×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    L’incompréhensible grève des greffiers

    Par L'Economiste | Edition N°:3502 Le 06/04/2011 | Partager
    Le mouvement se poursuit jusqu’à jeudi 7 avril
    Pourtant, le Conseil des ministres a adopté la réforme
    Les syndicats divergent sur l’opportunité de l’arrêt de travail

    UN air de vacances plane sur les juridictions casablancaises. Presque aucune audience n’a été tenue ce mardi 5 avril… Casablanca ne fait pas l’exception. Le Syndicat démocratique de la justice (SDJ) a, contre toute attente, déclenché une grève de 72 heures et qui durera donc jusqu’à jeudi 7 avril. Ce Syndicat, affilié à la Fédération démocratique du travail (inféodée à l’USFP) compte par ailleurs tenir aussi un sit-in le 22 avril devant le ministère de la Justice pour «dénoncer le clientélisme...», manière de se greffer sur le courant réformateur du 20 février qui souffle sur le Royaume.
    Le Syndicat que mène Abdesadek Essaidi et qui met à genoux tout un secteur revendique une représentativité professionnelle de 75%. Excepté bien entendu chez les magistrats qui n’ont pas juridiquement, au même titre que les militaires, le droit d’être syndiqués.
    Plus de 70 grèves organisées en 2010, selon le ministère de la Justice. Ce qui représente 234.000 de journées de travail perdues, soit 430 millions de DH. Une perte dont d’autres auxiliaires de la Justice, les avocats surtout, ont payé un lourd tribut. A tel point que plusieurs bâtonniers, dont celui de Fès, Azzedine Benkirane, a crié à «la catastrophe» comme nous l’avions rapporté sur nos colonnes. A bout de nerf, les 950 avocats de son barreau avaient insisté à manifester leur ras-le-bol. Ils ne seront pas les seuls puisque une réunion d’urgence a été tenue quelque temps après par l’Association des barreaux du Maroc.
    Cette nouvelle grève risque de relancer la crise. Reste à savoir pourquoi les greffiers déterrent subitement la hache de guerre? La reprise des débrayages se veut une réaction contre le fait que «le gouvernement El Fassi n’a pas respecté le deal du 14 février», selon un communiqué du SDJ. Celui-ci a pour objet la révision, avant fin mars, de l’article premier du décret 403 relatif aux promotions des fonctionnaires de la justice. Sa refonte dépend par ailleurs d’un réaménagement de l’article 4 de la loi relative au statut de la fonction publique. Elle devra faire bénéficier les greffiers d’un statut particulier. Statut auquel ont droit les enseignants, les fonctionnaires de la Santé et ceux du ministère des Affaires étrangères. Justement, le Conseil des ministres l’a effectivement validé le 1er avril.
    De plus, le syndicat dirigé par Abdesadek Essaidi avance que « les négociations autour de la réforme de leur statut n’ont pas été relancées». Son secrétaire général est resté injoignable pour nous donner plus de détails.
    Pourtant, le ministre de la Justice, Mohamed Taib Naciri, avait annoncé le 8 décembre 2010 devant la Chambre des conseillers, que «23 réunions ont été tenues l’an dernier avec les syndicats». Vient, juste après, l’accord capital de mi-février 2011. Est-ce à dire qu’il y a eu «jusqu’auboutisme» de la part du Syndicat démocratique de la Justice?
    Ali Shoul, SG de la Fédération nationale de la Justice, le pense: «c’est une grève injustifiée. Elle nous a mis dans l’embarras lors du dernier round du dialogue social tenu lundi 4 avril». Le syndicaliste estime qu’il est «encore tôt de faire une évaluation de l’accord du 14 février». Une réunion est prévue pour la fin du mois. Shoul reconnait que «le gouvernement a fait preuve de réactivité».
    Ce faux bond du Syndicat démocratique de la justice ne date pas d’aujourd’hui. La Fédération lui a en effet envoyé le 15 septembre 2009, déjà, un courrier où elle «demande qu’il y ait coordination syndicale». Difficile dans ces conditions-là d’avoir des négociations sérieuses. D’autant plus qu’il est naïf de croire que le Syndicat démocratique de la justice ait signé l’accord de la mi-février sans verrouiller au préalable le contenu de la réforme. Sinon, pourquoi avoir mis fin à la grève? La réponse se trouve peut-être du côté de la Fédération démocratique du travail dont «les deux secrétaires généraux» se livrent une bataille de légitimité devant… les tribunaux!

    Faiçal FAQUIHI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc