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Politique Internationale

Le Maroc, tremplin des Chinois vers le Canada

Par L'Economiste | Edition N°:447 Le 19/02/1999 | Partager

Des Chinois à l'assaut du Québec à partir du Maroc. C'est une nouvelle technique utilisée par le cabinet canadien Barrou-Hebert, spécialisé en droit d'émigration, pour faire face aux critères de sélection canadiens. L'opération, tout à fait légale, dit-on, démarre avec 18 jeunes.

Le Maroc est devenu depuis quelques jours une plate-forme légale pour l'émigration chinoise vers le Canada. Avant la conquête du grand Nord, les Chinois feront désormais escale au Maroc. Le cabinet canadien Barrou-Hebert, spécialisé en droit de l'émigration et installé à Casablanca, se charge des procédures auprès de l'Ambassade du Canada(1). Il est, selon Mme Nadia Barrou, Canadienne d'origine marocaine et avocate associée au cabinet, l'unique au monde à utiliser cette technique d'émigration.
Cet engouement pour l'émigration au Canada est encore renforcé par la politique d'ouverture adoptée, depuis quelques années, par le gouvernement fédéral. Cette politique permet annuellement à 200.000 personnes, de par le monde, de s'envoler définitivement vers le pays des chutes du Niagara. Seulement "le gouvernement fédéral commence à bloquer, officieusement, les demandes d'immigration des ressortissants chinois. Il n'avoue toutefois pas cette politique, car il risque d'être accusé de pratiques discriminatoires", souligne Mme Barrou. A partir de là, ajoute-t-elle, les Chinois tentent de changer de destination et de prendre la direction du Québec. "Les critères de sélection y sont moins contraignants", explique-t-elle. Mais se pose alors le problème de la langue. Les Chinois ne parlent pas français, mais ceci est loin de constituer une entrave pour concrétiser le rêve. Une autre piste est alors exploitée. Il s'agit de faire venir ces jeunes au Maroc afin d'y suivre une formation intensive en langue française. Le choix de l'opérateur de formation n'est pas fortuit, puisque c'est la filiale marocaine de Collège LaSalle Canada qui est chargée de la formation des nouveaux candidats.

18 millions de DH en devises


Aujourd'hui, ils sont 18 jeunes Chinois, âgés de 18 à 24 ans à suivre depuis le 5 janvier 1999 leurs cours de langue. "Les diplômés pourront déposer leur candidature au bout de neuf mois de cours. Ceux n'ayant pas de diplômes devront suivre une formation diplômante au Collège pour une durée de 2 à 3 ans", explique M. Mohamed Tazi, directeur général de Collège LaSalle.
Les ambitions du cabinet Barrou-Hebert ne s'arrêteront pas à cette opération. Il compte, en collaboration avec son partenaire, Collège LaSalle, assurer un flux régulier de 15 jeunes Chinois par mois. "J'espère que les autres groupes ne se heurteront pas aux mêmes problèmes que le premier pour l'obtention de visas", souligne Mme Hebert qui voit dans cette opération un moyen de promouvoir l'image touristique du Maroc. "Le Maroc reste une destination touristique ignorée par les Chinois", explique-t-elle.
Le coût de séjour annuel pour ces jeunes varie entre 50.000 et 60.000 DH (hors prix du billet d'avion), pris en charge en totalité par leurs familles. Mme Barrou explique que "tous sont issus de familles aisées". Ce chiffre inclut les frais de scolarité estimés à 26.000 DH par an et les frais de séjour. Les sept filles et onze garçons sont installés soit à l'hôtel, soit chez les familles des étudiants marocains à Collège LaSalle qui les accueillent contre une somme mensuelle moyenne de 2.200 DH. Cette opération drainera au total aux caisses de l'Etat l'équivalent de près de 18 millions de DH pour toute la période de formation de ces jeunes.
Après les fils de l'Empire du Milieu, le cabinet Barrout-Hebert compte renouveler cette première expérience et partir à la conquête des jeunes du Vietnam qui rêvent du pays de l'érable. Là aussi, Collège LaSalle est associé à l'opération.

Aniss MAGHRI

(1) Le cabinet s'est installé dans un premier temps pour les demandes d'immigration des Marocains avant de lancer cette nouvelle opération.

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