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Banques: Hausse des créances en souffrance

· Nouveauté: Tous les secteurs sont touchés

Par L'Economiste | Edition N°:457 Le 05/03/1999 | Partager

Les crédits en contentieux auront été aux alentours de 12% pour l'année 1998, niveau sans précédent pour le système bancaire. La nouveauté est dans le fait que tous les secteurs sont concernés. De quoi rendre les banques circonspectes et les emprunteurs encore plus critiques.


Le montant moyen des crédits en contentieux a encore augmenté l'année dernière. En moyenne, il va se situer aux alentours de 12%, le taux étant très variable d'une banque à l'autre. C'est un demi-point de plus que pour l'exercice 1997 qui lui-même était en augmentation par rapport aux années précédentes.

Les PME très exposées


"Le niveau est devenu inquiétant, note un banquier, surtout au moment où nous avons à faire à de fortes pressions en faveur de la baisse des taux".
Néanmoins, l'accroissement du niveau de crédit en contentieux et/ou compromis menace de devenir un point noir pour le système bancaire.
"L'évolution des crédits risqués reste relativement stable, mais élevée par rapport aux objectifs fixés", s'accordent à dire La Société Générale et BMCE-Bank. Leur analyse reflète celle de leurs consoeurs et concurrentes, mais qui ne souhaitent pas être citées.
L'ensemble des secteurs sont concernés par l'accroissement des contentieux (tous types de problèmes confondus, par rapport à la définition posée par les mesures prudentielles). "Les crédits en contentieux avec les PME ne représentent pas la masse la plus importante, note le responsable d'une banque en vue, mais leur nombre est très important". C'est une catégorie d'entreprises particulièrement exposée, conclut-il.
En cause, la fiabilité des comptes et des programmes d'investissements de ces entreprises. Les documents ne reflètent pas toujours la situation réelle ou encore sont "mal présentés". "Ce que cherche le banquier dans une PME, c'est une structure financière saine, un projet viable et un savoir-faire", répète un banquier qui ajoute: "Et cela ne court pas les rues, croyez moi".

Le pire est-il à venir?


Le dialogue de sourds continue, alors que le niveau des crédits à risque menace d'augmenter.
En effet, certaines entreprises ne se sont pas encore préparées pour l'ouverture des barrières douanières, notent généralement les banques. Les entreprises les plus touchées seront celles qui sont exclusivement orientées sur le marché domestique. "D'autant plus que l'économie d'échelle est quasi absente dans ces entreprises", souligne M. M'fadel El Halaissi, directeur de la Direction de l'Investissement et des Marchés Clientèle de BMCE-Bank.
A titre d'exemple, M. Pierre Glémot, directeur du Contrôle des Risques à la Société Générale, souligne qu'il ne faut plus raisonner en termes de risques sectoriels, mais en termes d'entreprise individuellement.
C'est vrai même dans le textile: "Les difficultés relevées ne sont pas générales à un secteur, mais sont liées aux spécificités de quelques entreprises". A bon manager, salut...


Les vieilles casseroles


Le tourisme et la pêche ont laissé des contentieux importants au cours de ces dernières années."Mais le plus gênant, note un banquier de premier plan, c'est la lenteur du règlement judiciaire". Il explique que là où il faudrait 24 à 36 mois pour solutionner une défaillance dans ces deux secteurs, les décisions jurdiciaires n'apparaissent qu'au bout de 60 mois, c'est-à-dire 5 ans après le déclenchement de la crise.
Les crédits étaient politiques, dans le sens où ils entraient dans une stratégie orgnanisée, à l'époque, par le gouvernement. Mais la sortie des problèmes est tout aussi politisée. Ce qui n'est pas fait pour accélérer les règlements.
Ces contentieux pèsent sur le niveau de risque général que présente l'économie marocaine. Ce n'est pas fait pour rendre les banquiers très audacieux.


La garantie: La pomme de discorde

· Une investigation du CMC


Le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) vient de réaliser une étude sur les garanties bancaires et leur poids dans l'obtention de crédits. L'étude a été publiée dans le numéro de février 1999 de la revue du Centre. Les banques de dépôt accordent un poids déterminant aux garanties, souligne le CMC.
En tout cas, à fin septembre dernier, les crédits consentis en contrepartie de garanties réelles venaient en tête de liste, avec 52,44 milliards de DH.

Garanties personnelles: Pas de garantie?


Ils représentaient ainsi 55% de l'encours des crédits accordés par les banques de dépôt à cette date et qui s'élevait à 95,86 milliards de DH. Quant aux crédits ayant bénéficié de la garantie de l'Etat, leur part ne dépassait guère 3% des crédits octroyés par l'ensemble des banques à fin septembre.
Pour leur part, les crédits octroyés via des garanties personnelles ou en l'absence de garanties constituent 42% de l'enveloppe distribuée. Les deux catégories ont été classées ensemble par l'étude du CMC. Juridiquement, il ne s'agit pas du tout du même processus. Mais souvent les banques considèrent qu'une garantie personnelle n'est qu'une formalité sans importance. Il y a à ce niveau de grandes ambiguïtés.
Les garanties servent pour l'essentiel (62%) de contreparties pour les crédits de trésorerie dont l'objectif est de financer le cycle d'exploitation des entreprises.
A souligner que ce type de crédit a enregistré une croissance annuelle de l'ordre de 11% entre 1993 et fin septembre 1998. En revanche, et à la même date, les crédits d'habitat ont enregistré une croissance annuelle plus importante (14%), sachant qu'ils s'élevaient à 15% du total. Les crédits d'équipement, quant à eux, ne dépassaient guère 10,4% à fin septembre 98, avec une croissance annuelle de 8,4% seulement.
Les crédits de promotion des exportations, eux, ont enregistré un net recul de 7,5% par an en moyenne à la même date.

Rafik IKRAM

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