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Un “tireur d’élite” en noir et blanc

Par L'Economiste | Edition N°:2234 Le 15/03/2006 | Partager

. Il vient de publier “Maroc ordinaire”: 17 ans de photos dans l’arrière-pays. Un carnet de voyages en images et une quête des origines«UN tireur d’élite en noir et blanc», c’est ainsi que Joseph Marando, artiste photographe se définit dans “son rapport frontal avec un Maroc brut, simple et des vis-à-vis sans retouches et sans montage. Pas besoin de restituer un Maroc idyllique, d’édulcorer ni de maquiller”, précise-t-il. Dix-sept ans de photos sur le Maroc. De 1987 à 2004, Joseph Marando a élaboré une œuvre de mémoire sur le Maroc “intérieur” de ses ancêtres que certains appellent “le Maroc profond ou inutile”. Sans contrainte éditoriale ni commerciale, loin des stéréotypes et des clichés touristiques, rompant avec une esthétique mythifiée de souks et de médinas, Marando a voulu laisser place à la vie quotidienne en humanisant plus ses photos. “J’essaie d’humaniser au maximum, de faire en sorte que les photos puissent être lues et vécues comme une réalité, dans des gestes du quotidien”. Pour lui, le brut de ce carnet de voyages en images conjugué au noir et blanc confèrent un critère de justesse qui donne une valeur de mémoire à la restitution. La vocation du livre est de constituer une espèce de base identitaire, un album de famille. Le mouvement, la perspective, la composition avec une touche où l’homme, le regard, la lumière du dedans-dehors sont placés au centre, dans la ligne de mire du zoom. “Le long terme donne cette vision ethnologique loin du romantisme, du voyeurisme et du misérabilisme”, précise le photographe. Pour lui, une photo est comme un vin, plus elle vieillit, plus elle devient mature sous le regard. Derrière cette approche, une quête des origines familiales. L’artiste est né au Maroc. Il est le fils d’un couple mixte, dont le père est originaire de Calabre (sud de l’Italie) et la mère marocaine. Ses parents ont immigré dans les années 60 en France. “J’ai été totalement amputé de ma culture marocaine”, s’indigne-t-il. Du coup, il estime qu’il avait une “dette de reconnaissance envers le Maroc et pas une reconnaissance de dette”.“Dans ce parcours photographique en noir et blanc, j’ai voulu restituer un album de famille mais aussi l’histoire sociale et culturelle d’un Maroc complexe et pluriel de la fin du XXe siècle, ponctué d’extraits de carnets de notes”. On y croise des photos brutes, des regards, des silhouettes parfois familières, comme celle d’écrivains qui ont marqué cette ère: Mohamed Choukry ou encore Paul Bowles. Ils figurent dans mon livre, “en tant qu’acteurs d’un Maroc ordinaire, un Maroc que l’on a rarement capté sur une si longue durée, avec autant d’acuité”. Ce livre est superbe, simple et non “pittoresque”, s’exclame Paul Bowles. La sélection de 17 ans des photos pour les besoins du livre a été vécue comme un drame, une frustration par Marando. “C’est le complexe d’Abraham. C’est comme si vous aviez 3 enfants et il ne fallait en garder qu’un”, explique-t-il. Le livre “Maroc ordinaire” est répertorié dans la catégorie des beaux livres en France. Il a été réalisé en coédition avec “Bec en l’air” et l’Association “Histoires de vies”. Il est tiré à 3.500 exemplaires.


Trésor national vivant

Photo-reporter, Joseph Marando a effectué de nombreux voyages en Afrique de l’Ouest, en Europe de l’Est avec des ONG et dans le cadre de missions humanitaires. Il a réalisé plusieurs documentaires sur l’immigration et les problèmes identitaires dont “Hip-Hop Social Club ou encore Aller ne suffit pas”. Selon Joseph Marando, un pays en transition comme le Maroc gagnerait à organiser des missions d’évaluation du patrimoine ethnologique en envoyant des photographes dans l’arrière-pays. Une expérience qui a été menée aux Etats-Unis des années 30. Mieux encore, selon lui, des pays comme le Japon décernent à des artisans, artistes, photographes-tireurs en noir et blanc et réalisateurs le titre de “Trésor national vivant”. L’idée est de pérenniser des savoirs condamnés à disparaître dans des greniers imaginaires.Amin RBOUB

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