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    Bibliographie commentée
    Une cinquantaine de livres sur les années de plomb

    Par Nadia SALAH | Edition N°:4798 Le 20/06/2016 | Partager

    La légende a la vie dure, accréditée par de nombreux textes et sites: les atrocités de Tazmamart ou de Kénitra sont taboues. Au Maroc, il est interdit d’en parler. La réalité est différente. Depuis 1972, date de la publication du premier recueil de poèmes de Laâbi sur les tortures et emprisonnements, au moins une cinquantaine de livres ont alimenté les témoignages, sans compter les 6 gros volumes de l’IER, en accès direct sur le site du Conseil consultatif des droits de l’homme.
    Quelques-uns de ces livres sont disponibles, téléchargeables gratuitement.
    Parmi les gratuits, celui de Rabéa Bennouna, «Tazmamart côté femme» (archives de L’Economiste et fonds de la BNF). Il est introuvable dans sa version papier. On peut toujours laisser sa commande chez un bouquiniste. Les deux meilleurs fouineurs sont sans doute à Rabat, celui de l’avenue de la Tour Hassan, El Ghouari, et celui de l’avenue Hassan II, la librairie Irfane. Peut-être trouveront-ils un ou deux exemplaires oubliés.
    Le succès de ce livre, édité en 2003, vient de sa publication préalable dans L’Economiste. Deux ans plus tôt, L’Economiste avait offert à ses lecteurs la primeur du récit de Rabéa Bennouna, dont le mari, le capitaine Abdelatif Belkebir, est resté 19 ans à Tazmamart, pour purger une peine de… 4 ans de prison.
    Comme cette année avec le récit de Fatna El Bouih, le récit de Rabéa Bennouna est sorti en feuilleton durant Ramadan 2001, en novembre et décembre. Il est donc accessible gratuitement sur nos archives. Rabéa Bennouna raconte plus d’une décennie pour retrouver son époux, comment d’illustres personnalités amies de sa famille lui ont tourné le dos refusant toute aide, fut-elle juridique. Elle raconte aussi, comme si les drames ne suffisaient pas, comment l’enfer de Tazmamart avait transformé le caractère de son époux, au point de rendre douloureuse puis impossible la reprise de la vie commune.
    Comparse dans le coup d’Etat de Skhirat, le capitaine Belkebir n’a été condamné qu’à 4 ans de prison. Enfermé à Kénitra, la date de sa libération passe sans qu’il soit relâché.
    Quand la porte s’ouvre, il est embarqué, avec les autres, pour Tazmamart où il sera enfermé pour 15 années supplémentaires. Trente prisonniers ­-bien lire 30 hommes dans la force de l’âge- sur 58 militaires détenus mourront là-bas des mauvais traitements.
    Un d’entre eux, le lieutenant Mohamed Chemsi, périt dans les jours qui suivirent son transfert, alors qu’il aurait dû être libéré depuis plusieurs mois. Un autre homme, le capitaine Abdelhamid Ben Doro, condamné à dix ans, a donc fait ses 18 ans: il est mort quelques jours avant la libération, en mars 1991. Cinq mois plus tard, les bâtiments étaient rasés.
    Mais le nom et le lieu sont devenus un symbole.
    Ce sont les militaires qui ont le mieux raconté ce que fut Tazmamart. Mais les plus émouvants acteurs de ce bagne furent les enfants d’un autre militaire, le général Oufkir.

     

     

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