pays les plus compétitifs. Dans le contexte marocain, ce n’est pas tellement le fait de reculer d’une place qui interpelle, mais plutôt de voir désormais figurer une grosse verrue qui s’appelle corruption comme première entrave au climat des affaires.

Osons espérer qu’aucun ministre ne va monter au créneau pour démentir... il y risquerait sa crédibilité. Nous avons bien compris avec le gouvernement précédent qu’il y avait du pipeau dans la «stratégie anti-corruption ». Un générique qui n’a fait que meubler des agendas politiques et quelques poussées de fièvre moralisatrices sans lendemain. Cette perception de dégradation de la corruption est grave. Elle sape la confiance, les efforts conduits dans beaucoup d’autres domaines et alimente une dichotomie dangereuse.

Dans le classement WEF de cette année, il y a beaucoup trop d’étages entre les rangs respectables en infrastructures (54e), la qualité des institutions (49e) et les niveaux humiliants en santé et éducation (81e) ou pour l’indépendance de la justice (75e). L’opinion publique a beau pester contre les trains en retard de l’ONCF, la qualité du réseau ferroviaire affiche tout de même l’un des meilleurs scores (38e rang).

Au cours des dernières années, plusieurs rapports demandant des réformes structurelles pour stimuler la compétitivité, la création d’emplois et la croissance économique ont été rédigés par des entités de toutes sortes. Chaque année, la Cour des comptes, la Banque centrale, le HCP, réalisent d’excellentes études pointant les dysfonctionnements des dépenses publiques, les inerties du marché du travail, la pression fiscale...

Ces préoccupations n’ont sans doute pas disparu dans le quotidien des entreprises. C’est juste le menu qui a changé avec l’apparition de problèmes moins stratosphériques du point de vue économique, mais beaucoup plus dangereux sur le plan existentiel. Au point d’atterrir en Suisse.

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