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L'Edito

Compétences

Par L'Economiste| Edition N°:4596 Le 28/08/2015 | Partager

CE n’est pas partout vrai, mais la campagne des Municipales est plus animée qu’elle ne l’était autrefois. Les personnalités s’entrechoquent, s’invectivent… ce qui est tout à fait normal pour des élections. Il faudrait encore plus de chocs et d’anathèmes pour intéresser davantage. On peut le déplorer, c’est cependant la loi du genre.

Les scrutins locaux ne sont pas des affaires de partis, sauf si les découpages partisans recouvrent les vrais découpages sociologiques: les réseaux de clans et de notables. Là encore, ce n’est pas ce dont rêvent bien des électeurs, mais il faudra s’en accommoder. On se consolera en remarquant que le vieux Maroc rejoint là des thèmes contemporains de la démocratie directe. Mais c’est une autre histoire.

Il reste encore quelques jours pour poivrer les débats… Sur la fiscalité ou sur la reddition des comptes ou sur la compétence des prétendants ou les relations avec les walis et gouverneurs, sur les Sociétés de développement local (pour les grandes villes), sur un musée ou les espaces verts, sur les jeunes ou sur les services publics, sur la pression des promoteurs immobiliers…

En fait, on ne demande pas aux élus locaux d’avoir un programme en bonne et due forme. On leur demande d’avoir de très sérieuses compétences en gestion et un immense talent politique pour négocier avec leurs rivaux et alliés, avec les incompétents et les jaloux, la capacité de servir honorablement leurs contemporains. 

En effet, la construction institutionnelle locale est calamiteuse. Or, trop souvent, en trop d’endroits, la montée en puissance des élus a transformé la calamité en désastre.

C’est exactement la meilleure raison qui soit pour ne pas laisser sa place, en s’abstenant d’aller voter. Puis en s’occupant de près de ce que l’élu va faire de son mandat.

 

 

 

Nadia SALAH

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