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    Economie

    Crise financière: L’effet de contagion se confirme

    Par L'Economiste | Edition N°:2872 Le 02/10/2008 | Partager

    . Une semaine cruciale pour la finance internationale . Défaillances en série en Europe . Mobilisation générale: banques centrales et gouvernements Le rejet du plan de sauvetage américain de 700 milliards de dollars par les représentants américains a de nouveau provoqué des remous. Mais cette fois-ci, c’est la panique qui s’empare des Bourses internationales. Ce plan représentait l’unique espoir de faire face aux risques de contagion de la crise financière à travers le monde. L’annonce a provoqué une chute d’une ampleur sans précédent à Wall Street, déjà déstabilisée par la débâcle de la banque Wachovia. Cette dernière a été rachetée par Citigroup, faisant d’elle la 5e institution financière américaine acculée à la faillite ou au rachat en deux semaines, après Lehman Brothers, Merrill Lynch, AIG et Washington Mutual. Le Dow Jones a perdu 6,98%, soit une perte jamais vue pour une même journée en plus de cent ans. Les valeurs financières plongent et avec elles les valeurs technologiques réputées stables. Anticipant sur une réduction de la demande, le cours du baril de pétrole clôture en repli, sous la barre des 97 dollars. Les places latino-américaines plongent d’abord, Sao Paulo clôture en baisse de plus de 9% après avoir suspendu ses échanges pendant une demi-heure. Les 2 Bourses de Moscou, suspendues lundi dès l’ouverture sur ordre du régulateur financier, ont rouvert mardi et affichaient des baisses de 1,36% et 4,11%. Contaminés aussi, les indices boursiers asiatiques et européens ne sont pas en reste, la quasi-totalité des places financières ont ouvert dans le rouge. Le Nikkei a abandonné 4,12% à Tokyo. A la même heure, le Straits Times chutait de 2,37% à Singapour. Mardi à 07h15 GMT, le Footsie cédait 2,95% à Londres, le Dax 2,46% à Francfort et le CAC 40 2,69% à Paris. Lundi, il avait clôturé en repli de 5,04%. De nouveau, les Bourses européennes sont dans le vert, sur fond d’espoir d’un revirement au Congrès américain concernant le plan Paulson et le plan de sauvetage de Dexia. Après la débâcle de lundi, la Bourse de Paris repart en hausse, le CAC 40 prenant à 9h30 GMT 10,25 points. Quand le marché touchera-t-il le fond? Personne ne semble savoir quoi faire, ni quand cela va s’arrêter. Tous les yeux sont à présent rivés sur Wall Street, les experts se demandant comment l’indice américain va réagir. Côté politique, on se mobilise également. Les gouvernements belge, français et luxembourgeois ont décidé mardi 30 septembre d’injecter 6,4 milliards d’euros dans le bancassureur franco-belge Dexia, spécialisé dans les prêts aux collectivités locales, 2e victime en Belgique de la crise financière après le belgo-néerlandais Fortis.Lundi, le titre Dexia avait dévissé de près de 30% et la cotation du titre a été suspendue mardi à Paris et Bruxelles. «Notre ambition était d’avoir une implication politique très forte pour envoyer un signal» aux marchés, a déclaré le premier ministre Yves Leterme en sortant de la réunion. La nationalisation partielle de Fortis n’a cependant pas eu les effets espérés, le titre ayant perdu encore 23,7%, lundi. Son titre perdait à nouveau plus de 7% mardi matin à l’ouverture à la Bourse de Bruxelles. La liste des victimes ne cesse donc de s’allonger. La banque américaine, Wachovia, rachetée par Citigroup lundi, la nationalisation de la banque Bradford & Bingley au Royaume-Uni, l’aide accordée à Hypo Real Estate en Allemagne, grâce à une ligne de crédit de 35 milliards d’euros garantie pour l’essentiel par l’Etat. En Italie, mardi, l’action UniCredit continuait sa chute à l’ouverture de la Bourse de Milan et était suspendue pour avoir franchi la limite de baisse. Le gouvernement français a décidé d’annoncer, d’ici la fin de la semaine, des mesures pour inciter les banques à continuer à accorder des crédits aux particuliers et aux entreprises. Le Premier ministre belge, Yves Leterme, n’est pas rassurant. Il a estimé mardi que le système bancaire n’était pas encore sorti de la «zone de danger», tant en Belgique que dans d’autres pays d’Europe. «Nous restons très vigilants… Il va sans doute aussi se passer des choses dans d’autres pays», a-t-il déclaré.La suite du processus était incertaine. Le rejet du plan «ne peut rester en l’état» et «il faut aller de l’avant», avait dit un peu plus tôt Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants. Son porte-parole estimait en revanche que «plusieurs options» étaient encore possibles, le Sénat, qui devait voter après la Chambre, étant censé siéger mercredi. Un nouveau scrutin éventuel ne devrait en tout état de cause pas intervenir avant jeudi 2 octobre, le Congrès étant théoriquement fermé mardi et mercredi pour le Nouvel an juif.


    Le malheur des uns…

    Le marché bancaire américain serait bientôt dominé par 3 banques offrant la totalité de la gamme des services financiers. JPMorgan Chase, Citigroup et Bank of America ont en effet profité de l’effondrement de plusieurs de leurs rivales pour étoffer leurs activités, en se développant dans des régions ou des métiers qu’elles ne maîtrisaient pas jusque-là. JPMorgan Chase a mis la main en mars sur la banque d’affaires Bear Stearns, qui lui a permis de développer son activité de services aux fonds d’investissements («prime brokerage»). La semaine dernière, elle a racheté les activités bancaires de la banque Washington Mutual: sa présence jusqu’ici très réduite sur la façade Pacifique en banque de détail va ainsi s’en trouver renforcée. Avec près de 239.000 employés et 5.400 agences dans 23 Etats américains, elle assure pouvoir servir jusqu’à 42% de la population américaine. Citigroup, quant à elle, a accru sa présence dans la banque de détail américaine, en s’emparant des activités bancaires de Wachovia.Enfin, Bank of America est devenu le numéro 1 américain du crédit hypothécaire, en s’emparant de Countrywide en janvier, puis de la vente de produits financiers auprès des particuliers en reprenant la banque d’affaires Merrill Lynch. Elle reste en tête par le nombre d’agences bancaires aux Etats-Unis (6.100) et par les dépôts (663 milliards de dollars).


    Des liquidités, encore et encore

    Les grands argentiers tentent d’enrayer la crise. La Banque du Japon a encore injecté mardi 19,5 milliards d’euros dans le système bancaire nippon, intervenant pour la 10e journée ouvrable consécutive pour lutter contre l’assèchement du marché du crédit. La Fed a doublé lundi à 620 milliards de dollars les lignes de crédit qu’elle accorde aux autres banques centrales. Et la Banque centrale européenne a annoncé le même jour qu’elle prêtait 120 milliards d’euros aux banques commerciales pour une durée de 28 jours. Pour la seule journée de mardi, la BCE a injecté 30 milliards de dollars sur le circuit bancaire de la zone euro.Jihane Kabbaj

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