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Affaire Ansar Al Mahdi
Ezouhri, le recruteur du groupe

Par L'Economiste | Edition N°:2361 Le 14/09/2006 | Partager

Dans nos éditions du 12 et 13 septembre, nous avons dressé les portraits de Hassan Khattab et Yassine El Ouardini, respectivement émir et chef du bras armé du groupuscule intégriste Ansar Al Mahdi, démantelé fin juillet dernier. Aujourd’hui, nous nous intéressons à Ezouhri, un membre de la cellule de Salé chargé du recrutement d’éventuels activistes. Et ce, à travers les déclarations des prévenus consignées dans le rapport de la BNPJ. En cours d’instruction devant la cour d’appel de Rabat, ce dossier fait l’objet d’une polémique, certains s’interrogeant sur l’ampleur des faits rapportés.. Ce vendeur de fruits et légumes encourageait les «frères» à rejoindre sa cellule. Prière, exercices physiques… pour mieux se préparer au JihadToute organisation, fut-elle terroriste, a besoin de ressources humaines. Le commandement du groupuscule Ansar Al Mahdi, qui a été démantelé fin juillet dernier, l’avait bien compris. Hassan Khattab, son émir (cf. nos éditions du 12 et 13 septembre 2006:www.leconomiste.com), a chargé son lieutenant et chef du bras armé, Yassine El Ouardini, de le faire. Ce dernier a délégué ce pouvoir à l’un des membres de sa cellule: Mohssine Ezouhri. Comment le recruteur a-t-il été recruté? Qu’est-ce qui a poussé ce jeune natif de Salé à prendre le chemin de l’intégrisme?Mohssine Ezouhri est né en 1981 à Douar Draou à Salé. A l’âge de 6 ans, il apprend la couture traditionnelle de vêtements pour femmes. Quelques années après, il devient vendeur ambulant de parfums devant la sortie des mosquées. Le commerce le séduit et Ezouhri arrive à décrocher un petit magasin de fruits et légumes au marché de Rostal à proximité de la mosquée Soudan à Tabriquet (Salé). En 2002, le vendeur de fruits et légumes commence à faire régulièrement sa prière à la mosquée du Soudan. «C’est mon frère Hicham (ndlr: actuellement à la prison d’Oukacha de Casablanca pour une affaire de terrorisme) qui m’a toujours conseillé de suivre le bon chemin», explique-t-il dans le rapport de la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ). A la mosquée du Soudan, il fait la connaissance de quelques «frères» qui le poussent à assister aux prêches organisés dans les locaux de la Jamaat Al Balagh et Attabligh dans le quartier Rostal. Les prêches avaient lieu tous les jeudis après la prière du soir (Al Ichaa). Les sujets débattus tournaient autour de la vie du Prophète et de ses compagnons. Ezouhri rencontre Khattab, pour la première fois, lorsque ce dernier animait un prêche dans une mosquée «informelle» à Hay El Frouki (Salé). Ce jour-là, Khattab avait expliqué à l’assistance que «le Jihad constitue une obligation pour chaque musulman». Après ce prêche, Ezouhri commence à fréquenter le magasin d’épices que tient Khattab à Hay Rahma. Mais ce n’est pas ce dernier qui recrutera le vendeur de fruits et légumes, puisque c’est Badr Bouziki, le réparateur de téléphones portables qui va s’en charger. En 2005, à la sortie d’une mosquée à Douar Cheikh Mfadal, Bouziki trouve Ezouhri devant des étalages d’épices et de parfums orientaux. Après une petite conversation, il lui conseille de suivre «le droit chemin» en respectant les heures de prière et en se laissant pousser la barbe. Séduit, le vendeur s’exécute. Quinze jours après, Bouziki revient à la charge et demande au vendeur d’assister à une rencontre entre «frères» dans la maison de sa belle-famille à Hay Inbiaât à Salé. Une fois sur place, il fait la connaissance d’El Ouardini Yassine, le maître des lieux et chef du bras armé de la cellule, et de Toufik Oukadi. Lors de cette rencontre, Oukadi a insisté sur la nécessité de se tenir prêts pour faire le Jihad. «Il nous a même suggéré d’organiser des sorties à la forêt de Maâmoura pour faire des exercices physiques afin d’entretenir nos corps. Ces exercices étaient programmés tous les mardis et jeudis après la prière d’Al Asr», raconte Ezouhri. C’est en mars 2006 que le vendeur de fruits et légumes saura ce qu’attend précisément de lui Ansar Al Mahdi. Le chef de la cellule de Salé demande expressément à Ezouhri «d’aller à la rencontre de frères qui seraient intéressés de rejoindre leur groupuscule». Ezouhri devient alors le recruteur du groupe. Consciencieux, il démarre rapidement sa mission en accostant trois jeunes. Le premier est un certain Mohamed, 25 ans, porteur au marché du gros (route de Kénitra), il habite dans un bidonville nommé «Dépôt» à Tabriquet. Le deuxième s’appelle Rabii. Il a 26 ans et il est marié et père d’un enfant, vendeur de vêtements de sports dans la galerie marchande de Ouad Eddahab à Rabat. La troisième et dernière recrue s’appelle Rachid. Il a 26 ans et travaille comme vendeur ambulant au marché de gros (route de Kénitra). Les trois nouvelles recrues ont été présentées aux autres membres de la cellule de Salé qui leur ordonnent de se tenir prêts en «renforçant simultanément leur foi et leurs aptitudes physiques». Mais les trois nouveaux membres n’ont plus été contactés après la première rencontre, puisque leur agent de liaison, à savoir Ezouhri, a été arrêté, peu de temps après son émir Khattab.


Hold-up avorté

En 2005, Ezouhri rencontre Mohamed Benyad, imam à la mosquée Mkinssia à Salé. Convaincu de «la nécessité de faire le Jihad pour délivrer les musulmans de leurs gouvernements impies», et devant le manque de moyens financiers, Benyad propose à Ezouhri de voler l’agence de Western Union qui se trouve dans la vieille médina de Salé. Le vendeur de fruits et légumes accepte et propose même d’engager des «frères» afin de mener à bien l’opération. C’est ainsi qu’Aziz Fekak et un dénommé Youssef sont appelés à la rescousse. La bande décide d’attaquer tôt le matin. Ils se rendent à 7h 30 à l’agence et attendent l’employé chargé d’ouvrir les portes. Une fois sur place, ce dernier est surpris par le dénommé Youssef cagoulé et armé d’un couteau le menaçant de lui trancher la gorge s’il n’ouvre pas la porte et la caisse. Terrifié, l’employé s’exécute en suppliant son agresseur de lui laisser la vie sauve. Mais les implorations de l’employé alertent les passants, nombreux à cette heure où tous les travailleurs du quartier s’empressent de regagner leurs postes. Les agresseurs s’enfuient alors sans emporter de butin et l’opération est un échec. Naoufal BELGHAZIDans notre édition du 15 septembre: Amimi, le drogué devenu intégriste

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