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Politique

Présidentielles américaines
Bush II est une hypothèse plausible

Par L'Economiste | Edition N°:1779 Le 31/05/2004 | Partager

. S’il est réélu, le président sortant ajusterait certains de ses choix politiquesC’EST un marathon qu’a réalisé vendredi dernier Thierry de Montbrial, le directeur général et fondateur de l’Institut français des relations internationales (IFRI). L’expert français a animé trois conférences en une journée, après avoir failli ne pas venir en raison de la grève des pilotes de Royal Air Maroc. Au Royal Mansour d’abord, où il a analysé devant plusieurs personnalités, les enjeux des présidentielles américaines à l’invitation de l’IMRI (institut marocain des relations internationales). Puis à l’ESCA (école supérieure du commerce et des affaires), avant de finir en début de soirée à la BMCI. Par son expertise, l’homme est un véritable produit d’appel. En témoigne la présence de plusieurs managers dans l’assistance invitée par l’IMRI: Driss Benhima, patron de l’Agence du Nord, Abdellah Lahlou, PDG de la CTM, Nourredine Ayouche, PDG de Shem’s Publicité, De Narbonne de l’ONA, etc. On aura relevé aussi de nombreux cadres bancaires dans l’auditoire.De Montbrial s’est penché sur les prochaines élections présidentielles américaines en tentant de projeter d’éventuels changements qu’elles pourraient avoir sur la conduite des affaires internationales. En face de lui, il avait bien un auditoire, à l’image de l’opinion publique dans le monde arabe, pariant sur le candidat démocrate John Kerry. «Il ne peut y avoir une politique aussi démoniaque que celle de Bush», a lancé Jawad Kerdoudi, président de l’Institut marocain des relations internationales dans un violent réquisitoire contre l’administration Bush. Mais entre le désir de voir partir Bush et la vérité des urnes, il y a tout un monde. Le fondateur de l’IFRI a jeté un froid dans l’assistance lorsqu’il a livré son analyse: «Rien ne laisse supposer aujourd’hui que John Kerry a plus de chances que George Bush». Malgré les gaffes du locataire actuel de la Maison-Blanche, l’adversaire démocrate manque de ce petit plus qui en ferait aux yeux de l’Américain moyen, une alternative crédible. En plus, selon les sondages, la majorité des Américains ne sont pas sensibles aux erreurs commises en Irak. Du moins, ils n’en imputent pas la faute au président Bush, explique Thierry de Montbrial. En revanche, ils se montreront sans pitié s’il s’avère que le président leur a menti. C’est un peu le côté religieux de la société américaine, explique le DG de l’IFRI. Si Bush n’est pas en position de perdre, c’est aussi parce que l’opposition lui faciliterait la tâche. En face d’un président qui est en train de patauger dans le dossier irakien, le discours du candidat démocrate ne fait pas encore mouche dans la population parce qu’il est coincé sur un sujet (la sécurité) où il apparaît moins crédible que son concurrent, croit savoir de Montbrial. En tout cas, prévient le patron de l’IFRI, John Kerry ne peut imiter Zappatero, c’est-à-dire retirer les troupes de l’Irak, sous peine de faire l’unanimité contre lui. Et encore, si d’ici là, un attentat d’Al Qaida venait à frapper les Etats-Unis, cela jouerait pour George Bush, car le peuple américain dans un réflexe nationaliste, se regrouperait autour de son chef, tranche l’expert français. Voilà qui rajoute encore plus de brouillard à un contexte difficile à décrypter. La situation électorale est d’une extrême confusion. A date d’aujourd’hui, avoue le patron de l’Institut français des relations internationales devant un auditoire médusé, l’hypothèse la plus vraisemblable est la réélection de George Walker Bush. Néanmoins, rien n’est acquis, car tout peut basculer d’ici novembre «s’il se passe quelque chose», ajoute-t-il. . Quel sera le poids de l’argument économique?Thierry de Montbrial qui vote lui-même pour le candidat démocrate, reconnaît «qu’en l’état actuel des choses, les chances de Bush sont supérieures à celles de John Kerry». Sans compter le trésor de guerre financier du parti républicain, de loin supérieur aux moyens dont disposent John Kerry pour sa campagne. Et l’argent est un élément qui compte dans les joutes électorales aux Etats-Unis.Faut-il s’attendre à un infléchissement de l’administration américaine après les prochaines présidentielles? A priori très peu, quel que soit le prochain locataire de la Maison-Blanche, selon le fondateur de l’IFRI. Avec le sens du pragmatisme de ses concitoyens, George Bush a déjà mis de l’eau dans son vin sur le dossier irakien en reprenant, sans aucune gêne, tout le «package» de Chirac sur le transfert rapide des pouvoirs aux Irakiens. S’il est réélu, il est fort probable que l’on ait un Bush II en matière de politique internationale. L’art du revirement fait partie du pragmatisme de la société américaine. De son côté, John Kerry, malgré un discours internationaliste, modifierait peu de choix de manière radicale. Généralement, l’élection à la Maison-Blanche se joue sur des facteurs intérieurs en raison du nombrilisme de la société américaine. Les électeurs américains sont d’abord soucieux de leurs conditions de vie et de la situation économique. Or, celle-ci n’est pas si mauvaise que ça, diagnostique Thierry de Montbrial. Grâce à leur formidable capacité d’adaptation et de restructuration, les Etats-Unis enregistrent une croissance plus forte que l’Europe. Et contrairement à certaines thèses, ils la doivent moins à l’effet keynésien des dépenses militaires qu’à la capacité de restructuration et au dynamisme de l’économie, confie de Montbrial. Bush peut en revanche trébucher sur ce qui touche directement les ménages américains pour lesquels la notion de taux de croissance est abstraite. A l’inverse de la job-machine des années 90, cette fois-ci, la croissance est moins créatrice d’emplois car les gains de productivité sont plus rapides que l’évolution du PIB. Sous la présidence Bush, l’économie américaine a perdu 2 millions d’emplois nets. Cela pourrait conduire les citoyens américains à sanctionner leur président. Mais il faut se garder de toute conclusion, même si c’est un facteur qui pèserait plus que les «erreurs en Irak», explique Thierry de Montbrial.-Thierry de Montbrial, directeur général et fondateur de l’IFRI, met en garde tous ceux qui voient déjà la défaite de George Bush. Valeur aujourd’hui, dit-il, c’est le président sortant qui a toutes les chances de l’emporter-Abashi SHAMAMBA

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