Courrier des Lecteurs

Courrier des Lecteurs

Par L'Economiste | Edition N°:4813 Le 14/07/2016 | Partager

Opération Zéro mika

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La charrue avant les bœufs
Le Maroc a mis fin à l’usage des sacs en plastique dans les commerces de manière précipitée. Peut-être nos responsables ont-ils souhaité faire figure de bons élèves avant la COP22. Sauf qu’ils n’ont pas préparé de vraies alternatives. A la fois pour les industriels qui devront se reconvertir, ou les usagers qui devront payer un surplus pour les sacs en papier et en tissu qu’ils auront dorénavant à utiliser. Les producteurs nationaux de ces sacs se comptent sur les doigts de la main, l’offre est limitée et les prix sont chers. L’option du plastique biodégradable n’a pas non plus été explorée. Le principe est évidemment bon. Nous aurons moins de mika qui jonchera notre sol. Mais pourquoi ne fait-on pas les choses dans les règles de l’art? Et puis dispose-t-on des moyens adéquats pour contrôler tous les commerces? J’ai personnellement effectué des achats durant ces deux derniers jours, où l’on m’a allègrement tendu des sacs en plastique. 
A.Z. 

Sacs pas tout à fait interdits!
La loi interdit tout sac en plastique, qu’il soit composé de macromolécules naturelles, artificielles ou synthétiques. Donc, les sacs très fins ou épais en polyéthylène, les sacs en polypropylène tissés ou encore les sacs non tissés à destination du consommateur devraient être interdits. Or, l’on voit, entend et lit beaucoup de choses contradictoires. Les supermarchés et certains commerçants proposent des sacs en plastique qu'ils qualifient de "réutilisable" ou " biodégradable", des sacs en polypropylène tissés, des sacs en polyéthylène non tissés...et laissent croire qu'ils sont autorisés ! La loi est pourtant claire! Elle a été écrite par des spécialistes et vérifiée avant d’être publiée et votée. Avez-vous une idée de ce qu'il en est? Y a-t-il eu des textes d'application? Où peut-on les trouver?
A.S.

Les ratés de l’après-sac  en plastique
Les sacs en plastique n’ont toujours pas disparu des habitudes des marocains malgré leur interdiction depuis le 1er juillet. C’est en tout cas ce que révèle l’article sur le sujet paru dans votre journal du 5 juillet dernier. L’on apprend ainsi avec étonnement que les épiceries, les boulangeries et les pâtisseries continuent encore d’emballer leurs produits dans des sacs en plastique, ignorant ainsi la loi. La commission de contrôle a d’ailleurs déjà remis les premières convocations à ceux qui continuent d’utiliser les «mikas». Parallèlement, Les grandes surfaces respectent la loi en question et proposent à leur clientèle des sacs tissés ou des paniers réutilisables. Je pense à mon avis que ces comportements étaient prévisibles. En effet, il n’y a pas eu de période de transition pour que les différents commerces se «préparent» à cette interdiction des sacs en plastiques. Par ailleurs, un tel comportement s’explique par le fait que le gouvernement a promis d’aider financièrement la reconversion des unités industrielles. Sauf que la plupart d’entre elles opèrent dans l’informel et ne sont pas intégrées au programme.  Faute d’aide, ces vendeurs continueront de vendre les sacs jusqu’à l’épuisement. Quoi qu’il en soit, cette démarche fait honneur au Maroc. Il était grand temps que les sacs en plastique soient pointés du doigt et il était évident que leur suppression n’allait pas être immédiate. A bon entendeur salut!
P.O.

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Autoroute de contournement de Rabat: Une aubaine pour le trafic
Ca y est ! L’autoroute de contournement de Rabat est désormais opérationnelle. Le tronçon, d’une longueur de 42 kilomètres, prend son origine au niveau de l’autoroute existante de Casablanca-Rabat et contourne les agglomérations de Mers El Kheir, Tamesna ainsi que El Menzeh. Un projet qui impressionne avant tout par son pont à haubans réalisé sur l’oued du Bouregreg et baptisé «Pont Mohammed VI». Il s’agit en effet du plus long en Afrique en son genre. Je pense que ce projet permettra clairement de fluidifier la circulation au sein de la région et de soulager le trafic transitant par la ville de Rabat. Il était temps de mettre en application des solutions de ce type car la circulation au niveau de cette région laissait à désirer !
J.U.

Tourisme : Un bilan loin d’être honorable
Ah enfin! Vous vous êtes rattrapés! Sincèrement, j’ai été choqué par votre article publié à la suite de la conférence de presse de notre ministre de tutelle Lahcen Haddad. Votre enquête du vendredi 1er juillet rétablit les choses dans leur vérité : au Maroc, le tourisme est en perte de vitesse grave. L’on aime L’Economiste lorsqu’il enquête sur le terrain pour voir si ce que dit un ministre est vrai. Le soi-disant bilan  du ministre du tourisme  a pour but de tromper les électeurs et l’ensemble du pays ! Notre ministre de tutelle affirme que le tourisme au Maroc s’est bien comporté, affichant «un niveau honorable»  sont ses propres mots. Mais quel niveau honorable? De quoi parle-t-il vraiment? 10,17 millions de touristes en 2015? C'est-à-dire le niveau de la Vision 2010, raté de peu, il y a déjà cinq ans (9,8 millions). Où est le résultat «honorable» quand on a cinq ans de retard? On comprend bien que ni lui ni ses proches n’ont  besoin de trouver du travail sinon il se démènerait un peu plus pour nous. Qu’il vienne voir les hôtels qui abaissent les prix sans trouver de client! Qu’il vienne avec nous, les bazaristes, essayer de vendre notre bel artisanat ! On verra s’il trouve qu’avoir 15% de Chinois en plus, c’est juste un voyage d’affaires organisé avec un petit week-end en plus.
Lahcen A.K. commerçant à Marrakech
 
Commerce des déchets: Que dit vraiment le droit?
Concernant l’édito du 12 juillet consacré à l’énergie et à l’absence d’information: il est très bon, mais il vient trop tard. De plus, je ne vois pas en quoi l'information du public aurait changé quelque chose car il ne connait rien dans ce domaine, sauf les médias...et pas tous!

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Quant à l'erreur commise par la ministre de l’environnement: c'est encore une incompétence et une irresponsabilité qui concernent d'ailleurs la plupart de ceux qui nous gouvernent. L'analyse des déchets qu'elle projette de faire ne se fait pas à l'arrivée, d'après la convention Bâle et ses modifications (voir mon ouvrage sur le droit comparé), mais au départ de la «marchandise». Désolée, cette ministre est, autant que les autres, responsable car elle se croyait très compétente en matière d'environnement.
Pr. H.Cherkaoui, Casablanca

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Affaire des déchets italiens 

Une honte pour le Maroc
L’affaire des déchets italiens est une honte pour le Maroc. Cette importation par le royaume de près de 2.500 tonnes de déchets en provenance de l’Italie lui donne à mon sens une très mauvaise image. 
Le pays serait-il devenu la décharge de l’Europe? Il y a de quoi se poser des questions! D’autre part, les déchets en question peuvent très bien être toxiques ou encore cancérigènes. Tout ceci est clairement inquiétant!
K.F.

Soyez rassurés!
L’article sur l’affaire des déchets italiens, à première vue inquiétante, m’a clairement rassuré à ce propos. Paru le 5 juillet dernier, ce dernier révèle qu’il s’agit de déchets de type RDF. En d’autres termes, il est question de produits dérivés et de sous-produits issus de déchets industriels et ménagers. Généralement, ce sont des morceaux de plastique, de bois, de papier ou encore de carton. De plus, cette opération a été réalisée sous le contrôle et le suivi des autorités compétentes aussi bien en Italie qu’au Maroc. Il faut savoir qu’il y a également une logique économique derrière tout cela, dans le sens où ce type de déchets permet de réduire de moitié le coût des combustibles importés. Je pense donc qu’il faut analyser la situation au lieu de crier au scandale. A bon entendeur salut!
A.I.
Restons vigilants!

Il y a des questions à se poser concernant l’affaire des déchets italiens. Il est légitime que les industriels défendent leurs bénéfices, mais nous savons que ce n’est pas toujours au profit de leurs clients. 
Réduire les coûts ne veut pas dire réduire les prix de vente, mais souvent le contraire, autrement dit accroître les bénéfices. 
Ce n’est pas la première fois que nous importons les déchets et ce n’est pas la première fois que nous serions dans l’erreur ou encore que nous aurions tendance à ne pas réagir. 
Dans le cas présent, le ministère a fait des déclarations différentes. L’Union européenne, quant à elle, a déjà pénalisé la région d’où proviennent ces déchets. Avons-nous cependant signé un contrat de trois ans pour l’importation de ces déchets? Aurons-nous des analyses faites par des laboratoires neutres? 
Beaucoup de questions que l’on pourrait se poser! Quoi qu’il en soit, la presse européenne a déjà soulevé la question et a notamment constaté les risques et défauts de gestion de la région italienne d’où proviennent les déchets concernés. Il nous appartient d’être vigilants. 

D.A.

 

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