×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique Internationale

Tranches de vie: Le quotidien contemplatif et joyeux d'un groupe de soeurs mexicaines à Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:62 Le 14/01/1993 | Partager

Un groupe de soeurs mexicaines vit dans un couvent religieux à Casablanca. Histoire de leur installation au Maroc et de leur vie au quotidien, rempli de contemplation et de football.

Avec l'avènement du nouvel an, les soeurs mexicaines bouclent exactement quatre ans et quarante six jours de vie dans leur couvent religieux à Casablanca. Arrivées le 14 Novembre 1989, elles mènent, depuis, une vie très discrète.

Arrivées fin 89 à Casablanca, les huit soeurs mexicaines sont installées dans un couvent religieux construit en 1953 par des frères dominicains français. Avant leur arrivée, le couvent était resté vide pendant un an après le départ d'un groupe de soeurs françaises. Elles sont venues, suite à une décision prise en 89, au siège du Vatican à Rome. Les responsables franciscains avaient jugé qu'il "fallait envoyer un ordre contemplatif à Casablanca". Autrement dit, un groupe de religieuses dont le rôle consiste à prier et à méditer; d'autres soeurs, au contraire, peuvent entreprendre des actions sociales au profit des autres, travailler dans des hôpitaux ou enseigner...

Appel de Dieu

Les soeurs mexicaines appartiennent donc à un ordre contemplatif. C'est l'ordre des Franciscains, qui sont des disciples de Saint François d'Assise. Ce dernier avait vécu au douzième siècle. C'était un jeune homme riche, joyeux et insoucieux. La légende raconte que lorsqu'il a reçu "I'appel de Dieu", il avait abandonné sa richesse et s'est retiré de la vie qu'il menait initialement. C'est après sa mort qu'il fut saintifié par ses admirateurs, devenus ses disciples.

Les soeurs mexicaines suivent son exemple. Chaque jour, elles se réveillent à 6 heures pour commencer "une longue journée" qui ne prend fin qu'à 21 heures. Une prière collective est récitée au bout de chaque tranche de 3 heures. Et à l'intérieur de chaque tranche, elles méditent, chacune dans sa loge, ou travaillent.

Une histoire de tortilla

Car elles doivent travailler. Le couvent religieux n'est pas subventionné. C'est à elles de s'occuper de sa gestion et de son entretien. Elles disposent d'un potager, font de la broderie, de la confiture, des petits-pains et de la tortilla qu'elles vendent aux gens de la région. Lorsqu'elles s'ennuient, elles jouent au ballon dans le petit jardin du couvent.

A l'origine de leur rencontre avec L'Economiste, il y avait M. Marc Lannoy, Directeur général du Sheraton de Casablanca qui, lui même, les a découvertes par pure coïncidence.

En effet, l'hôtel devait organiser dernièrement un festival gastronomique mexicain. Lors des préparatifs, un problème surgit: Des ingrédients manquaient. Le plus important était la tortilla, une sorte de crêpe au maïs, préparée d'une manière artisanale.

Le Directeur de l'Hôtel. qui avait passé plus de 6 ans aux Sheraton du Mexique, envisage alors d'importer des quantités de tortilla. Il pense au Mexique et à l'Espagne. Mais il abandonne vite l'idée. "A partir du Mexique, cela risquait de prendre beaucoup de temps. Et la loi marocaine impose, par ailleurs, des mesures sanitaires très rigoureuses pour importer des denrées alimentaires", explique-t-il. Une autre idée fait doucement son chemin: les matières premières pour faire de la tortilla sont disponibles à Casablanca. Pourquoi alors ne pas contacter des membres de la communauté mexicaine vivant au Maroc et leur proposer un marché: faire, à l'occasion du Festival gastronomique, de la tortilla traditionnelle pour le compte de l'hôtel?

Il téléphone à l'ambassade du Mexique pour faciliter la tâche.

"Il y a en tout vingt deux résidents mexicains au Maroc", répond un responsable de l'ambassade. Surpris par la faiblesse du chiffre, le Directeur demande à savoir, tout de même, qui compose ce microcosme. Son interlocuteur n'éprouve pas le besoin de fouiller dans les archives. Il répond aussitôt: "Il y a huit soeurs qui vivent dans un couvent à Casablanca, trois pères franciscains au Nord du Maroc...". Et le reste? s'interroge M. Lannoy. "Le reste forme le personnel de l'Ambassade du Mexique", répond la voix. Le Directeur n'avait pas le choix. Il n'y avait que les soeurs religieuses pour faire la tortilla. Pratiquant la langue espagnole et fort de son expérience au Mexique, il ne trouvera cependant aucune difficulté pour les convaincre de la sincérité de son projet. Pour preuve, elles avaient accepté.

A.Z.

Livre: Taylor vaincu par le temps

"La porte du changement s'ouvre de l'intérieur" est un hymne triomphaliste au changement. Son auteur, Jacques Chaize, est un jeune dirigeant d'entreprise qui décrit les peurs et les pesanteurs qui empêchent le changement. Lorsque le 21 Juillet 1969, Neil Armstrong a posé le pied gauche sur la lune, c'était une véritable révolution qui commençait sur la terre, la "révolution du réseau". Pendant qu'Amstrong faisait ses premiers pas sur la lune, la terre entière l'accompagnait du regard grâce à la télévision, aux satellites, à la miniaturisation des caméras. Des millions de téléspectateurs partageaient la même émotion. Les premiers pas d'Armstrong étaient aussi les premiers pas de ce que I'auteur appelle le monde en réseau. L'auteur affirme que nous assistons en ce moment de l'histoire à l'affrontement de deux planètes la planète Taylor et la planète Réseau. A ces deux planètes correspondent deux types d'hommes et deux modes de travail. La planète Taylor est celle de l'organisation scientifique du travail et des "hommes de marbre". La planète Réseau est celle de l'hyperéchange et du temps maillé. On appelle "hommes maillés" ceux qui s'y activent. La planète Réseau aurait été découverte au début des années soixante par MacLuhan. L'homme de marbre ressemblait à un triangle. Il travaillait l'essentiel de sa vie dans la même entreprise, exerçait un seul métier, attendait la retraite . Il travaillait dans une entreprise-pyramide, lieu de toutes les peurs et de toutes les méfiances. L'homme maillé est né avec une télécommande dans la main, un micro-ordinateur et un téléphone portable dans son berceau.

A.S.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc