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Politique Internationale

Comment est née la légende Calvin Klein

Par L'Economiste | Edition N°:625 Le 27/10/1999 | Partager


· Calvin et son copain d'enfance à la tête d'un des plus grands empires de la mode
· Effervescence dans le microcosme de la mode suite à l'annonce d'une éventuelle opération de rapprochement


C'est l'histoire de deux copains du Bronx et d'une boîte de sardines. En avril 68, Martin Luther King vient d'être assassiné, les émeutes secouent New York et les Etats-Unis. En se rendant à l'épicerie familiale, Barry Schwartz trouve le magasin de son père saccagé. Calvin, son copain d'enfance, lui conseille de ramasser tout ce qui traîne encore dans des sacs en plastique, emporte les sardines, "son plat préféré", et convaint Barry de le suivre "dans une nouvelle aventure pour vendre des manteaux".
L'espace d'un après-midi, la légende "Calvin Klein" venait de naître. Trente ans plus tard, Calvin Klein et Barry Schwartz sont à la tête d'un des empires de la mode les plus connus dans le monde. Klein, le créateur, a su imposer sa griffe et ses produits, Schwartz, lui, est resté dans l'ombre à tenir les clefs de la maison.
Selon les experts, le groupe, qui ne rend pas ses comptes publics, a un chiffre d'affaires annuel d'environ 4 milliards de Dollars. Et il y a quelques semaines, il a provoqué un véritable séisme dans l'univers de la "fashion industry".

Position de force


Dans un communiqué publié le 6 octobre, Calvin Klein, le vice-président de CK Industry, annonçait en effet "qu'il réfléchissait à une nouvelle stratégie d'expansion", évoquant "une fusion ou une alliance". Il précisait avoir engagé la banque d'affaires Lazard Frères comme conseiller financier.
Depuis, c'est la folle effervescence dans le microcosme de la mode. La presse américaine a fait ses gros titres en annonçant que "Calvin Klein était à vendre", tous les noms d'acheteurs potentiels ont circulé et les spéculations vont bon train. Depuis son immeuble de Manhattan, Calvin Klein refuse les interviews et Lazard Frères ne fait pas de commentaires. "Tout ce brouhaha est un peu normal", confie une source proche du groupe, "car Calvin Klein est l'un des noms les plus convoités du milieu. Pour l'instant, tout est possible. La compagnie considère toutes les options et la vente en est une. Mais il n'est pas question pour CK de se précipiter, le groupe est dans une position de force et entend bien l'exploiter".
Tous les experts s'accordent ainsi sur un point: si vente il y a, cela ne signifiera nullement la disparition de la marque Calvin Klein et de son créateur. Plutôt l'opposé. "C'est une question d'opportunité", assure Ed Nardoza, le rédacteur en chef de "Women's Wear Daily", la bible de l'industrie de la mode outre-atlantique, "s'il vend le groupe, Calvin Klein essaiera d'obtenir le meilleur prix, et surtout il gardera le contrôle de toutes ses activités. Dans l'univers de la mode comme partout, c'est l'ère de la globalisation. Nous avons vu de nombreuses alliances ces temps-ci, Pinault et Gucci, Prada et Jil Sander.

Au bord de la faillite


D'autres ont également décidé de s'introduire en bourse. Mais jusqu'à présent, CK était resté à l'écart de tout cela. Il semble désormais que Calvin Klein ait décidé que, pour poursuivre sa croissance et conserver sa popularité, il devait avoir plus de moyens, donc trouver un partenaire".
Le groupe se souvient encore de l'année 1992 où CK Industry était au bord de la faillite, et présentait un passif de 62 millions de Dollars en "junk bonds". Il fallait l'intervention de l'industriel milliardaire David Geffe, un ami de Klein, pour que la machine puisse repartir. "Nous nous sommes rendus compte que nous avions les produits", précise à l'époque Barry Schwartz, "mais nous n'avions pas une politique suffisamment tournée vers l'extérieur". Dès lors, la compagnie va redéfinir ses objectifs et développer ses implantations à l'étranger. CK engage Gabriella Forte, une ancienne pointure de chez Armani, comme directeur exécutif. Très vite, le groupe ouvre des magasins à Milan ou à Hong-Kong, signe de nouveaux contrats au Japon.

Bulle dorée


Aujourd'hui, c'est donc cette stratégie "d'internationalisation" qui semble avoir poussé Calvin Klein à sortir de sa bulle dorée. "En fait, il y a trois priorités désormais", indique une autre source, "CK veut multiplier ses magasins dans le monde, notamment en Asie, où le groupe n'est toujours pas suffisamment présent. Ensuite, il s'agit de renforcer encore un peu plus la branche accessoire, en se lançant notamment dans la vente de sacs de voyages ou de produits pour la maison. Enfin, le dernier effort porte sur une ligne de maquillage qui devrait être prête pour l'an 2000. Autant de projets qui ont poussé Klein et Schwartz à se mettre sur le marché".
Alliance, fusion, acquisition, quel que soit le schéma, les prétendants sont déjà nombreux. Côté européen, LVMH, Prada ou même Pinault-Printemps Redoute auraient fait part de leur intérêt.
En Amérique, Warnaco, qui possède la filiale des sous-vêtements CK, est également un sérieux concurrent. "Ce qui est sûr", constate Ed Nardoza, "c'est que les enchères vont monter et que cela nous promet de sérieuses empoignades. Racheter Calvin Klein, c'est la plus belle opération de l'année!". Après la confrontation épique pour le contrôle de Gucci, la bataille pour Calvin Klein ne fait que commencer.

Fabrice ROUSSELOT
Correspondant à New York
Syndication L'Economiste-Libération (France)

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