×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Evénement

Energies renouvelables
Le «big-bang» aura bien lieu!

Par Safall FALL | Edition N°:4802 Le 24/06/2016 | Partager
Le chantier législatif lancé ce vendredi
Les textes modifiant Masen, l’ONEE et l’Aderee au Conseil de gouvernement
Portrait-robot de la future superstructure des énergies vertes
mazen_002.jpg

La SIE devrait se conforter dans son rôle de bras financier de l’Etat dans l’exécution de sa stratégie énergétique. Le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, quant à lui, aura réussi sa mission d’amorce après avoir contribué au lancement des activités de Masen

Comme déjà annoncé (cf. L’Economiste n° 4684 du 12 janvier 2016), le législatif sera finalement le premier chantier du big-bang institutionnel qui s’apprête à se produire dans le secteur des énergies renouvelables. Les projets de texte 37, 38 et 39-16, modifiant respectivement ceux portant sur les créations et les missions de la Moroccan Agency for Solar Energy (Masen), de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et de l’Agence de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (Aderee), seront examinés aujourd’hui même, ce vendredi 24 juin, en Conseil de gouvernement réuni à Casablanca. C’est le début d’une longue procédure de transformation du cadre institutionnel du marché des énergies vertes. Mais l’impulsion royale semble produire un effet accélérateur sur l’agenda de mise en place de la superstructure qui devrait remplacer l’agence dans sa configuration et missions actuelles. Jeudi, jusqu’à l’heure où nous mettions sous presse, les patrons des structures concernées se sont donné le mot: «aucune indiscrétion ne devrait filtrer sur le contenu exact des textes».  L’agence pratique d’ailleurs déjà une politique de rétention de l’information qui complique le travail de sens-making sur des chantiers stratégiques.  Néanmoins, quelques éléments obtenus de sources proches du dossier laissent entrevoir l’envergure du projet mis en examen.
Masen devrait conserver son statut de société anonyme à capitaux publics et les nouveaux amendements modifiant sa loi fondatrice devraient consacrer ses nouvelles prérogatives. Il s’agit évidemment de celle du pilotage institutionnel de la stratégie nationale des énergies renouvelables. Celle-ci a récemment relevé ses ambitions à l’horizon 2030, l’objectif étant de consacrer 52% du bouquet énergétique national aux énergies renouvelables. Ce chiffre est de 42% à moyen terme (2020). Ce qui devrait correspondre à des capacités ciblées de 5.000 MW sur chacune des principales filières, au bout des 15 prochaines années. Sur ce chantier, le solaire et l’éolien affichent pour le moment les meilleurs acquis. Pour la première filière, la récente adjudication du programme intégré éolien de 850 MW à un consortium international mené par la filiale SNI Nareva Holding  a permis d’atteindre les 2.000 MW mis en service ou en développement. Une année plus tôt, c’est le parc éolien de Tarfaya qui entrait en fonction, avec une puissance de 300 MW. Ces projets, jusque-là portés directement par l’ONEE qui en est, d’ailleurs, le seul client, devraient désormais passer sous la gestion institutionnelle de la future superstructure. Quant au solaire, le plan Noor, qui vise 2.000 MW à l’horizon 2020 et 5.000 en 2030, a déjà lancé en début d’année sa première centrale (Noor1), d’une capacité de 160 MW. Les prochains sites (Noor2 et 3, Midelt, Boujdour, etc.) sont encore en cours de réalisation ou en procédure d’attribution. La courbe d’apprentissage fut pourtant plus difficile à gravir que sur l’éolien. La maîtrise des technologies solaires et des montages financiers est un gros challenge en soi pour l’agence. Dans la forme, une refonte de l’identité visuelle de l’agence est également prévue.
Au-delà du volet législatif, le chantier de la superstructure a aussi ses composantes financière, technique et de ressources humaines. Sur le premier aspect, une montée de l’ONEE, déjà actionnaire dans le capital de l’Agence solaire aux côtés de la SIE et de l’Etat, est fortement envisageable. Les parts de l’Office devraient passer de 25 actuellement à un minimum de 50%, selon plusieurs observateurs. Une sortie du Fonds Hassan II pour le développement économique et social du tour de table de l’agence n’est pas à écarter.
Quant aux aspects techniques, la «synergie opérationnelle» recommandée par le Roi devrait mener à une meilleure intégration du secteur et des projets développés simultanément dans les différentes filières. L’Office sera le premier client de la superstructure et le seul, pour le moment. En se délestant de l’éolien et du solaire, il devrait désormais pouvoir se concentrer davantage sur ses missions de gestionnaire de réseau et de distributeur. Cela, face à une demande en croissance. A fin 2015, l’énergie électrique a atteint quelque 34 millions de GWh, en progression annuelle de 2,6%.

Que faire de l’Aderee?

Enfin, l’Agence de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (Aderee), qui pourrait constituer un doublon institutionnel avec la «nouvelle Masen», devrait voir ses prérogatives ramenées au seul pilotage de la stratégie nationale d’efficacité énergétique. C’est un chantier à part entière dans la politique de développement durable du Royaume. Il est d’ailleurs tout aussi stratégique que le développement des énergies vertes. Les secteurs du transport, de l’habitat et de l’industrie sont particulièrement ciblés. De nouvelles normes sont en préparation ou déjà en application dans chacun de ces segments.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc