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Evénement

Smart city
Comment s’inspirer du modèle Bogota

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4776 Le 19/05/2016 | Partager
Des expériences réussies à l’échelle internationale
Chaque ville est unique et doit inventer son propre modèle
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Khalid Safir, wali de la région Casa-Settat, Mustapha Bakkoury, président de la Région Casa-Settat, et Abdelaziz El Omari, président du Conseil de la ville, visitant les stands du «Smart City Expo» à son ouverture mercredi 18 mai à Casablanca (Ph. Khalifa)

«A Casablanca, vous avez la chance d’avoir une météo clémente toute l’année. Alors détendez-vous et profitez de la vie». Ce conseil est préconisé par Gil Peňalosa, aménageur urbain basé à Toronto et l’un des intervenants stars de la 1re édition du Smart City Expo, qui a démarré mercredi 18 mai à Casablanca. Sa recette pour faire de Casablanca une smart city: «Créer une cité vibrante avec des communautés en bonne santé». Autrement dit: il faut placer le bien-être des habitants au cœur des politiques de la ville. Multiplier les espaces verts et les parcs, séparer piétons, cyclistes et automobilistes, favoriser l’activité physique, le sport, la marche, instaurer la priorité aux piétons… ce sont là quelques-unes des idées simples et qui marchent dans des métropoles à l’échelle mondiale. Pourquoi pas à Casablanca?
L’exemple de Bogota (avec ses 7 millions d’habitants) est édifiant. La capitale colombienne a instauré depuis les années 70 les «ciclovías» (pistes cyclables). Il s’agit de journées sans voitures organisées régulièrement (surtout les dimanches et jours fériés), au cours desquelles de considérables portions de la ville sont exemptes de moyens de transport motorisés et consacrées à 100% aux citadins qui peuvent courir, faire du vélo, flâner, socialiser… Résultat: des millions de piétons, de cyclistes dont des enfants, des personnes âgées, des handicapés... investissent l’espace ainsi libéré. L’idéal pour favoriser la mixité et l’intégration sociale. «C’est dans l’espace public que les plus riches côtoient les plus pauvres et non dans les écoles, restaurants…», explique Peňalosa, qui est aussi l’un des experts en matière de planification urbaine favorisant le bien-être des citoyens et ancien membre de la Commission Parcs, Sports et Loisirs de Bogota. L’initiative est tellement couronnée de succès que plusieurs grandes métropoles ont décidé de suivre le modèle de Bogota dont New York, Los Angeles, Mexico… Il faut dire que la ville se distingue aussi par ses multiples parcs construits sur 27 ans (plus de 800 de toutes les tailles). «Il faut concevoir les villes en prenant en considération les besoins des catégories les plus vulnérables: un enfant de 8 ans, un vieux de 80 ans, une personne à besoins spécifiques… Si ça leur va, ça va à tout le monde», précise l’expert Peňalosa, qui est aussi directeur de l’institut 8-80 cities pour des communautés adaptées à tous (Toronto). La règle, selon lui, c’est d’avoir un parc à 500 m pour chaque enfant (peu importe s’il est petit, moyen ou grand). A New York, à titre d’exemple, la municipalité a lancé une initiative originale. Les terrains de sport de plus de 220 écoles ont été entièrement rénovés et ouverts au public à la fermeture des établissements. En somme,  il faut créer des villes épicées (spiced cities) pour pouvoir y attirer le maximum de monde. D’autres ingrédients sont bien évidemment nécessaires pour créer ces «villes épicées» dont les transports en commun, la mobilité… Selon cet expert international, Casablanca pourrait s’inspirer de ces expériences, mais aussi inventer son propre modèle, car chaque ville est unique.
Justement, la ville de Casablanca a déjà conçu son modèle baptisé «Social Frugal Smart City». Ce dernier a d’ailleurs obtenu l’aval du réseau IEEE, regroupant des dizaines de smart cities à l’échelle mondiale. «Nous avons sélectionné Casablanca dans ce réseau,  car elle représente un écosystème dynamique grâce aux universités, aux écoles et aux entreprises présentes sur son territoire, mais aussi grâce à la vision politique développée par les responsables de la métropole», signale Gilles Betis, qui dirige l’IEEE Smart Cities initiative. Pour lui, la dimension sociale est primordiale. «La technologie ne sert à rien si elle n’est pas au service d’enjeux sociétaux forts pour répondre à des besoins immédiats», poursuit Betis.
Démarrée sur les chapeaux de roues, cette première édition du «Smart City Expo» promet des temps forts d’ici vendredi 20 mai. Plusieurs spécialistes sont attendus pour animer les panels, parmi lesquels Carlo Ratti, architecte et ingénieur, qui va intervenir cet après-midi sur le thème du «développement des villes durables». Ratti exerce en Italie et enseigne au MIT (Massachusetts Institute of Technology) où il dirige le Senseable City Lab (Boston). Des intervenants venant d’un peu partout dans le monde (Bilbao, Helsinki, Barcelone, Berlin, Doha, Washington… ) s’invitent aussi à la grand-messe de la smart city à Casablanca. En tout, 14 conférences seront organisées avec un programme axé sur des Keynotes, des séances plénières et des sessions parallèles.

 

 

 

 

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