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Politique Internationale

Une centenaire meurt d'envie d'assister au mariage du prince Philippe de Belgique

Par L'Economiste | Edition N°:622 Le 22/10/1999 | Partager

· Retraitée à l'âge de 85 ans, elle a toujours de l'énergie à revendre
· Son anniversaire coïncide avec le premier jour de l'an 2000


Volubile et charmeuse, Madeleine Stievenard aura bientôt ses cent ans. Née le 1er janvier 1900 à Bouchain, au Nord de la France, la fringante «mamie» fêtera son siècle d'existence en même temps que l'an 2000. Au 4ème étage de la maison de retraite bruxelloise où elle vit depuis sept ans, Madeleine accueille les visiteurs dans une chambre aux murs constellés de bibelots, de photos et de médailles. En médaillon, Madeleine a vingt-deux ans, un large chapeau à plume sur la tête, et vient d'épouser à Cambrai le jeune Marius Debiève. La première Guerre Mondiale vient de s'achever, les Cambrésiens ont été «bombardés, évacués» et «papa en est revenu pas tellement en forme».
Soixante-dix ans plus tard, la Française, qui décoche un clin d'oeil à chaque bon mot, est toujours aussi coquette dans son tailleur bleu clair, rehaussé d'une lavallière bleu roi et de boucles d'oreille. Elle gesticule, se lève, fouille dans ses documents, se rassoit, se relève.
«En 1926, j'ai obtenu mon brevet de conduite, et voici ma première voiture», lance-t-elle fièrement en tendant la photo d'une «Delage huit cylindres» avec une roue de secours sur le côté. «Mais je n'ai jamais pris l'avion, je n'aime pas ça. Je préfère l'hélicoptère», ajoute-t-elle.
Le 14 juillet 1928, les époux Debiève et leurs deux enfants se rendent à Tournai, en Belgique, à soixante kilomètres de chez eux. Des balcons sont pavoisés de drapeaux français.

La recette d'une telle longévité


Ils sont conquis. Le couple reprend un commerce, qui devient la «Biscuiterie franco-belge». «J'ai deux pays, la France et la Belgique, et j'aime les deux. La Belgique m'a adoptée», reconnaît Madeleine dans un grand éclat de rire.
Puis survient une autre guerre mondiale, et d'autres bombardements. «Un soir, soudainement, nous avons eu le ciel à la place du toit. Un autre jour, j'allais chercher ma voiture au garage, il n'y avait plus que les quatre roues», se souvient-elle. En 1951, Madeleine perd son mari, ferme la biscuiterie familiale et gagne Bruxelles où elle devient infirmière grâce à des «études de médecine» de jeunesse. Elle visite plusieurs fois l'Exposition universelle de 1958, restée dans la mémoire de bien des Bruxellois.
Remariée la même année avec le Belge Edouard Lauwers, elle est à nouveau veuve peu après, puis devient la secrétaire privée de deux amis médecins, qui encore aujourd'hui la sortent un jour par semaine au restaurant.
«Quand j'ai eu 85 ans, mon fils m'a dit: maman, arrête de travailler, sinon je ne viens plus te voir. J'ai bien dû obéir», raconte-t-elle presque peinée. Les recettes d'une telle longévité? «Je dis toujours ce que je pense». Ce qui a le plus changé au cours du siècle traversé? «La mentalité des gens. Ils ne sont plus aussi francs qu'avant». Des doigts déformés par l'arthrose et une peau plissée témoignent du poids des ans, mais les yeux de Madeleine restent étonnamment vaillants: elle continue à lire régulièrement sagas historiques et livres de médecine.
Pour fêter son centenaire, la maison de retraite et ses quatre petits-enfants prévoient «des surprises», et le bourgmestre (maire) de la commune viendra la féliciter. «Je ne suis pas encore invitée au mariage du prince Philippe (de Belgique, le 4 décembre), mais il n'est pas trop tard», ajoute-t-elle malicieusement. Sans attendre, elle ouvre son mini-réfrigérateur et en sort une bouteille de vin blanc. Pour trinquer «à l'amitié franco-belge».

(AFP)

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