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Fès s’attaque à la pollution des potiers, zelligeurs, dinandiers, tanneurs...

Par L'Economiste | Edition N°:3369 Le 24/09/2010 | Partager

. Les artisans rappelés à l’ordre. La colline de Benjellik squattée par des potiers clandestins C’EST officiel. Les autorités de la ville de Fès sont décidées à lutter contre les activités polluantes du secteur de l’artisanat. De fait, elles ont procédé à la destruction de 168 fours traditionnels (138 à Aïn Nokbi et 30 à Sahrij Gnaoua) dans le cadre de l’opération de transfert des potiers de la ville de Fès au village artisanal Benjellik. L’opération a suscité de vives réactions. Lundi dernier, plus de 60 potiers-zelligeurs ont manifesté leur mécontentement devant la Chambre d’artisanat de Fès. Ce mouvement de protestation intervient peu après la destruction de leurs fours traditionnels par l’autorité locale. Pour les protestataires, il fallait leur donner «un délai d’au moins une année pour assurer la transition vers des fours à gaz non polluants». S’opposant également à l’opération de transfert vers la nouvelle zone d’activité artisanale Benjellik (cf. www.leconomiste.com), ils justifient ce refus par un manque de financement, mais aussi par l’absence de transport en commun. Pour ce qui est des ressources financières, le secrétariat d’Etat chargé de l’artisanat étudie la possibilité d’octroi des crédits en partenariat avec les banques de la place. Selon le département d’Anis Birrou, la réussite de ce programme est tributaire de l’engagement de tous les partenaires. A noter que la délocalisation des activités polluantes à l’extérieur de la ville de Fès est un projet pilote. «S’il réussit, et il va l’être, il sera généralisé un peu partout au Maroc», explique un responsable du secteur. Le coût de réalisation de ce projet (27 ha) s’élève à 33 millions de DH. De quoi regrouper les potiers-zelligeurs de la ville de Fès afin d’augmenter leur productivité, améliorer leurs conditions de travail et leurs revenus et les appuyer, entre autres, en termes d’équipement en fours à gaz, ce qui permettra d’améliorer la qualité et le volume de la production et de réduire l’impact négatif sur l’environnement. Ainsi, les artisans optant pour le transfert bénéficient d’un appui allant du montage du dossier, le suivi, jusqu’à l’aide à l’acquisition des fours à gaz qui atteint 60% du financement. Mais cette aide ne sera déboursée qu’en février 2011. En tout cas, à Benjellik, une cinquantaine d’unités sont en cours de construction. Non loin, plus de 80 potiers clandestins squattent une montagne depuis plus d’un an. Echappant à tout contrôle, ils ont creusé des tunnels et opèrent quotidiennement des pillages de grosses quantités d’argile. L’autre activité polluante de la ville est celle des dinandiers. Ces derniers ont eu également leur zone. Située au quartier Aïn Nokbi, et ayant bénéficié d’un investissement de plus de 170 millions de DH, elle vise à regrouper les dinandiers opérant dans la médina de Fès, augmenter leur productivité, améliorer leurs conditions de travail et leurs revenus. «Nous allons accompagner de façon efficace les mono-artisans pour répondre à la problématique de la production», affirment les responsables du secteur. S’agissant de la tannerie, une activité ancestrale au Maroc, les dirigeants de la ville mettent sous la loupe une quarantaine de tanneries qui rejettent leurs eaux usées dans le Sebou.Au total, 100 tonnes de chrome sont rejetées annuellement dans la rivière du Sebou. Sur ces 100 tonnes produites, 40% sont traitées dans la station de déchromatation déjà existante. Pour réduire la pollution, les tanneries traditionnelles utilisent des matières principales naturelles: il s’agit de la chaux vive, de la grenadine, de la fiente de pigeon, du son de blé ou encore de l’écorce d’arbre. Dans la tannerie Chouara, à titre d’exemple, on traite jusqu'à 2.000 peaux de mouton par jour. La visite d’Anis Birrou, il y a quelques semaines, a été vivement appréciée. Les tanneurs lui ont demandé son appui. Leurs doléances ont porté, entre autres, sur le manque d’effectifs, la baisse du chiffre d’affaires et la détérioration de la compétitivité. En tout cas, le soutien de cette activité permettrait de préserver l'emploi et sauvegarder une activité économique et un pan important de l'artisanat national.


Augmentation de 500%

Les objectifs escomptés par le Plan de développement régional de l’artisanat (PDRA) visent 2,7 milliards de DH de chiffre d’affaires global à l’horizon 2015, soit une progression de 10% par rapport à 2006. Dans le détail, il est notamment question de réaliser un chiffre d’affaires de 181 millions de DH à l’export, soit une augmentation de 500% par rapport à 2006, et de créer quelque 24.500 emplois permanents. Pour atteindre ces objectifs, l’appui à la production et à la commercialisation des produits des mono-artisans, la restructuration des PME et la qualification des artisans (formation), sont prévus.De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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