×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Politique Internationale

Les puissants de Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:568 Le 09/08/1999 | Partager

Roman inédit de Rida LAMRINI

36ème épisode

Aïcha a-t-elle commis un meurtre ?


Résumé de l'épisode précédent

Déjà angoissé par la campagne d'assainissement qui risque de mal se passer pour lui et son entreprise, Amine, le jeune patron, est interrogé par l'inspecteur Bachir, de la Brigade criminelle. Le policier enquête sur le meurtre de Lamia, dont le corps a été retrouvé au fond d'un puits, dans un grand domaine proche de Casablanca. L'inspecteur vient d'annoncer à Amine, interloqué, qu'il est lié à cette affaire de meurtre.

Amine fixe l'inspecteur.
"Quel lien ai-je avec ce meurtre?" fait-il, cachant mal une angoisse naissante.
- Une jeune fille dénommée Aïcha. Elle travaille chez vous, n'est-ce pas?
Amine se met à imaginer le pire. Il refuse pourtant de croire que son employée soit impliquée dans une affaire de meurtre. Tout comme il ne veut pas être lui-même entraîné dans les méandres d'une enquête avec laquelle il n'a rien à voir. Prudemment, il avance:
Effectivement. Mais s'agit-il bien de la jeune fille qui travaille ici? Vous savez, des Aïcha, ce n'est pas ce qui manque.
- Nous avons établi que Lamia vivait seule dans un meublé du quartier Mers Sultan. Elle n'a pas de proches parents à Casablanca. Le concierge de l'immeuble où elle habitait l'a vue la dernière fois le jeudi férié qui a précédé la découverte du cadavre. Ce jour-là, Aïcha avait rejoint Lamia en début d'après-midi. C'était une des rares amies qu'il lui connaissait. Elles ne se voyaient pas souvent. Elles sont sorties ensemble. Il se rappelle même un détail particulier. Aïcha portait un pantalon jaune. Depuis, il ne les a plus revues. Le concierge est cependant affirmatif sur un point. Aïcha travaille chez vous.
- Comment le sait-il?
- Oh vous savez, les concierges des immeubles! Ils font tellement partie du décor que les résidents ne font guère attention à leur présence, même durant leurs conversations les plus intimes! Alors inutile de vous dire qu'ils sont notre meilleure source d'information!
- Que vous a-t-il dit d'autre à propos de Aïcha? demande Amine, subitement inquiet au sujet de cette discrète et souvent mélancolique jeune fille qu'il a embauchée il y a quelques mois.
- Rien, sinon que Lamia n'est plus revenue depuis. Vous comprenez donc l'importance que nous attachons à retrouver Aïcha. Savez-vous où je peux la voir?
- Je regrette inspecteur. Aïcha n'a plus donné signe de vie depuis ce jeudi dont vous avez parlé. Je ne désespère pas de la revoir. Mais, inutile de vous dire qu'après ce que vous venez de m'apprendre, je suis inquiet. Vous permettez qu'à mon tour je vous pose une question? Qu'est-ce qui vous fait penser qu'il s'agit d'un meurtre? Cette personne est peut-être morte à la suite d'une chute accidentelle dans le puits. Ou bien elle s'est suicidée".
Bachir esquisse un sourire. Il ne lui déplaît pas de voir Amine se prendre au jeu du détective.
C'est possible. L'autopsie du corps est toujours en cours. Selon le médecin légiste, la victime serait morte trois ou quatre jours avant, soit aux alentours du jeudi, le jour où Aïcha avait rejoint Lamia chez elle.
- J'étais absent du pays ce jour-là, s'empresse de préciser Amine, comme pour éliminer tout soupçon à son sujet. Pensez-vous sérieusement que Aïcha soit la meurtrière, inspecteur?
- Il est trop tôt pour l'affirmer. Il est vrai qu'à ce stade de l'enquête, elle est notre suspect numéro un. Mais nous pensons que si elle est effectivement l'auteur du crime, elle n'a pas agi seule.
- Inspecteur, c'est vrai que Aïcha travaille chez moi. Je ne la connais pas très bien. Pourtant, je ne la vois pas en assassin. C'est trop invraisemblable. Et puis, quel serait son mobile?
- Monsieur Amine, nous procédons dans nos enquêtes sur la base de faits et non d'impressions. Pour le moment, elle est notre suspect principal. Nous la recherchons activement.
- Je suis peiné d'apprendre qu'elle a disparu dans des circonstances tragiques. Pour ce qui me concerne, comme je vous l'ai déjà dit, je n'ai appris la nouvelle de sa disparition qu'à mon retour. Par contre, mon personnel est à votre disposition. Je doute qu'il y ait encore quelqu'un dans la société à cette heure-ci. Il n'est pas loin de huit heures. Mais laissez-moi voir si je peux mettre la main sur quelques retardataires. Peut-être vous renseigneront-ils mieux que moi.
Amine se dirige vers la porte, il espère rattrapper son comptable, qui est généralement le dernier à quitter l'entreprise.

Avertissement
Malgré la grande familiarité avec la vie casablancaise et le monde du petit commerce ou de la grande finance, les événements et a fortiori les personnages de ce roman sont parfaitement fictifs. Le lecteur qui croirait reconnaître un ami, un ennemi ou une relation d'affaires ferait fausse route.
Pour ceux qui voudraient contacter M. Lamrini: [email protected]

Prochain épisode,
lundi 9 août: La fin d'une dure journée

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc