Politique Internationale

Année du Maroc en France: Retard sur toute la ligne

Par L'Economiste | Edition N°:300 Le 16/10/1997 | Partager

Patrimoine et modernité sont les deux axes de «l'Année du Maroc en France» prévue pour 1999. Le programme des activités culturelles sera rendu public dans six mois. Le budget consacré à couvrir les frais de cet événement n'a pas été non plus arrêté.


LA conférence de presse sur «l'Année du Maroc en France» a démarré par un flottement dans l'organisation. Un retard d'une petite demi-heure ajouté à l'absence de toute documentation ont levé quelques coins de voile d'une improvisation et d'une lenteur qui semblent caractériser la préparation de cette manifestation prévue pour 1999. Cette première sortie publique du Comité d'Organisation était marquée par l'absence de son président, M. Ahmed Snoussi. La rencontre avec les journalistes a eu lieu le 9 octobre dans les locaux du Ministère des Affaires Etrangères.
Visiblement, les moteurs de cette fusée nommée «Année du Maroc en France» ne sont pas encore allumés. La piste de décollage n'est pas non plus balisée et localisée.
D'ailleurs, M. Frédéric Mit-terrand, commissaire général côté français, a été clair en guise d'intro-duction: «le programme n'est pas arrêté». Il faudra donc attendre six mois pour découvrir l'organigram-me complet de cette manifestation».

A une année du lancement de la manifestation, les organisateurs sont à peine à leur deuxième réunion plénière. Ils ont retenu deux pôles de réflexion autour desquels s'articuleront les activités à proposer. Le premier axe porte sur «la modernité du Maroc», sa vitalité et les réponses originales que ce pays apporte aux différents défis qu'il affronte, lance d'entrée de jeu M. Mitterrand. Cette spécificité de la culture marocaine sera mise en relief à travers des pièces de théâtre, le cinéma et des documentaires TV notamment.
Le second axe concerne l'enracinement du Maroc dans sa civilisation et son histoire. Il s'agira de montrer le «patrimoine vivant en mettant en exergue les spécificités locales et les apports extérieurs». Une première exposition sur le patrimoine sera organisée à Paris avant de faire le tour de la France. «L'art de vivre au Maroc» aura comme cadre l'Institut du Monde Arabe (IMA). M. Mitterrand a assuré que les établissements sollicités pour abriter les différentes manifestations ont montré un grand intérêt.

Prise en charge commune


Pour M. Jean-Bernard Raimond, président du Comité d'Organisation, cet événement présentera une occasion pour le public français d'apprécier la civilisation et l'histoire du Maroc. Pour l'ancien ministre des Affaires Etrangères et ambassadeur de France à Rabat, ce sera également une opportunité de mettre en avant les options politiques et économiques actuelles du Maroc.
Les organisateurs soutiennent que le montant de l'enveloppe destiné à couvrir les frais de cette manifestation n'est pas encore arrêté. Ils précisent qu'«il est impossible d'évaluer le montant nécessaire au financement d'une manifestation d'une telle ampleur». La seule indication avancée tient à la prise en charge qui sera à parts égales entre les deux pays. Les musées et les salles qui abriteront toutes les activités devront mettre la main à la poche. La contribution des sponsors des deux côtés de la Méditerranée est également retenue.

M. Tajeddine Baddou, commis-saire général du côté marocain, envisage d'éviter les manifestations spectaculaires puisqu'elles restent sans effets. Il cherchera à concentrer les efforts sur les démonstrations qui «auront des lendemains». D'ailleurs, le projet d'un centre culturel marocain à Paris devra se réaliser dans le sillage de cette manifestation.
En outre, cet événement est présenté, non seulement comme un élément important dans la relation maroco-française, mais aussi un pivot capital de la stratégie globale du Maroc dans le monde. Dans le cadre de la prochaine zone de libre-échange, il s'agit de préparer les esprits au partenariat. L'année du Maroc en France est une occasion précieuse pour quitter cette fin de siècle et accueillir celui qui arrive.
Il est à signaler qu'au début des années 90 une manifestation similaire qui devait avoir lieu en France avait avorté. L'énorme travail de préparation élaboré à l'époque devra en principe enrichir cette édition. Sur ce registre, M. Baddou a précisé que les temps ont changé. «Le Maroc est différent, mais des projets pourront être repris s'ils répondent aux attentes précises».

Mohamed CHAOUI

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