×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Culture

Bibliographie commentée
Les années de plomb du côté des profs

Par Nadia SALAH | Edition N°:4799 Le 21/06/2016 | Partager
livre_099.jpg

«A l’ombre de Lalla Chafia»,  de Driss Bouissef Rekab; chez L’Harmatan, 1989, réédition 1993. Des trois parties de ce livre, deux parlent de la prison. D’abord la «pré-prison», sans enregistrement,  ni condamnation, mais les yeux bandés ou la tête couverte d’une cagoule. La rétention des «disparus», dans des centres illégaux. Puis la «vraie prison»,  officielle, à Kénitra, après un procès d’opinion, le tout pour 13 années au motif de l’appartenance à un groupuscule d’extrême gauche, professant des positions différentes de la position officielle sur le Sahara.

 

Sur la bonne cinquantaine de livres traitant des prisons et prisonniers durant  les années de plomb, peu sont sortis sous le règne d’Hassan II. Pas la peine de faire un dessin! Les deux «grandes filières de répressions», si l’on peut s’exprimer ainsi, sont les emprisonnements  de militaires (Tazmamart)  et ceux des intellectuels, plutôt des étudiants, mais aussi quelques professeurs (Kénitra).
Celui de Driss Bouissef Rekab fait partie des 4 ou 5 exceptions. Il en a publié un autre bien plus tard, rassemblant les lettres échangées avec ses amis et sa famille: «La tyrannie», 2002. L’un est l’autre sont totalement introuvables. Mais il semble que Google-books les ait mis sur sa liste de livres et documents à numériser, et ce à partir de bibliothèques universitaires aux Etats-Unis. Dans cette liste, figurent aussi des documents et mémoires concernant les séries de procès des années 1970, et visant les opposants d’extrême gauche marxiste-léniniste.
Driss Bouissef Rekab est professeur quand il est arrêté et disparaît pendant plusieurs mois avant d’être jugé officiellement et enfermé à Kénitra.  Il y retrouve une trentaine de condamnés, dont le plus célèbre est Abraham Serfaty. Il est utile de signaler un travail universitaire sur ces militants d’extrême gauche et sur la répression qui les a frappés.
Il s’agit de: «Le mouvement marocain des droits de l’Homme; Entre consensus national et engagement citoyen», chez Karthala-Institut Maghreb-Europe 2002, avec une préface très offensive de Me Abderrahim

bibliographie_099.jpg

Berrada. On connaît Me Berrada, l’avocat qui s’est fait une spécialité de défendre les victimes d’atteintes aux droits de l’homme.
Il n’empêche que la thèse de doctorat en science politique à l’Université de Paris VII respecte les critères d’une démarche scientifique. La recherche a été menée par Marguerite Rollinde, qui était à cette époque responsable du Maroc au sein de la section française d’Amnesty International, et ce, après avoir résidé trois ans au Maroc.
Cette recherche est certainement la plus complète concernant les droits de l’homme au Maroc. Elle commence à l’aube du XXe siècle et se prolonge jusqu’à l’an 2000. L’idée centrale, souvent invoquée jamais démontrée jusqu’à cette thèse,  est d’identifier les fils conducteurs qui vont mener les habitants du Maroc d’êtres sans droit qu’ils étaient vers la construction d’une citoyenneté.
Pour Marguerite Rollinde, cette marche est celle des associations de défense des droits de l’homme et de lutte contre les répressions politiques. Malgré ses engagements par ailleurs, l’auteure n’ignora pas les renoncements et les dissensions qui émaillent la vie de ces mouvements.
Il n’en reste que très peu d’exemplaires disponibles. Cette thèse aussi semble faire partie du projet de numérisation de Google-books.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc