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Culture

Marrakech, le creuset de la musique populaire

Par L'Economiste | Edition N°:1552 Le 02/07/2003 | Partager

Le Festival national des arts populaires de Marrakech peut être considéré comme l'événement culturel le plus en vue au Maroc, son contenu riche et varié répond bien aux attentes du public annuellement fidèle au Palais Badiî, et ne manque pas d'avoir des implications sur la pérennité de notre folklore.Le festival a certes accusé quelques rides au fil des années, mais cela n'entame pas outre mesure sa renommée et son importance; même ceux qui n'y voyaient plus que routine et répétition, se sont empressés de déplorer la rupture de sa périodicité en 1995.Ce sentiment, mitigé, explique pourquoi encore le FNAP est sujet à des controverses et à des passions, et dire que les avis seront encore partagés sur son avenir.La 38e édition, prévue du 1er au 6 juillet, promet de faire l'essentiel: garder au festival son âme et son image ancrée dans la conscience collective, et dévoiler quelques aspects de la créativité comme ouverture vers l'avenir; c'est un équilibre difficile mais non impossible que les organisateurs, la direction artistique et le staff technique entendent tenir.Cette année, une attention particulière est donnée à la voix, à travers les appels, les chants antiphonaires et alternés, les dialogues, les cris, les cantilènes diverses, mais tout cela sera mis en évidence et mêlé au geste, au mouvement, à la vigueur rythmique; et c'est là où le pari sur une mise en scène dynamique et signifiante revêt tout son intérêt.La plupart des groupes qui entreront en action ont été choisis à la suite d'une prospection entreprise sur la base de critères servant soit le thème principal de la voix, soit soutenant celle-ci comme le voudrait la logique de la mise en scène.Ainsi, seront de la fête pour la 38e édition du FNAP de Marrakech, les groupes suivants (classés par ordre alphabétique):Ahidous Laqbab, Ahidous Aït Hdidou, Aglagal (Taroudant), Ahwash (Ouarzazat), Ahwash (Imintanout), Abidat Rma (Oued Zem), Aqallal (Zagora), Aït Bougemmaz, Awwada d'Agadir, Batoul Marouani (Laâyoune), Bardia de Chefchaouen, Daqqa de Marrakech, Gnawa, Guedra, Hawzi, Hiti de Taounate, Ihiyyaden (Hmad ou Moussa), Jbala de Srif, Mizan Houara, Nhari et Mengouchi d'Oujda, Qalaat Mgouna, Rokba (Zagora), Tagmout (Tata) et Tissint.Pas moins de 500 artistes populaires sont présents, depuis le 24 juin, à des répétitions laborieuses, dirigées par le chorégraphe et metteur en scène Lahcen Zinoun; celui-ci déploie toute son expérience et son art pour que les tableaux folkloriques soient mis en place en même temps que la technique scénique, le système de son et d'éclairage commandé spécialement pour servir l'événement.Parallèlement, une autre programmation se profile, afin que la ville tout entière reçoive l'écho du festival: il s'agit de meubler en musique des places et des lieux différents, notamment Jamaâ-El-Fna, 16 Novembre et le Théâtre Royal; c'est là où le grand public pourra également apprécier nos troupes nationales et 8 troupes invitées de France, Pologne, Sénégal, Egypte, Thaïlande, Norvège et Côte d'Ivoire.Le festival ambitionne de drainer le maximum de visiteurs, nationaux et étrangers. Il s'inscrit dans une vision de tourisme intelligent qui divertit et intéresse, qui informe et valorise notre culture, et qui permet de véhiculer entre les peuples les valeurs de dialogue, de compréhension et de tolérance.Le thème de cette année “Les voix de l'Atlas” fait partie d'un concept nouveau, qui vise surtout à renouer avec les traditions créatives du folklore, en travaillant à chaque édition, un aspect de la poétique et de la composition. Il faudrait insister, désormais, sur l'authenticité, la créativité et la transmission, car nombreuses sont les troupes qui vieillissent mal, qui ne se ressourcent plus, et qui ne ménagent aucune modalité de transmission artistique entre les générations.Plus que jamais, ce festival a besoin du plus grand soutien, les arts populaires n'étant pas uniquement un patrimoine envers lequel nous avons un devoir de conservation et de réhabilitation, mais également le prétexte pour poser en termes spécifiques, les questions essentielles de notre apport à la culture du monde.Pr Knidiri, président du FNAP


>Les voix de l'Atlas

«Revivifier la tradition», tel est le mot d'ordre de cette 38e édition du Festival des arts populaires de Marrakech.En effet, après des décennies d'existence, cette manifestation, devenue au fil du temps, un passage obligé de la vie culturelle de Marrakech, se devait de s'ouvrir vers de nouvelles perspectives pour ne pas se condamner à la répétition des mêmes schémas convenus…C'est pourquoi, forts de la conviction qu'une tradition n'est vivante que par sa capacité de renouvellement, ses concepteurs actuels, particulièrement le musicologue A. Aydoun (directeur artistique du festival) et le chorégraphe Zinoun (metteur en scène du festival), ont entamé un travail de longue haleine dont nous ne percevrons, cette année, que les prémices… La démarche est à la mesure de l'objectif nouveau que s'assigne le festival. En effet, outre le fait de faire connaître ces arts traditionnels, à travers des spectacles qui attestent la richesse et la diversité de ce patrimoine, la démarche se veut désormais plus ambitieuse car elle vise à préserver avant même de “donner à voir”.Grâce à un travail mené patiemment, à la base, et durant toute l'année, avec le plus grand nombre de groupes issus de toutes les régions du Royaume, l'objectif ultime est de restituer aux danses et chants leur pureté originelle. Seul un voyage “en amont” dans le temps mais aussi dans l'espace, à la recherche des lieux et des êtres, qui incarnent encore fidèlement cette mémoire vivante, peut permettre d'échapper à l'uniformisation et à la standardisation croissantes d'un art qui peut à tout moment basculer, en raison du danger pressant de la “folklorisation”, dans le cliché, la répétition, la sclérose…En fait, si l'ouverture sur l'extérieur initiée notamment par ce festival, il y a des décennies, a permis aux arts traditionnels de rencontrer une audience très large tant au niveau du public marocain que des visiteurs étrangers, de s'inscrire de manière quasi irréversible dans une dynamique salutaire de dialogue et d'échange, cela ne s'est pas fait sans conséquences majeures dont il importe aujourd'hui de limiter la portée. En effet, peu à peu, au fil du temps, on a vu la subtilité et la richesse de ce patrimoine s'amoindrir, des gestes convenus remplacer la spontanéité première, réduisant les danses à des versions édulcorées du rituel d'origine…Préserver sans figer, dynamiser sans trahir ni dénaturer… le Festival des arts populaires de Marrakech pourrait devenir le laboratoire d'une nouvelle expérience dont le modèle risque rapidement d'essaimer à travers d'autres villes du Royaume, au profit d'autres formes d'expression de la culture traditionnelle.Mais le chemin est encore long et semé d'embûches et cette nouvelle version du festival mettra sans doute des années, avant de voir véritablement sa tâche s'accomplir…----------------Ouidad Tebbaa, Faculté des lettres et des sciences humaines, Marrakech

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