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Quand l’élite parle de paix au Moyen-Orient

Par L'Economiste | Edition N°:1783 Le 04/06/2004 | Partager

. Se mobiliser pour ne pas oublier… . Mais comment arrêter les tueries aujourd’hui ? Les rencontres de Fès ont reçu une brochette de personnalités venues intervenir sur la question du Moyen-Orient, des rapports israélo-palestiniens et des amalgames qui les accompagnent. André Azoulay, conseiller du Souverain, Mireille Mendès-France, auteur de plusieurs travaux sur les droits de l’homme, Simone Bitton, cinéaste et auteur réalisateur de “Le mur”, “Palestine, histoire d’une terre”, Hamid Berrada, journaliste et coauteur de l’essai “l’Arabe et le Juif” et Leila Chahid, déléguée générale de l’OLP en France, pour ne citer qu’eux. La rencontre sur la paix au Moyen-Orient s’est étalée sur deux jours et est sans nul doute le clou des rencontres de Fès, vu le télescopage avec l’actualité. Mais comment éviter des discours et des océans d’évidences? D’autant plus que les gens qui se sont rassemblés autour de ce thème cultivent tous en eux le rêve de la paix. Ils sont tous d’accord sur ce que tout le monde dit. La Palestine devra tôt ou tard recouvrer son indépendance. Mais la bonne foi ne suffit plus aujourd’hui. Ces derniers temps, il ne se passe pas une semaine sans attentats. Et l’incapacité de la communauté internationale à réagir n’est que trop pesante. C’est cela le paradoxe qui accompagnait cette rencontre. Beaucoup d’applaudissements, d’ovations, d’émotions aussi…Mais malheureusement, peu de froideur analytique mis à part quelques idées concrètes. Mais peut-être est-ce là “l’Esprit de Fès”. Partager quelque chose d’abord entre ces personnes venues des quatre coins du monde, ne pas être froid justement…Les discours étaient émouvants. Leila Chahid racontait son parcours de Palestinienne à travers le monde, Simone Bitton de juive marocaine puis d’Israélienne. A la fin de leurs interventions, elles se sont levées, se sont enlacées. Elles ont été ovationnées par l’auditoire. Tout comme André Azoulay l’a été suite à un discours très fort dans lequel il disait notamment qu’il n’était pas “un Juif de service”, qu’il n’avait rien à demander à personne et qu’il était dommage d’en venir à revendiquer sa marocanité aujourd’hui…Alors qu’un simple plongeon dans l’histoire du Maroc ferait rejaillir cette vérité que le Maroc a une culture judaïque ancestrale. Près d’un million de juifs sont d’origine marocaine…Très fort aussi parce que ces paroles nous ont rappelé à quel point les Marocains sont sur le bord d’un ravin dangereux : celui de l’oubli. Cette absence de Juifs au Maroc dont parle Simone Bitton “se comble par du mauvais”. Les vents de l’extrémisme ont soufflé sur le Royaume. Leila Chahid a rendu hommage à la résistance palestinienne, celle où les professeurs continuent d’aller enseigner, les petites filles d’aller à l’école et les mères d’habiller et de faire conduire à l’école leurs enfants, la résistance des intellectuels et des artistes. Benjamin Barber, auteur de best-sellers et ancien conseiller de Hillary Clinton, a également eu droit à des tonnerres d’applaudissement. “Une démocratie se construit en construisant des écoles et non pas des tanks”. Mireille Mendès France sera un peu plus pragmatique et proposera de mettre en place, aux côtés du Conseil de sécurité, une commission des bons offices qui joue un rôle de contre-pouvoir pour les décisions qui se prennent.


Show-biz de la paix?

Face à la persistance des drames au Moyen-Orient et ceux qui sont dus aux amalgames, les intervenants tout comme les invités, se demandent pourquoi dans la rue arabe, il n’y a pas de mobilisation ni contre l’oubli, ni contre la guerre. André Azoulay parle de pédagogie pour réhabiliter la capacité d’expression de 30 millions de personnes en faisant un petit crochet par la presse “qui a un grand rôle à jouer”. Hamid Berrada dit que le Maroc fait l‘autruche en ne réalisant pas que ce qui se passe aujourd’hui le concerne pleinement. La mobilisation n’est pas là malgré une condamnation claire de ces “sales guerres”. Mais les Marocains en ont-ils les outils, les moyens? “On a tellement vu des mains se serrer et des gens se faire tuer juste après que c’en est devenu obscène. Il y a une espèce de show-biz de la paix. “C’est pourquoi j’ai hésité à venir participer au Festival de Fès”, assure Simone Bitton. Mais elle a peur et avait besoin de venir la partager avec des gens qui ressentent la même chose, expliquera-t-elle. Mouna Kadiri

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