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Chronique

Elections présidentielles américaines
Pour la victoire de Hillary Clinton

Par Jawad KERDOUDI | Edition N°:4804 Le 28/06/2016 | Partager

Jawad Kerdoudi est président de l’IMRI (Institut marocain des relations internationales) (Ph. JK)

Les Etats-Unis d’Amérique étant la première puissance économique et militaire du monde, tous les pays suivent les élections présidentielles américaines qui auront lieu le 8 novembre 2016. Quoique ne disposant pas de tous les pouvoirs, le président des Etats-Unis joue un rôle primordial dans son pays et dans le reste du monde. Le Maroc également suit attentivement ces élections du fait des liens historiques qui le lient à ce grand pays.
Valeur aujourd’hui, les candidats à la course présidentielle sont connus. Donald Trump pour le Parti républicain a défait ses 16 concurrents qui se sont tous retirés. Le 4 mai 2016, il est resté seul dans la course, et le 26 mai il a atteint 1.237 délégués, soit le chiffre nécessaire pour être investi par la Convention républicaine qui aura lieu du 18 au 21 juillet 2016 à Cleveland. Ce milliardaire, ancien animateur de télévision, a été à la fois démocrate, républicain, et membre du Parti de la réforme fondé par Ross Perot. Il se réinscrit au parti républicain en 2012, et annonce sa candidature aux élections présidentielles le 16 juin 2015 sans avoir jamais remporté un mandat électoral. Sa victoire sur les autres candidats républicains qui sont gouverneurs ou sénateurs, montre la défiance du peuple américain vis-à-vis du monde politique «l’establishment». Cela montre aussi un certain malaise de la classe moyenne blanche suite à la crise économique 2008/2009, la montée du terrorisme aux Etats-Unis et sur le plan international, et la peur de l’immigration.  
Pour le Parti démocrate, c’est Hillary Clinton qui a atteint la première, le 6 juin 2016, le seuil de 2.383 délégués, lui permettant d’obtenir l’investiture du parti lors de la Convention du 25 au 28 juillet à Philadelphie. Elle s’est difficilement défaite de l’autre candidat démocrate Bernie Sanders, qui  a décidé d’ailleurs de continuer la course présidentielle jusqu’à la Convention. Elle a obtenu le soutien du président Obama qui va participer physiquement à sa campagne électorale. Hillary Clinton fait vraiment partie de l’establishment: Première dame des Etats-Unis de 1993 à 2001, elle a été sénatrice de l’Etat à New York de 2001 à 2009, et Secrétaire d’Etat des Etats-Unis de 2009 à 2013.

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De son côté, le programme électoral de Donald Trump franchement populiste se distingue par des positions extrêmes. C’est ainsi que sur le plan social, il montre clairement son hostilité à l’immigration, et promet de construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique et d’expulser les immigrés clandestins. Suite aux attentats djihadistes, il a déclaré vouloir interdire aux musulmans l’entrée aux Etats-Unis. Il a redoublé d’attaques contre «l’Islam radical» après la tuerie d’Orlando du 12 dernier qui a fait une centaine de victimes, et qui a été provoquée par un terroriste se réclamant de Daech. Il s’est attaqué aussi aux américains musulmans en leur reprochant de ne pas dénoncer les terroristes. Il a montré dans son discours du dédain pour les femmes et les minorités, et de la défiance vis-à-vis des élites et de l’establishment de Washington. Il se définit comme le soutien des travailleurs blancs et de la classe moyenne. Sur le plan économique, il marque son opposition au libre-échange et veut réduire les impôts, et abroger la réforme financière adoptée par le président Obama suite à la crise 2008-2009.
En politique étrangère, il veut «rendre à l’Amérique sa grandeur» en déplorant que les Etats-Unis ont perdu le leadership du monde. Pour cela, il veut augmenter les dépenses militaires américaines, et exige des alliés de supporter le coût de l’Otan. Il prône un certain isolationnisme en promettant de n’intervenir par la force armée que lorsque les intérêts vitaux des Etats-Unis sont en jeu. Cela ne l’empêche pas de dire qu’il faut éradiquer Daech le

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plus rapidement possible, et défendre les chrétiens du Moyen-Orient. Il dénonce l’Accord des Etats-Unis avec l’Iran sur la question du nucléaire, et promet de rétablir de bonnes relations avec Israël. Il manifeste une certaine attirance pour les régimes autoritaires: Poutine et le leader nord-coréen Kim Jong-un, et suggère que le Japon et la Corée du Sud doivent se doter de l’arme nucléaire pour faire face à la Corée du Nord. Enfin, il marque sa défiance vis-à-vis du changement climatique et promet d’annuler l’Accord de Paris sur le climat.
Le programme de Hillary Clinton est beaucoup plus modéré. Elle veut être le porte-flambeau des femmes et la défenseur des minorités. Après la tuerie d’Orlando, elle a déclaré ne pas vouloir «diaboliser et être démagogue et déclencher la guerre à une religion entière». Elle propose d’assouplir les règles pour l’obtention de la nationalité américaine. Elle dénonce le racisme et les inégalités sociales en proposant d’augmenter les bourses d’études par l’entrée dans les écoles et les universités. Elle est favorable à une réglementation plus sévère du port des armes à feu qui est un vrai fléau aux Etats-Unis. Elle se prononce finalement pour le mariage homosexuel et souhaite que la peine de mort soit rare et limitée. Sur le plan économique, elle est moins à gauche que son concurrent Bernie Sanders, mais propose cependant la réforme progressive de Wall Street. En politique étrangère, elle attaque surtout Donald Trump en disant qu’il «ne comprend ni l’Amérique ni le monde», et qu’il serait dangereux de lui confier le feu nucléaire. Il faut s’attendre, si elle est élue présidente des Etats-Unis, à une continuation de la politique étrangère du président Obama caractérisée par le pragmatisme et la prudence, notamment en ce qui concerne le changement climatique.

Monde complexe et dangereux

En conclusion, on ne peut que souhaiter la victoire de Hillary Clinton aux élections présidentielles américaines de novembre 2016. Ce sera la première femme présidente des Etats-Unis, qui succédera à un président de race noire. Le candidat Donald Trump, tout au long de sa campagne, s’est montré populiste, incompétent et imprévisible. Il n’a aucune expérience internationale du fait qu’il a très peu voyagé en dehors des Etats-Unis. Le monde du XXIe siècle est devenu très complexe et dangereux et nécessite de la part des grandes puissances des décisions judicieuses et longuement réfléchies. Il est certain que le monde sera plus sûr avec Hillary Clinton en tant que présidente des Etats-Unis. Bien que le Maroc ait eu quelques démêlés avec le Parti démocrate, Hillary Clinton connaît bien notre pays, et saura être à nos côtés quand ce sera nécessaire.

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