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La Commission de l'UE se pose comme arbitre

Par L'Economiste | Edition N°:353 Le 09/10/1998 | Partager

La Commission de l'UE a décidé d'intervenir dans le sport. Parviendra-t-elle à établir une politique pour la compétition?

Il y a quelques années, la Commission Européenne ne traitait que quelques réclamations relatives au sport. Aujourd'hui, elle enquête sur plus de 50 cas. Son projet de remettre en cause la façon dont elle doit appliquer la politique de compétition au sport n'est pas une surprise.
Une chose est claire: la Commission, corps exécutif de l'Union Européenne, a réalisé que le sport est un gros business qui nécessite une régulation comme toute autre industrie.
Les institutions sportives ont essayé de faire exception aux régulations commerciales de l'UE. Elles veulent que le sport soit défini comme une activité culturelle et non comme un commerce. Ils ont rencontré de fortes oppositions.
Pourtant, ceci ne concerne pas seulement la politique de compétition, mais également la grande politique. La grande popularité du sport en Europe, notamment celle du football et de la course automobile, signifie que la Commission a saisi cette opportunité pour se montrer protectrice de l'intérêt public dans un champ très visible.
Des officiels travaillant au côté de Karel Van Miert, commissaire chargé des compétitions, admettent qu'ils avaient très peu d'idées pour traiter les affaires de sport, lorsque les réclamations ont commencé à s'accumuler il y a près d'un an.
L'approche traditionnelle du cas par cas aurait pu fonctionner au début. Mais la Commission a très vite réalisé que celle-ci ne pourrait plus suffir et pour cause, un grand nombre de cas ont soulevé les problèmes de politique de compétition ayant de graves implications dans le sport à travers l'Union Européenne.
De manière générale, les différents cas traités actuellement par la Commission regroupent deux catégories:
- Des conflits entre les fédérations et les clubs de sport tel le cas du club de rugby anglais contre la "Rugby Football Union".
- Des conflits entre les fédérations et les intérêts commerciaux réclamant plus de liberté pour exploiter le potentiel de profit en sport.
Dans les deux catégories, le thème principal est le même: des forces commerciales exerçant un impact puissant sur le sport. Les clubs, les joueurs, les directeurs de société, les organisateurs des grandes manifestations et les agences de marketing en font partie. Toutes ces forces sont en conflit avec les structures gouvernantes, et les lois ont été établies lorsque le sport n'était pas perçu comme un commerce et que les organisations fondées par des amateurs géraient ce perchoir.
Comme ses conflits se sont aggravés, la Commission a émergé comme le seul corps paneuropéen jouissant de l'autorité pour agir comme arbitre.
Or, ceci n'a pas été très apprécié dans le milieu du sport. Les autorités du football sont particulièrement hostiles à l'idée que quelqu'un puisse douter de leur impact dans les cours européennes. Elles arrivent à peine à l'accepter.
Les officiels de la compétition à la Commission Européenne savent pourtant qu'ils doivent marcher avec prudence dans l'arène du sport.
Plutôt que de se précipiter dans le sujet, ils souhaitent développer une analyse plus approfondie des problèmes complexes en question. Au même moment, ils s'assureront du support politique à leurs initiatives au sein de toute la Commission.
Leur plan consiste à entamer le processus de consultation le plus tôt possible au côté des experts de la Commission en médias et en culture. Parallèlement, ils projettent d'ouvrir un débat sur la manière de développer une politique de compétition cohérente de sport avant Noël.
En dépit de sa détermination à prendre l'initiative, le département de M. Van Miert ne souhaite pas être jugé comme une petite clique d'avocats haut perchée sur une tour d'ivoire à Bruxelles.
Si cette tentative pour établir une vaste politique de sport de compétition à travers l'Europe réussit, la Commission doit avoir la légitimité populaire et politique pour son travail.

Patrick Harverson & Guy de JONGUIERES (Financial Times)
Traduction : Majda Benkirane
L'Economiste

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