×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Courrier des Lecteurs

Chronique des changes : Bilan de l'année 1992

Par L'Economiste | Edition N°:61 Le 07/01/1993 | Partager

Une des illustrations de la politique de stabilité du Dirham poursuivie - et explicitement soulignées - par l'Institut d'Emission se trouve dans le fait qu'un même niveau de cours (liant la moyenne par excellence des principales devises européennes qu'est l'Ecu d'une part, et le Dirham d'autre part) fut coté les 31 Décembre 1992 et 1991 (soit une année auparavant jour pour jour: DH 10,91 cours milieu de fourchette Achat/Vente).

En fait, cette stabilité a masqué de fortes variations bilatérales de notre monnaie vis-à-vis des devises cotées par Bank-AI-Maghrib. Qu'ils se soient inscrits en baisse ou en hausse, les chiffres de variation des cours du Dirham par rapport aux devises étrangères cotées au Maroc (à l'exception de 3 d'entre elles: le Dollar canadien, le Franc suisse et le Dinar tunisien) sont pour l'année 1992 plus élevés que pour 1991. Les baisses du Dirham se sont échelonnées de -0,5% à -11%, tandis que les hausses, plus amples, vont de +6,3 à +25%.

Cela ne doit guère surprendre, car au cours de l'année écoulée, les marchés des changes internationaux eux-mêmes furent parmi les plus volatils depuis la fin du système monétaire international de Bretton Woods en 1971.

1- Au palmarès des hausses au détriment du Dirham, se trouve le Dollar (+11,03% en un an) traînant dans son sillage, le Rial saoudien et le Dirham émirati (qui lui sont virtuellement rattachés, stabilité de la valeur de leurs recettes pétrolières oblige). L'ampleur de l'appréciation du Billet Vert vis-à-vis de l'Ecu (+10,96%) n'est pas étrangère à celle du repli du Dirham exprimé dans la devise américaine (et partant, dans les pétro-monnaies).

2. Pour, la seconde année consécutive, le Yen affiche une avance conséquente puisque son appréciation en Dirhams frôle les 11% (contre +10,30 en 1991). Une fois encore, ce chiffre est à rapprocher de la variation enregistrée par la devise nippone vis-à-vis de la "moyenne" des monnaies européennes (vs Ecu +9,94%), ainsi que de l'indice d'une relative stabilité de la parité Yen/Dollar (+0,08%). L'indice des taux de change effectif (calculé par la Banque d'Angleterre) affiche, lui également, une hausse similaire (+9,70%)

3. Le Mark fut, cette année plus que jamais auparavant, le point d'ancrage du Système Monétaire Européen. Les variations de son cours par rapport au Dirham en ont représenté une parmi les nombreuses illustrations: que ce soit le Franc français (+4,15%), les devises du Bénélux (Florin néerlandais: +4,40%, Franc belge: +4,36%), la monnaie du "cousin germanique", le Schilling autrichien (+4,17%), ou la devise du seul pays scandinave épargné par la tempête monétaire - appartenance à la CEE oblige - (Couronne danoise +4,50 %), tous ont évolué en étroite corrélation avec le Mark (environ +4% vs Dirham).

Les légères différences dans les chiffres d'appréciation ne tiennent qu'au degré du lien (plus ou moins étroit s'échelonnant de +/-0,50% pour les devises du Bénélux jusqu'à +/ -2,25% de marge de fluctuation bilatérale pour le reste) qui rattache ces devises à la monnaie allemande.

4. Si le Franc suisse a pu s'adjuger +2,20% de hausse vis-à-vis du Dirham (en 1991, il lui avait en revanche cédé du terrain), c'est parce que la monnaie suisse a profité des déboires du SME depuis la rentrée 1992; aussi s'est elle appréciée de +2,70% par rapport à l'Ecu, son indice TCE gagnant pour sa part +2,20%. Ce ne sont donc ni la faible croissance de l'économie helvétique au cours de l'année 1992 (+0,2% après 0% en 1991), ni le "Non à l'Europe" implicite dans le refus de la Suisse d'adhérer à l'Espace Economique Européen (EEE: CEE+6 pays de l'AELE), qui étaient de nature à soutenir la monnaie d'un pays, certes très riche, mais dont l'attrait économique et géopolitique se perd depuis la fin de la Guerre Froide, avec la construction d'une Europe unie - malgré les vicissitudes actuelles - "à la Maastricht".

5. L'Escudo portugais a terminé l'année en hausse de +1,70% par rapport à ses cotations de l'an dernier à Rabat, ce qui représente un record de "résistance" quand on sait que cette devise a fait l'objet d'une dévaluation en Novembre dernier de -7% au sein du Système Monétaire Européen. Le chiffre de +1,7% est étroitement corrélé à +1,13% que la monnaie lusitanienne s'est adjugé par rapport à l'Ecu, au prix cependant d'un renversement (à notre avis temporaire) de la politique de détente des taux d'intérêt que les autorités monétaires portugaises poursuivaient patiemment depuis l'entrée de l'Escudo dans le mécanisme de change.

6. Les devises respectives du Royaume-Uni, de l'Italie et de l'Espagne ont sanctionné la moindre convergence des économies de ces pays par rapport à la "norme maastirichtienne" telle qu'on peut l'observer dans les économies française, belge ou néerlandaise. Les marchés des changes ont rappelé aux autorités de ces pays que l'on ne peut indéfiniment et surtout impunément - malgré quelques louables efforts réformateurs dispensés ici ou là comme en Italie, la suppression de l'Echelle Mobile des Salaires, ou l'élaboration d'un drastique Plan de réductions budgétaires, dit Plan Amato - utiliser la politique monétaire (et ses taux d'intérêt "assassins") comme substitut aux disciplines budgétaires et de sage croissance tant des revenus que des prix. Les deux monnaies en congé du SME depuis la mi-Septembre, la Lire italienne et la Livre sterling cèdent au Dirham respectivement -12,82% et -9,92% de leur valeur, dans la logique de leur repli généralisé - indique TCE en recul de -15,80% et -11,80%, dont -15,56% et 11,33% cédés à l'Ecu, et 28,29% et -23,78% respectivement cédés au Dollar américain.

La Pésète espagnole, malgré deux dévaluations successives de -5% et -6% au dernier trimestre de 1992, elle, ne laisse au Dirham que -6,36%.

Brahim BENJELLOUN-TOUIMI

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]m
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc