×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    L'Edito

    C’était écrit!

    Par Mohamed BENABID| Edition N°:5378 Le 24/10/2018 | Partager
    mohamed_benabid.jpg

    Il est difficile d’attribuer la vive émotion que continuent de susciter les graves accidents de ces dernières semaines aux excès d’un voyeurisme compassionnel.

    Ce qui choque avant tout l’opinion, c’est l’incapacité à en tirer des enseignements. Chaque cas rappelle les mêmes constats et induit les mêmes effets, mais ne s’accompagne toujours pas d’une prise de hauteur ou d’une véritable rupture au-delà des bilans et des mesures circonstanciés.

    Le monde moderne a mis du temps à s’affranchir du fatalisme. A la faveur de l’intégration de la culture du risque, la probabilité d’un accident peut être évaluée et minimisée mais elle n’est jamais éliminée. Et lorsque les responsabilités sont identifiées, des noms ont été trouvés aux manquements: négligence lorsque les gens meurent par la faute de déterminants humains; et reddition des comptes lorsque les drames connaissent des prolongements politiques et judiciaires.

    Au Maroc, il faut d’abord changer la perception que l’on se fait des menaces qui prospèrent sur les déficits de planification, de contrôle, de réalisation, de sanctions.

    Que des femmes décèdent par la faute de dalles qui chutent sur les autoroutes, parce que le ministère de l’Equipement a oublié d’entretenir ses ponts; qu’une joggeuse soit fauchée mortellement, car elle était forcée de courir sur du bitume, seule alternative proposée par des élus inconscients pour des voiries en chantier; que deux écoliers perdent la vie sur le chemin du retour par la faute du mur d’un vieux dépôt qui s’effondre,  ne doit aucunement relever du cours normal des choses.

    Et il faut cesser d’accréditer l’idée que c’était écrit! Il faut dénoncer haut et fort cet état d’esprit.

    D’autant qu’il est lourd de conséquences pour les catégories les moins en mesure de se défendre: les citoyens. Il n’y a pas à s’accorder sur les réponses. Lorsqu’il est rapporté aux pertes humaines, le joyeux je-m’en-foutisme-nonchalance de la gestion publique, qu’elle soit locale ou centrale, ne fait plus rire. C’est un scandale.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc