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Economie

Généralisation et alphabétisation: Les recettes de la Cosef

Par L'Economiste | Edition N°:611 Le 07/10/1999 | Partager

· Adapter l'enseignement à l'environnement direct de l'élève
· Créer une école tournée vers le marché du travail


Aujourd'hui, plus de la moitié des Marocains ne savent ni lire ni écrire. Aussi la généralisation de l'enseignement sera-t-elle l'une des principales priorités de la réforme proposées par la Cosef (Commission Spéciale de l'Education et de la Formation).
Ainsi, la généralisation concerne tous les enfants et jeunes au préscolaire de l'âge de 4 à 6 ans, et au primaire et au collège de l'âge de 6 à 15 ans. Une attention particulière sera accordée à la fille en milieu rural.
Pour faciliter cette généralisation, des actions devront être entreprises notamment en milieux rural et semi-urbain. Il s'agit entre autres de recourir, si besoin est, à la location ou l'acquisition de locaux disponibles et pouvant être aménagés et adaptés aux besoins de l'éducation. C'est là une solution pour combler le déficit en bâtiments scolaires dans l'attente d'en réaliser suffisamment.
Autres actions à mener, l'adaptation des horaires, des programmes et des méthodes pédagogiques à l'environnement de l'élève. Bref, introduire le principe de l'école communautaire dans tous les éléments constitutifs de l'enseignement. Par ailleurs, tous les efforts seront déployés pour faire passer progressivement la proportion des personnes professionnellement qualifiées de 20% actuellement à au moins 50% à l'horizon 2010, précise le rapport de la Cosef. Il sera fait appel, dans ce sens, au partenariat avec les collectivités locales et aux ONG notamment.
La politique de généralisation de la scolarisation sera par ailleurs accompagnée et soutenue par un programme de lutte contre l'analphabétisme qui est considéré par la Cosef comme "une obligation sociale", mais qui est également le plus grand fléau qui tire le plus vers le bas l'ensemble de la société. Ce facteur constitue, selon le projet de Charte, un élément déterminant pour la mise à niveau du tissu économique. L'objectif fixé est la réduction du taux global d'analphabétisme à moins de 20%, à l'horizon 2010 en vue d'une éradication totale en 2015. Parmi les catégories visées par cette politique figurent les travailleurs analphabètes exerçant dans les secteurs de production. Il s'agit de leur permettre d'atteindre les objectifs pédagogiques les aidant à mieux maîtriser leur travail. De plus, et pour faciliter la communication entre les bénéficiaires des programmes d'alphabétisation et les motiver, des bulletins d'information accessibles, des revues spécialisées ainsi que des émissions télévisées sont programmés. Pour compléter ce plan, un programme national intégral d'éducation non formelle est prévu. Il est destiné aux jeunes non scolarisés ou déscolarisés, âgés entre 8 et 16 ans. Il a pour objectif d'offrir à cette catégorie la chance d'une seconde insertion dans les cycles d'éducation-formation. A rappeler que le Ministère de l'Education Nationale expérimente depuis 1997 ce projet, qui bénéficie actuellement à près de 35.000 enfants. Autre volet traité par le projet de charte, l'adéquation du système éducation-formation à son environnement économique. Il est question ici de promouvoir une coopération entre les institutions éducatives et les entreprises. Plusieurs mécanismes seront mis en place afin d'établir des passerelles entre l'enseignement général, la formation professionnelle et la vie active. Il s'agit entre autres de l'apprentissage au sein de l'entreprise et de la formation alternée. Cette dernière bénéficie à 12.000 jeunes au titre de l'année 2000/2001 pour atteindre 50.000 jeunes au cours des 5 années suivantes, note le projet de charte. S'y ajoute la formation continue destinée aux populations en cours d'emploi pour leur sensibilisation et leur mise à niveau. Autrement dit, une école revue et corrigée ouverte sur le monde de l'entreprise.


Déphasage


L'école marocaine est en déphasage avec son environnement économique. Il s'agit là de l'un des dysfonctionnements les plus palpables de la politique de l'enseignement. Dès le départ, l'école avait pour finalité de pourvoir essentiellement aux besoins des structures de l'Etat (administrations, éducations, santé...). Selon une étude citée par le rapport de la Cosef, les jeunes chômeurs interviewés sont unanimes pour souligner le caractère "abstrait" et à la limite de l'"inutilité" de l'enseignement. En bout de course, les étudiants se voient systématiquement écartés du marché du travail à cause de leur manque de qualification, venant ainsi gonfler un peu plus le rang des chômeurs.

Abdelaziz MEFTAH

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