×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Entreprise Internationale

Les cigaretiers français Seita et espagnol Tabacalera projettent de fusionner

Par L'Economiste | Edition N°:611 Le 07/10/1999 | Partager

· Si l'alliance est menée à terme, elle donnera naissance au quatrième groupe mondial en termes de chiffre d'affaires

Les cigaretiers du Vieux Continent se lancent à leur tour dans la valse des fusions: le Français Seita et le groupe espagnol Tabacalera ont indiqué que des négociations en vue de leur "rapprochement" sont à un stade "très avancé". C'est la première fois que les dirigeants des deux groupes évoquent un projet qui fait pourtant l'objet de rumeurs incessantes en bourse depuis des mois. Vendredi dernier, quelques boursiers bien renseignés ont encore provoqué une nouvelle flambée des cours: en clôture, la Seita et Tabacalera affichaient des hausses respectives de 10 et 7,4%. Sous le regard apparemment impavide des autorités boursières.
"A ce stade, aucun accord n'a été finalisé, certains points restant en discussion, notamment les règles régissant l'actionnariat de la nouvelle société. Dès que possible, ces discussions feront l'objet d'une communication de marché", indiquent les communiqués cousins des deux sociétés. Cette année, l'industrie du tabac a été marquée par deux opérations de grande envergure. D'une part, l'absorption du groupe sud-africain Rothmans (Rothmans, Dunhill, Peter Stuyvesant) par British American Tobacco (Lucky Strike, Kent, Benson and Hedges).
D'autre part, le rachat par Japan Tobacco des activités internationales de RJ Reynolds. Mais de nouvelles opérations sont attendues sur un marché du tabac qui régresse dans la plupart des pays développés et qui devient même risqué: les fabricants se voient réclamer des sommes colossales devant les tribunaux, et plus seulement aux Etats-Unis, la Seita fait elle-même l'objet d'une plainte déposée par la famille d'un fumeur de Gauloise décédé d'un triple cancer.

Histoire similaire


"C'est une opération que nous attendions depuis mars dernier", s'emballe Guy Francheteau, spécialiste du tabac chez Pinatton Analyse Financière. Au moment de la présentation des résultats 1998 de la Seita, le président Jean-Dominique Comolli avait insisté sur la nécessité d'une alliance européenne. Les deux sociétés ont des profils de croissance similaires. Elles peuvent faire jouer d'importantes synergies dans le domaine du tabac blond et aussi sur le marché du cigare, particulièrement aux Etats-Unis. Elles auront la possibilité de conjuguer leurs forces pour lancer de nouvelles marques. C'est une alliance aussi intelligente que celle de Carrefour et Promodès dans un autre secteur".
Les deux cigaretiers ont en effet vécu une histoire similaire. Privatisée en 1995, la Seita s'est lancée dans un vaste programme de restructurations (fermeture de sites dont l'usine de fabrication de brunes de Tonneins en Lot-et-Garonne, suppression de 556 postes, soit 10% des effectifs, vente de deux immeubles de son siège social). Aux côtés des groupes d'actionnaires stables (GAS) mis en place jusqu'en février, l'Etat a conservé une participation de 5% mais a renoncé à toute golden share "action en or" permettant de s'opposer à certaines décisions stratégiques.

Golden share


Privatisée en 1998, Tabacalera a, elle aussi, entrepris un grand ménage pour doper ses résultats: le plan de restructuration présenté en juillet prévoit la fermeture de huit usines sur quatorze et la suppression de 1.400 postes de travail (soit 15% des effectifs) dans les trois ans.
L'Etat espagnol a souhaité conserver une golden share, mais les analystes estiment qu'il ne devrait pas s'opposer au projet de fusion.
De son côté, Dominique Strauss-Kahn, ministre de l'Economie et des Finances, a déjà posé les limites de son intervention: "Le rôle de l'Etat est modéré, ce sont deux entreprises privées. Je regarde avec précision ce qu'il en est, mais ce sont quand même deux entreprises privées", a-t-il commenté lors de son point presse hebdomadaire. En février 1998, les deux sociétés avaient noué un GEIE (groupement européen d'intérêt économique) destiné à mener en commun certaines opérations de croissance externe. Mais rien de spectaculaire n'avait émergé de cette tentative de coopération. Visiblement, les deux directions ont considéré qu'il est urgent de passer à la vitesse supérieure. o

Jacqueline COIGNARD
Syndication L'Economiste-Libération (France)

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc